Lu! Une Odyssée Américaine, de Jim Harrison.

28 août 2018

Lu! Une Odyssée Américaine, de Jim Harrison.

Une Odyssée Américaine

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Cliff est un ancien prof d’anglais reconverti paysan dans le Michigan. Sa vie est relativement monotone, il s’occupe de ses champs en compagnie de sa chienne Lola pendant que Vivian, sa femme, travaille pour une agence immobilière. Après une réunion d’anciens élèves de fac, Vivian le quitte pour son amour de lycée. Sa chienne meurt dans la foulée. Le divorce prononcé, Cliff n’a d’autre choix que de voir sa ferme vendue à des courtiers en bourse de Chicago qui vont dénaturer le travail de plusieurs générations. Cliff décide alors de prendre la route avec l’argent de la vente pour visiter tout les États américains, avec comme mission de les renommer, eux et les fleurs qui leurs servent de symboles.

J’ai trouvé un exemplaire poche de ce livre, complètement par hasard, en faisant le tri dans de vieilles affaires. Le nom me disait vaguement quelque chose (même si j’ignorais sur le moment que l’auteur avait également écrit « Légendes d’Automne« ) et je me suis dit que ça serait intéressant de lire un auteur « classique » américain.

Je ne suis pas très bon en « classique ».

Sans doute parce que, souvent, je suis déçu de découvrir ce qu’on m’avait présenté comme un chef d’œuvre. Classique, me dis-je parfois, pourrait être un synonyme de « surfait ». Classique, en tout cas, n’est pas un synonyme de chef d’œuvre.

J’ai trouvé l’écriture de Jim Harrison très inégale. Loin d’être tout à fait désagréable, elle est chroniquement lourde ou, au moins, surchargée. Est-ce la raison pour laquelle la description des paysages m’évoquait souvent ces tableaux de maîtres pour lesquels je n’éprouve aucun intérêt (alors que j’aime beaucoup les beaux paysages encore sauvages de l’ouest américain) ?

Cliff, le long de son périple, a vu des oiseaux, des vaches, des poissons et des plantes. Mais il y a autre chose qu’il a vu en encore plus grand nombre et ce sont les culs de femmes. Les beaux, les gros, ceux qu’il n’aura jamais et ceux qui feraient l’affaire. Ça ressemblerait presque à un hommage au « Zizi » de Pierre Perret.

Cliff fait un peu de covoiturage en acceptant d’emmener une ancienne élève sur une partie de son trajet. Il la baise aussi souvent qu’elle n’est pas pendue à son téléphone, au point de se mettre la bite en vrac. Rapidement, elle lui tape sur les nerfs, mais elle a un beau cul, alors vous comprenez, il met de la pommade pour hémorroïdes (ou aux stéroïdes, peu importe) et enfile trois capotes pour continuer de la baiser.

Sitôt qu’il se débarrasse d’elle (il la refile simplement à son mari), il se languit de son corps (particulièrement, vous l’aurez compris, son cul) tout en se rappelant à quel point elle était autrement pénible. Un bel objet sexuel, en somme.

Si je comprends qu’un soixantenaire sexuellement frustré (il avait bien une maîtresse, une serveuse du coin avec un cul, si je me rappelle bien, correct) soit émoustillé par le beau sexe, l’évocation systématique et répétitive d’une partie spécifique de l’anatomie des femmes qu’il croise (plus elles sont jeunes, mieux c’est) tourne rapidement à l’obsession. Voire à la perversion.

Sans être prude, j’ai trouvé ça de trop. Sans être une femme, ni particulièrement féministe, j’ai trouvé ça sexiste. J’ai lu dans un article du Monde (le journal, pas la planète) que ce roman était « délicieusement misogyne ». Je suis d’accord avec le « misogyne », pas du tout avec le « délicieusement ».

Si encore il y avait un but, un sens à ce texte, une évolution, pourquoi pas. Mais non, il n’y a rien. C’est morne, c’est plat, parfois pompeux mais le plus souvent vide.

J’avais envie de lire un road book et je crois que je vais devoir en lire un autre (sans doute un de Cormac McCarthy) car cette Odyssée Américaine en compagnie de Jim Harrison m’aura surtout paru longue et inutile.

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