Lu! Nous Rêvions Juste de Liberté, d’Henri Lœvenbruck.

14 juillet 2017

Lu! Nous Rêvions Juste de Liberté, d’Henri Lœvenbruck.

Nous Rêvions Juste de Liberté

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« Nous avions à peine vingt ans, et nous rêvions juste de liberté ». Voilà comment Hugo Felida, alias Bohem, justifie ses actes devant le juge. Ça n’a pas suffit pour émouvoir le juge, mais c’est parce qu’il ne connaissait pas toute l’histoire. Alors, maintenant, Hugo est bien décidé à nous la raconter, à nous, son histoire. Son adolescence dans la petite ville de Providence, ses bêtise avec la bande à Freddy, l’amitié, la moto et, par-dessus tout, la quête de liberté.

Nous Rêvions Juste de Liberté, c’est LE roman de 2015, celui dont tout le monde parlait, qui a cartonné, enchaînant les commentaires élogieux un peu partout sur le net et chez les libraires. Face à l’insistance populaire devant ce road-trip générationnel, je l’avais ajouté à ma liste d’envies avec l’intention de l’acheter en fin d’année dernière, au moment de mon craquage annuel.

Il n’était pas en rayon chez mon libraire et vu qu’il sortait en poche quelques mois plus tard, j’ai décidé de patienter.

Il y a trois semaines, je me suis enfin plongé dedans. Vu ce que tout le monde en disait, je pensais que ce ne serait qu’une formalité, que j’allais me perdre dans les pages et me laisser porter par cette ode à la liberté.

J’aurais vraiment aimé que ça se passe comme ça. Vraiment.

Mais, dès les premières pages, j’ai compris que la route n’allait pas être de tout repos.

*Si vous avez eu un coup de cœur pour ce roman, vous n’avez peut-être pas envie de poursuivre la lecture de cette chronique.*

La raison principale de ma déception, c’est l’écriture.

Le roman est écrit à la première personne, du point de vue d’Hugo. Je n’ai rien contre les romans écrits à la première personne. Mais la plume d’Hugo, si elle n’est pas fondamentalement incohérente avec son personnage, m’a parue d’une lourdeur insupportable. Ces nombreuses phrases beaucoup trop longues, surchargées d’éléments inutiles et d’expressions désuètes qui m’ont fait rouler des yeux et soupirer d’agacement.

J’aurais aimé m’embarquer avec Hugo et ses potes, mais j’ai eu énormément de mal à enchaîner les chapitres.

L’histoire, pourtant, aurait pu être intéressante, aurait dû être captivante. Elle ne manque pas de potentiel, de force, c’est certain, mais, voilà, on en revient à l’écriture. Trop d’épisodes majeurs sont survolés rapidement, trop de passages sont imprécis, surfaits, même.

Entre les événements racontés et la narration d’Hugo, j’ai eu parfois l’impression de lire Le Petit Nicolas qui joue à Sons of Anarchy. Oui, il y a des bagarres, du sexe et de la drogue, il y a quelques insultes, du sang et des morts. Mais il y a, encore et toujours, ce narrateur qui ressemble à un ado un peu lent plus qu’à un motard rebelle.

Non, vraiment, j’en entendais beaucoup plus. J’aurais aimé m’impliqué, me sentir concerné, avoir l’impression d’être avec eux sur les routes, pour apprécier le voyage, pour vibrer dans les moments forts, positifs ou négatifs, pour pleurer à la (très bonne) fin.

En fait, j’aurais aimé un roman moins personnel, mieux écrit, plus fluide.

Si vous adhérez avec le ton et l’écriture particulière d’Hugo, Nous Rêvions Juste de Liberté a clairement de quoi vous transporter, vous marquer. Sinon, vous risquez de trouver la route très longue.

Si ce roman est pour moi une grosse déception, je suis néanmoins décidé à lire un autre roman d’Henri Lœvenbruck, peut-être moins personnel, pour me faire une meilleure idée de son style.

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5 Comments

  • Manue 28 juillet 2017 at 17:54

    J’ai beaucoup aimé ce livre et j’aime beaucoup cette critique, mon affection pour ce roman est intact je trouve votre critique respectueuse de l’auteur et de ses lecteurs. On peut ne pas aimer sans freiner ceux qui veulent se faire leur avis. Merci et je comprends…

  • Leo Rutra 29 juillet 2017 at 08:01

    Merci pour ton commentaire, Manue !

  • Cheik boukal Nadia 29 juillet 2017 at 11:46

    Je suis triste de lire votre ressenti. J ai tellement aimé ce livre que ça me peine . Je n ai rien senti de similaire à vos remarques dans ce livre . Je respecte vos critiques qui sont écrites sans dénigrement. Je regrette juste que vous n ayez pas ressenti ce que la majorité des gens on ressenti.

  • Leo Rutra 31 juillet 2017 at 11:53

    Crois-moi, Nadia, j’aurais aimé l’adorer, cette histoire.

  • Corinne 30 août 2017 at 18:01

    Ce livre est une pépite ! on ne ressort pas indemne de cette lecture … Nous avons beaucoup de lectures communes …

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