Lu! La Mort Nomade, de Ian Manook.

22 octobre 2016

Lu! La Mort Nomade, de Ian Manook.

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Après les événements narrés dans les Temps Sauvages, Yeruldelgger, maintenant ex-flic, décide de quitter la jungle urbaine d’Oulan-Bator pour poser sa yourte dans le Gobi et méditer. Sauf que voilà, quand Yeruldelgger cherche la paix, ce sont les emmerdes qui viennent le trouver. D’abord Tsetseg, dont la fille a disparu et qui sollicite l’aide de Yeruldelgger. Puis Odval, dont l’amant français a été assassiné dans la steppe. Puis encore Gambold, qui veut lui montrer le charnier qu’il a découvert. Sauf que Yeruldelgger souhaite seulement se rendre à son nadaam. Mais en chemin, accompagné de ses compagnons de fortune, il va tomber sur un nouveau massacre, quatre hommes tués de façon rituelle aux abords d’un pont. Bien déterminé à rester en-dehors de tout ça, Yeruldelgger va se retrouver malgré lui embarqué dans une affaire qui le dépasse.

J’avais découvert Yeruldelgger au moment de sa sortie, attiré par ce nom étrange sur la couverture. J’étais aussitôt tombé sous le charme de ce policier Mongol au caractère bien trempé et aux blessures profondes. Et puis il y avait également ce paysage méconnu de la Mongolie, coincée entre la modernité de sa capitale et les traditions de ses steppes.

Les Temps Sauvages, le deuxième tome des aventures de Yeruldelgger, restaient centrés sur ce personnage principal atypique et attachant, même si l’histoire prenait un tournant un peu plus international en dépassant les frontières de la Mongolie. C’est une nouvelle fois le cas ici. Entre complots et assassinats, Ian Manook nous propose un petit tour du monde, passant par les jardins de Matignon, l’Australie, le Canada et New-York. Les points de vus et les personnages sont multipliés, laissant Yeruldelgger un peu en retrait, comme s’il s’apprêtait à tirer sa révérence.

On retrouve plusieurs personnages des aventures précédentes, comme Solongo ou Zarza, ainsi que les thématiques sociales, chères à l’auteur, sur fond de lutte entre le peuple et ses dirigeants corrompus. Manipulations, secrets, trahisons, mort, les ingrédients de base du polar sont là, le tout à la sauce Mongole.

Le style est, à mon avis, le plus abouti de la série. De superbes descriptions, de l’action, et une manière d’évoquer la violence avec une certaine légèreté. La Mort Nomade aurait tout à fait pu être un roman très noir en s’attardant sur la misère et sur la vente en pièces détachées d’un pays voué à disparaître. Mais Ian Manook s’appuie parfaitement sur des dialogues bien sentis, des paroles de chansons populaires et autres traits d’humour bienvenus pour diluer l’horreur dans l’humour.

La Mort Nomade n’est pas une comédie, pas plus qu’un roman noir. C’est une nouvelle aventure mêlant autant d’ingrédients que de personnalités. Une aventure à laquelle on se prend sans mal et qu’on vit avec un grand plaisir. La seule question qui nous reste, une fois tournée la dernière page, est : est-ce la dernière fois que nous arpentons les steppes Mongoles en compagnie de Yeruldelgger ? Si c’est le cas, merci Ian Manook pour ce personnage marquant. Sinon, on attend la suite avec impatience !

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