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Lu! Né d’Aucune Femme, de Franck Bouysse.

16 avril 2019
Né d'Aucune Femme
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Le Père Gabriel reçoit à confesse une infirmière de l’ancien couvent reconverti en asile pour femmes seules. Elle lui apprend qu’il va être convoqué pour bénir le corps d’une femme. Que c’est là qu’elle a caché les cahiers de Rose. À son attention, pour garder une trace de son histoire.

J’ai découvert la plume de Franck Bouysse avec son polar du terroir Plateau, qui s’était révélé être une superbe découverte. Une histoire simple, efficace, portée par une écriture à la fois brute et maîtrisée qui rendait les personnages très humains, authentiquement imparfaits.

J’avais réitéré l’expérience avec Grossier le Ciel, son roman précédent, mais j’avais été un peu déçu. Surtout parce que j’avais trouvé l’histoire trop similaire, comme une version archaïque de Plateau.

Pour ce nouveau roman, Franck Bouysse reste dans la campagne profonde, loin de l’agitation des grandes villes, où les hommes sont pris au piège entre le temps qui passe autrement et la nature, aussi bien celle qui leur offre de quoi survivre que la leur propre, qui alourdit les âmes.

Le temps est un thème récurrent chez l’auteur. Le temps qui passe, à la fois vivant et immuable, son emprise sur l’existence.

L’histoire se situe dans un passé indéfini, avant l’ère industrielle. À une époque où la vie à la campagne était encore plus rude, faite de labeur contraignant et de sacrifices.

C’est dans ce cadre que Gabriel, curé, se voit mettre entre les mains le journal écrit par une jeune fille, vendue par son père à un propriétaire terrien pour devenir servante.

C’est par le biais de ce journal que l’on découvre Rose, sa vie, sa famille, les choix impossibles qu’elle doit faire et ceux qui sont faits pour elle. Ce point de vue est accompagné d’autres voix, qui nous racontent ce que Rose ne peut pas nous dire.

L’histoire en elle-même ressemble aux précédentes que j’ai lues de Franck Bouysse, elle est profondément humaine.

Ce qui fait la force de ce roman, c’est indéniablement l’écriture de Franck Bouysse. Elle est à l’image de l’histoire qu’il nous raconte, simple. Elle ne s’embarrasse pas de longues phrases truffées de mots savants, de virgules à n’en plus finir ni d’allégories capillotractée.

Elle est parfaitement adaptée à son sujet, à ce qu’elle raconte. Elle évolue avec les personnages, s’adapte aux situations. Elle est surtout finement travaillée pour que chaque mot, chaque ponctuation contribue à poser les personnages, le décor, à transmettre les informations utiles de façon juste. Elle ressemble à ces constructions plus ou moins modestes qui jalonnent les textes de l’auteur : elle est bâtie pour être solide, pour résister au temps qui passe et qui use.

En ce sens, Né d’Aucune Femme est un petit bijou de la littérature française.

Alors si vous ne connaissez pas encore la plume de Franck Bouysse, il est largement temps d’y remédier. Si vous connaissez l’auteur, Né d’Aucune Femme est probablement déjà dans votre PAL. Si ce n’est pas le cas, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

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