Lu! La Mésange et l’Ogresse, de Harold Cobert.

13 septembre 2016

Lu! La Mésange et l’Ogresse, de Harold Cobert.

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Fin juin 2003, Michel Fourniret est arrêté en Belgique pour la tentative d’enlèvement d’une jeune fille. S’en suivra un enquête d’un an où les policiers belges chargés de l’enquête vont retracer le parcours et l’histoire d’un violeur récidiviste. Dès le début de l’enquête, les policiers soupçonnent sa femme, Monique Fourniret, d’en savoir plus qu’elle ne le dit. Mais il faudra des heures d’interrogatoires pour la faire parler.

La Mésange et l’Ogresse est présenté comme un roman du réel par son auteur, Harold Cobert. L’intrigue colle au mieux aux faits avérés et à la chronologie de l’enquête. À part quelques exceptions, les propos prêtés à Monique Fourniret relèvent, comme le précise l’auteur en préambule, de la pure invention. De même, à part Michel et Monique Fourniret, tous les protagonistes ont été renommés.

C’est donc dans une ambiance particulière que ce déroule ce roman. Les chapitres alternent entre les rapports d’interrogatoires de Monique Fourniret, une femme qui apparaît comme très simple et peu sûre d’elle ; le point de vue du policier en charge de l’enquête ; les pensées de Monique Fourniret ; et les enlèvements plus ou moins réussis des victimes.

En plein procès Dutroux, les policiers subissent une pression intense pour résoudre l’affaire. Au moins aussi intense que les moyens dont ils disposent sont faibles. Le temps leur est également compté, puisqu’ils n’ont qu’un an pour confondre le violeur, avant de devoir le remettre en liberté et risquer de le voir disparaître.

L’écriture est différente suivant le point de vue mis en avant. Le policier présente un profil très classique, voire facile par moments, entre ses problèmes de santé, le temps passé dans les bars ou la difficulté de protéger sa vie de famille. L’écriture ressemble au personnage. À part les détails concernant l’enquête, ce sont les passages les moins intéressants du roman.

À l’opposée, les immersions dans la tête de Monique Fourniret sont plus intéressants, avec de longues phrases volontairement alambiquées qui traduisent de l’instabilité psychologique du personnage. C’est dans ces moments-là qu’on découvre mieux Michel Fourniret, sa perversité, ses obsessions, ses manies. On en apprend également plus la vie de cette femme qui l’a épousé en connaissance de cause.

Entre les deux, les retours sur les enlèvements sont assez répétitifs par essence, la méthode variant peu. Seule différence de taille, la présence sur certains cas de Monique Fourniret, qui donne des moments malsains.

La Mésange et l’Ogresse tient son originalité dans le fait qu’il retrace le parcours invraisemblable d’un couple de prédateurs pervers. Il tient son intérêt dans la plongée qu’il offre dans l’esprit torturé de Monique Fourniret, le tout sans jamais versé dans le voyeurisme. L’histoire, bien écrite, est aussi facile qu’agréable à lire. Roman réel de son propre aveu, il devrait plaire à tous ceux qui s’intéressent aux histoires où la réalité dépasse la fiction.

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