Lu! Reflex, de Maud Mayeras.

5 mai 2017

Lu! Reflex, de Maud Mayeras.

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Iris Baudry est photographe pour l’Identité Judiciaire. Elle se réfugie dans son travail pour oublier la mort de son fils, Swan, assassiné onze ans plus tôt. De retour dans sa ville natale pour une affaire semblable à celle qui l’a poussée à fuir après la disparition de son fils, elle doit se confronter au fantôme de sa mère abusive, internée dans un hôpital psychiatrique pour démence, mais aussi retourner dans la maison de son enfance, où elle a perdu son père et son fils, et faire face à ses démons.

Ça fait un certain temps que je vois le nom de Maud Mayeras circuler à droite à gauche et que j’avais envie de lire une de ses histoires.

C’est désormais chose faite.

J’ai bien aimé le début, avec cette écriture plutôt littéraire employée dans des chapitres très courts, comme un mélange de moderne et de classique. Un peu, également, à l’image de ces deux histoires parallèles, celle d’Iris, très contemporaine, et celle de Julie Carville, qui se déroule au moment de la Première Guerre Mondiale.

Les deux histoires sont très différentes sur bien des points mais se ressemblent sur d’autres. Si leur parcours familial diffère largement, elles tombent toutes deux enceintes sans le vouloir et se retrouvent brisées par la vie.

On se doute bien, dès les premiers chapitres, qu’il y a un lien entre les deux, mais il faut attendre la toute dernière partie de l’histoire pour le découvrir. Je dois bien avouer que je ne l’ai pas vu venir, mais, en même temps, qui l’aurait pu ? De ce côté-là, la progression est très bien menée, avec des éléments discrets qui mettent en place la révélation au fur et à mesure.

Mais avant d’en arriver à la fin, j’ai dû lutter contre des longueurs qui desservent un contenu pas toujours passionnant. J’aurais aimé un rythme plus soutenu, peut-être plus de révélations plus tôt, ou au moins des indices qui relancent l’intérêt à mi-parcours. Il est établi d’emblée qu’Iris est torturée et son personnage peine à progresser au fil des pages. Elle reste assez linéaire et se contente de subir les événements, nous forçant à les subir avec elle.

Ceci dit, situer l’histoire principale pendant une canicule, où le temps est lourd et ralenti, est malin.

J’ai également eu un problème de clarté à plusieurs moments. Dans la description de certaines scènes (lorsqu’elle retourne là où elles allaient traîner avec son amie d’enfance, par exemple), mais aussi pour situer l’histoire, notamment les raisons de son retour dans sa ville natale et la présence (sporadique) sur l’enquête de l’inspecteur avec qui elle travaille habituellement.

J’ai apprécié la description de la relation d’Iris avec son père, que j’ai trouvée très sobre et efficace. À l’opposé, j’aurais aimé que Diane prenne une place plus importante pour mieux connaître et comprendre son point de vue.

Avec un bon début et une bonne fin (quoi qu’un peu expédiée à mon goût), Reflex aurait pu être un coup de cœur si ça n’avait été pour les longueurs qui jalonnent le reste de l’histoire.

Pour cette première immersion dans l’univers de Maud Mayeras, je suis donc un peu mitigé. J’ai aimé le côté noir de l’histoire et l’accent mis sur la psychologie des personnages, mais je me suis également un peu ennuyé. Je retenterai ma chance avec un autre titre pour me faire une idée plus précise.

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