Lu! L’Appel du Néant, de Maxime Chattam.

3 février 2018

Lu! L’appel du Néant, de Maxime Chattam.

L'Appel du Néant

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Après les événements de La Conjuration Primitive et de La Patience du Diable, Ludivine Vancker se remet comme elle peut de ses traumatismes. Mais ce n’est que de courte durée, puisque pendant la traque d’un tueur en série devenu assassin pour le solde de terroristes, elle est faite prisonnière et se retrouve plus en danger que jamais. Alors que la menace d’une attaque massive pèse sur la France à l’approche de Noël, la SR de la Gendarmerie devra faire équipe avec la DGSI pour empêcher le drame de se produire.

Il fut un temps où la sortie du nouveau Chattam me mettait en émoi.

Et bien qu’on se le dise, ce temps est révolu.

Que ta volonté soit faite a marqué un changement dans le style de l’auteur. Un roman noir à l’américaine, de qualité malgré une fin à mes yeux très décevante. Le Coma des Mortels s’était inscrit comme une nouvelle tentative de changer de registre. Cette fois-ci, j’avais été déçu d’un bout à l’autre. La saga Autre-Monde, dont j’avais bien aimé le début avant de trouver qu’elle stagnait grandement depuis plusieurs tomes, se sera achevée sans éclats.

Le retour au polar de l’auteur à qui l’on doit la Trilogie du Mal ou Les Arcanes du Chaos était donc attendu.

Malheureusement, j’ai très vite compris que ce troisième volet des aventures de Ludivine Vancker ne serait pas à la hauteur de mes attentes.

Dès les premiers chapitres, j’ai eu du mal à comprendre la volonté maladroite de cacher l’identité de la prisonnière quand il apparaissait très vite évident qu’il s’agissait de Ludivine. Du coup, lorsqu’on apprend que c’est bien elle qui se trouve entre les griffes d’un psychopathe, il n’y a aucune surprise.

La suite du roman est à l’image d’un mauvais policier, avec une enquête impossible, menée parfaitement par des enquêteurs lisses dont les suppositions hasardeuses deviennent à coup sûr des faits et qui profitent de miracles dès que nécessaire. Ajoutons à ça une romance bancale dans laquelle il est bien difficile de s’investir et des retournements de situations peu crédibles.

Le résultat est particulièrement morne. Pas ou trop peu d’adversité. Un suspense quasi-inexistant et jamais gratifiant. Des dialogues d’une lourdeur insupportable, qui servent surtout à étaler toutes les connaissances de l’auteur quant aux méthodes de pointe de la Gendarmerie pour traquer les méchants.

Je vous passe les chapitres traîtres, où l’auteur nous laisse croire qu’il a retrouver un peu de son audace d’antan avant de nous révéler que non, c’était juste une feinte grossière. Comme si une fois n’était pas suffisante, il nous fait le coup deux fois. Je passe sur la fin, que j’ai trouvé de mauvais goût. Jouer des symboles pour enfoncer les stéréotypes, ce n’est pas super inspiré.

Dans sa post-face, Maxime Chattam raconte la genèse de ce roman, dont il a abandonné les premières moutures suites aux attentats de Charlie Hebdo puis du Bataclan. Il explique également ne pas avoir voulu laisser les terroristes gagner, à aucun moment. C’est très noble, mais le fait est que ça donne un roman très moyen, pour ne pas dire mauvais puisque lourdement biaisé.

Si un sujet est trop sensible (et le terrorisme religieux l’est sans aucun doute), si on ne pense pas être capable de le traiter vraiment, avec toute l’honnêteté et la noirceur qu’il mérite, mieux vaut le laisser de côté.

L’Appel du Néant est un roman faussement moralisateur, complaisant au possible, qui ne prend aucun risque et n’apporte rien, ni au genre, ni à la bibliographie de son auteur. Contrairement à la promesse faite en quatrième de couverture, il n’a ni détruit mes nuits (j’ai même pu m’arrêter à trente pages de la fin pour dormir comme un bébé) et encore moins hanté mes jours. En fait, pour être tout à fait honnête, quitte à paraître un peu dur, je trouve que le titre est un bon résumé du contenu.

Je garde une affection toute particulière pour un certain nombre de romans de Maxime Chattam, des romans que j’ai adoré dévorer. Pendant des années, il a fait partie de ces quelques auteurs que je lisais systématiquement, dès qu’ils sortaient un nouveau texte. Je crois que la prochaine fois, je ferai l’impasse.

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