Lu! Majestic Murder, d’Armelle Carbonel.

19 septembre 2017

Lu! Majestic Murder, d’Armelle Carbonel.

Majestic Murder

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Lilian est une héroïnomane vivant dans un squat de Saint Louis, Missouri. Humaine derrière son addiction, elle prend sous son aile la jeune Fanny, fraîchement débarquée. Mais c’est finalement sous le charme se Seamus que tombe Lilian, après que le jeune homme l’ait sauvée in extremis d’une tentative de viol. Lilian rêve de devenir actrice, alors quand Seamus tombe sur un flyer pour une audition libre dans un théâtre de l’autre côté de la ville, il y emmène Lilian. Le couple est engagé, malgré le peu de talent de Seamus, et va résider dans le Majestic, un théâtre abandonné, avec les autres membres d’une troupe inquiétante. En point de mire, la première de la pièce, intitulée « Au commencement était la mort ».

Armelle Carbonnel s’est faite remarquer avec son premier roman, Criminal Loft, publié par Milady Thriller. L’histoire d’un jeu de télé-réalité mettant en scène des condamnés à mort enfermés dans un sanatorium hanté. Le succès s’est trouvé au rendez-vous, largement.

Celle que l’on surnomme la Nécromancière revient avec un second roman résolument différent. Il suffit de comparer les couvertures pour voir la volonté de l’auteure de changer d’ambiance.

Pourtant, on se trouve bien dans un nouveau huis-clos. Pas de sanatorium hanté, cette fois-ci, mais un squat de junkies, d’abord, et un théâtre abandonné, surtout. Un théâtre abandonné au milieu des herbes hautes d’un quartier déserté, hanté par une troupe inquiétante, menée par un metteur en scène balafré aux méthodes radicales.

Dans ce lieu propice aux secrets, les personnalités se révèlent rapidement, sans pour autant se dévoiler complètement. La Tentatrice tiraille Seamus autant que le manque tourmente Lilian. Il y a aussi cette femme enceinte, cet ingénieur taciturne, cet enfant muet anonyme, la costumière. Et cet inspecteur au mariage malheureux qui poursuit sans relâche un mystérieux serial killer.

Voilà un autre point commun avec Criminal Loft, le goût d’Armelle Carbonel pour les serial killers. Elle se permet d’ailleurs une référence à son cher et tendre John Natas, glissée au milieu des autres, nombreuses, à l’œuvre de Shakespeare, mais aussi à l’actrice Peg Entwistle, dont le suicide a marqué le folklore d’Hollywood.

Encore une fois, Armelle Carbonel puise son inspiration dans un fait réel tragique pour construire une histoire complexe, pleine de faux-semblants et nappée de mystère.

Il y a des points communs entre Criminal Loft et Majestic Murder, si on se donne la peine de les chercher. Mais les deux textes sont diamétralement opposés. Majestic Murder possède un parfum d’intemporalité (j’ai longtemps pensé que l’histoire se déroulait dans la première moitié du vingtième siècle alors qu’il est contemporain), peut-être grâce à l’écriture extrêmement soignée de l’auteure.

Si vous avez aimé Criminal Loft, vous aurez probablement envie de lire Majestic Murder. Mais si vous vous attendez à un copier-coller, vous allez avoir une drôle de surprise. Armelle Carbonel n’hésite pas à prendre des risques et son lecteur à contre-pied avec ce Majestic Murder. Un pari osé mais un pari résolument réussi.

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2 Comments

  • Elmdora 8 octobre 2017 at 10:37

    Tu me donnes très envie de découvrir ce livre !!
    Je n’ai pas lu Criminal Loft non plus. Par lequel me conseillerais-tu de commencer ?

  • Leo Rutra 10 octobre 2017 at 08:16

    Ils ne sont pas liés l’un à l’autre, alors je te conseille de commencer par celui qui te tente le plus 😉

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