Lu! Le Vide, de Patrick Sénécal.

30 janvier 2016

Lu! Le Vide, de Patrick Sénécal.

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Tout commence par un crime passionnel. Une femme, Diane Nadeau, est arrêtée par la police dans la maison de son ex-compagnon, après l’avoir abattu, lui, ainsi que sa nouvelle femme et les jumeaux qu’ils viennent d’avoir. Pierre Sauvé, sergent-détective de Drummondville, est chargé de l’enquête. Dans le même temps, Frédéric Ferland, un psychologue d’une cinquantaine d’années, divorcé et désabusé, multiplie les expériences extrêmes pour se sentir vivant. Et Maxime Lavoie, golden boy Québécois, anime Vivre au Max, l’émission de télévision la plus populaire et sulfureuse du pays. Trois hommes que tout sépare et dont les chemins vont pourtant se croiser.

Patrick Sénécal est un de ces nombreux noms d’auteurs que je voir régulièrement revenir sans les avoir jamais lus. Depuis quelques temps, j’entends parler de cet auteur Québécois avec beaucoup d’insistance. Et en très bien. J’ai néanmoins hésité à lire ce Vide dont tout le monde me vante la qualité. Quand on me présente une oeuvre, qu’elle soit littéraire, cinématographique ou autre, comme étant formidable, j’ai tendance à trop investir et être déçu.

Mais j’ai quand même tenté cette aventure de 700 pages, non sans un peu d’appréhension.

Dès les premiers chapitres, j’ai compris que je n’avais pas entre les mains un polar fade, semblable à tant d’autres. Violent, cru. Voilà les premiers mots qui me viennent à l’esprit en pensant au début de l’histoire. Et si le Vide n’est pas un condensé d’horreur ou de débauche, la violence y est néanmoins omniprésente, physique comme psychologique.

Patrick Sénécal met le doigt là où ça fait mal, sur la conscience collective, ou plutôt le déni collectif. On peut se reconnaître dans un ou plusieurs des personnages qu’il met en scène, dans cet Homme qui regarde sa vie défiler devant un écran de télévision comme dans celui qui se bat pour changer les choses, en vain, ou encore dans cette Femme qui refuse de perdre espoir.

À travers des thèmes et avec des moyens d’actualité, on regarde l’histoire se mettre en place, captivés. L’utilisation de la télé-réalité est très habile, l’évocation de scandales humanitaires l’est tout autant.

Les chapitres ne s’enchaînent pas dans l’ordre. On commence par le 21, pour revenir au 8, puis repasser au 22, avant le 1 et ainsi de suite. On comprend ainsi les choses que l’on a besoin de comprendre au moment où l’auteur veut que nous les comprenions. C’est une façon originale de jouer sur la construction de l’histoire tout en évitant de perdre le lecteur par la multiplication de flashbacks.

Si tous les romans de Patrick Sénécal sont dans la même veine, je crois que je viens de trouver un nouvel auteur fétiche! Le Vide est un polar comme je les aime, audacieux, dur, violent, qui m’a tenu en haleine tout du long, jusqu’à une fin en apothéose.

Vous laisserez-vous happer par le Vide ?

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