Lu! L’Arménien, de Carl Pineau.

4 mai 2018

Lu! L’Arménien, de Carl Pineau.

L'Arménien

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Le 22 décembre 1989, le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé dans la forêt de Touffou, près de Nantes. À première vue, le cadavre en partie calciné, largement mutilé et ponctué de deux balles suggère une exécution. Ce qui colle avec la réputation sulfureuse du jeune homme, habitué des nuits nantaises et trafiquant d’herbe. Mais pour Bertrand, meilleur ami et mentor du jeune homme, et Françoise de Juignain, la psychiatre qui le suivait depuis son adolescence, rien n’est aussi sûr. L’inspecteur Greg Brandt, en charge de l’enquête, subit la pression de ses supérieurs pour boucler l’affaire, mais il devine quelque chose de louche et décide de retrouver le ou les assassins.

J’ai rencontré Carl Pineau lors de la dernière édition du Salon du Livre de Paris, sur le stand de Librinova. Le courant est bien passé et après avoir discuter de choses et d’autres pendant une partie de la journée, nous avons décidé d’échanger un de nos ouvrages pour découvrir l’univers de l’autre.

Comme à chaque fois que je décide de lire l’histoire de quelqu’un que j’apprécie, j’ai une certaine appréhension. Plus je lis et plus je suis exigeant, et les romans auto-édités mériteraient souvent d’être plus travaillés.

Dès les premières pages, j’ai compris que L’Arménien ne souffrirait pas de ce défaut.

J’étais prévenu, L’Arménien n’est pas un roman policier classique, ce serait même plutôt un roman noir psychologique. Autrement dit, le genre dans lequel j’opère également.

La construction, également, ne m’est pas étrangère. Deux personnages, deux voix, pour raconter une histoire somme toute classique sous un angle différent.

Les personnages de Bertrand et de Françoise n’ont comme point commun que d’être des proches de Luc.

Coiffeur flambeur, Bertrand a un goût très prononcé pour l’alcool et les femmes. C’est lui qui a introduit Luc au milieu de la nuit nantaise, qui lui a mis le pied à l’étrier en montant un petit trafic de cannabis.

Psychiatre issue de la bourgeoisie, Françoise est une femme réfléchie, qui a su reconnaître l’intelligence et l’instinct de survie sous les traumatisme d’un jeune garçon retrouvé dans un bain de sang en Arménie et recueilli par sa tante.

Les deux personnages sont bien fouillés et très humains dans leur complexité. Chacun avec leur voix, ils nous racontent Luc par le biais de flashbacks, leur tristesse face à sa mort, leur relation, les bons souvenirs, les mauvais.

Luc donne son titre au roman et, même s’il est mort avant le début du texte, sa personnalité charismatique transparaît largement au fil des pages, à mesure qu’on le découvre sous des angles différents.

Greg Brandt, l’inspecteur chargé de retrouver l’assassin, et qui sera le personnage récurrent de la trilogie des Nuits Nantaises annoncée par l’auteur, est lui tout juste esquissé. C’est là une des originalités de L’Arménien, qui le différencie d’un roman policier classique. Ça peut être perturbant, mais, au contraire, ça m’a beaucoup plu.

Pour le lecteur, l’enquête s’articule autour de la psychologie des personnages, avec des éléments distillés au fur et à mesure d’un roman habilement construit. Les chapitres sont courts, l’écriture fluide et le décor parfaitement planté.

Malgré tout, j’émettrais un bémol concernant les dialogues, pas toujours très naturels et même parfois un peu laborieux.

Concernant l’intrigue, j’ai plusieurs fois cru avoir compris où l’auteur voulait en venir, qui était le coupable, pourquoi, mais je me suis fait berné par une fin à la fois surprenante et cohérente.

Carl Pineau signe avec L’Arménien un premier roman prometteur, qui donne clairement envie d’en lire plus. J’attends le Sicilien, le deuxième volets des Nuits Nantaises, avec impatience.

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