Lu! Mato Grosso, de Ian Manook.

22 novembre 2017

Lu! Mato Grosso, de Ian Manook.

Mato Grosso

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Trente ans après avoir quitté le Brésil, Jacques Haret, écrivain bourlingueur, y revient pour être honoré après le succès de son roman en partie autobiographique se déroulant dans le Mato Grosso. Mais, à son arrivée à Pétropolis, dans la maison où Stefan Zweig a mis fin à ses jours, il se retrouve face à face avec son passé et comprend qu’il est tombé dans un piège. Il n’a pas été invité ici pour être honoré mais pour rendre des comptes. Débute alors un duel à mort entre un narrateur manipulateur et un personnage revanchard.

Je me rendais chez mon dealer de livres habituel pour récupérer mon exemplaire du Bourbon Kid. Et puis je suis tombé (entre autres) sur cette couverture. J’ai beaucoup aimé la trilogie mongole de Ian Manook et son inspecteur au nom imprononçable, Yeruldelgger. Tellement qu’il était évident que j’allai lire ce nouveau roman.

Pour avoir eu l’occasion de discuter avec le fort sympathique Ian Manook, je sais que le Brésil est un pays qui lui tient à cœur. Je ne suis donc pas surpris que sa nouvelle histoire s’y déroule. Par contre, j’ai été surpris par le changement de style.

Exit la plume fluide et directe qui faisait de Yeruldelgger un page turner addictif, Mato Grosso n’est pas un polar mais bien un roman plus classique, presque un carnet de voyages, avec des phrases et des chapitres plus longs, plus denses, à l’image de la forêt amazonienne où l’intrigue se déroule.

Je respecte les auteurs qui n’ont pas peur de changer de registre, qui ne se contentent pas de reproduire encore et encore la même histoire. Mais c’est un risque. Un risque qui ne paie pas toujours.

J’avais envie d’adorer ce nouveau roman brésilien, parce que j’apprécie l’auteur et que le pays me tient également à cœur.

Mais je me suis ennuyé.

Je n’ai pas accroché à l’histoire, à cette double-lecture d’un meurtre qui n’avait pour moi aucune importance. Mais j’ai surtout eu beaucoup de mal avec ce nouveau style littéraire, avec ces (trop) nombreuses descriptions. J’ai eu l’impression que l’auteur, plus encore que raconter une histoire, souhaitait nous raconter tout ce qu’il savait sur le Brésil.

En plus de ça, le personnage principal est tout sauf attachant. Son adversaire le qualifie d’un lâche arrogant et c’est tout à fait à ça qu’il ressemble. Ses arguments sont, au mieux, maladroits et ses justifications bancales. Dès les premières pages, l’auteur nous prévient de l’imminence de sa mort. Et plus l’histoire avance, moins cette conclusion me dérange, au contraire.

Et que viennent faire toutes les références à Stefan Zweig dans cette histoire ? Mystère.

J’apprécie Ian Manook, en tant qu’auteur et que personne, et je respecte les écrivains qui osent sortir de leur zone de confort. Mais ce Mato Grosso, à mon grand désarroi, n’aura pas réussi à me convaincre.

J’aurais aimé le dévorer, pourtant, malgré ses tout juste trois cent pages, j’ai dû batailler, tel un explorateur dans cette région sauvage du Brésil, pour en venir à bout. Si vous vous attendez à un polar addictif, attention à la désillusion, mais si vous aimez les récits de voyages et que le Brésil des années 70 vous intéresse, tentez l’aventure !

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