Lu! L’Assassin qui Rêvait d’une Place au Paradis, de Jonas Jonasson.

16 juin 2017

Lu! L’Assassin qui Rêvait d’une Place au Paradis, de Jonas Jonasson.

L'Assassin qui Rêvait d'une Place au Paradis

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Per Persson aurait pu être l’héritier d’une grande fortune, si son grand-père n’avait pas fait faillite et si son père n’avait pas accusé cette faillite en se noyant dans l’alcool. Au lieu de quoi, Per Persson est réceptionniste dans un ancien bordel reconverti en hôtel miteux. Parmi ses clients se trouve Johann Andersson, alias Dédé le Meurtrier, qui sort d’une vie passée derrière les barreaux. Après sa rencontre avec Johanna Kjellander, une pasteur sans foi ni scrupules, Per et elle décident de profiter de la mauvaise réputation de Dédé pour en faire un tabasseur à gage. Leur PME a rapidement du succès et l’argent coule à flots. Jusqu’au jour où Dédé se tourne vers Dieu.

Il y a quelques années de ça, on m’a offert Le Vieux qui ne Voulait pas Fêter son Anniversaire, du même Jonas Jonasson. Ça a été ni plus ni moins qu’un coup de foudre. J’ai adoré l’histoire et le ton, et j’ai dévoré le roman en deux jours. Alors, évidemment, quand le journaliste suédois a sorti son second roman, L’Analphabète qui Savait Compter, je l’ai immédiatement ajouté à ma fameuse (et débordante) Pile à Lire. J’y ai retrouvé la formule qui m’avait tant séduite chez le Vieux, la surprise en moins.

Est-ce que ça allait m’empêcher de tenter ma chance avec l’Assassin ? Absolument pas. Est-ce que ça aurait dû ? Hum… Joker.

J’ai beaucoup aimé les premières pages, avec le portrait de ce réceptionniste au nom ridicule, Per Persson, que l’auteur compare au sien. J’ai aimé le ton léger et le résumé loufoque de trois générations.

Et je me suis dit, ok, ça va être chouette.

Puis Dédé apparaît. Si la description de son passif est drôle, son surnom et son comportement sont beaucoup trop ridicules pour mes goûts.

Puis Johanna apparaît. Encore une fois, on a un personnage au passif intéressant, mais qui peine à prendre une véritable ampleur au fil de l’histoire.

De ces trois personnages principaux (Dédé, qui donne pourtant son titre au roman, est en réalité presque un figurant), aucun ne parvient à être vraiment attachant et recréer la magie qui m’avait fait partir sur les routes de Suèdes et au travers de l’histoire avec un Vieux profondément humain.

Les personnages comme l’histoire semblent en fait très forcés. L’intrigue, au lieu d’être débridée, déjantée et pleine de rebondissements comme on pourrait s’y attendre, est, au mieux, facile. Tout est très simple, trop simple, sans réelles embûches, à peine quelques contre-temps. Et l’humour comme la morale sont globalement absents. Un sourire par ci, une réflexion fugace par là, et encore.

L’écriture cristallise cette impression de lire un brouillon. Certains passages sont un peu plus développés, la plupart sont à peine esquissés. L’avantage, c’est que les chapitres sont très courts. L’inconvénient, c’est qu’il est parfois difficile de les enchaîner, quand bien même on aurait envie d’arriver à bout de ce roman pour pouvoir passer au suivant.

Après Le Vieux, Jonas Jonasson avait à mes yeux beaucoup de crédit. Même si j’avais moins apprécié L’Analphabète, il faisait toujours partie de ces auteurs dont je surveillais les nouvelles sorties. Cet Assassin aura changé la donne. Pour le pire.

Je n’ai rien contre un roman léger et farfelu de temps en temps, mais j’ai beaucoup de mal avec les histoires bancales et bâclées. Et cet Assassin est à la fois bancal et bâclé, il manque de substance, d’audace et de panache. Si vous avez aimé Le Vieux et/ou L’Analphabète, je vous conseille de rester sur cette bonne impression et de ne pas risquer de la gâcher avec un roman très décevant.

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