Lu! Sa vie dans les yeux d’une poupée, d’Ingrid Desjours.

6 février 2019
Sa vie dans les yeux d'une poupée
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Barbara décroche son diplôme d’esthéticienne puis, rapidement, un boulot dans un salon. Un boulot qui lui permet de prendre une certaine indépendance par rapport à une mère dominatrice et castratrice ; qui lui permet de reprendre le dessus après un viol ; qui lui permet d’envisager un avenir grâce à Sweet Doriane, la poupée qu’elle s’offre avec sa première paie et qui lui redonne espoir et confiance en elle.

Marc reprend son poste de capitaine de police après un long arrêt maladie suite à un accident qui lui a coûté une jambe, de nombreuses cicatrices et qui a pris la vie de sa femme. Provocateur et misogyne, il joue chaque semaine sa vie à la roulette russe. Jusqu’à ce qu’une mystérieuse prostituée à moustache se mette à énucléer ses clients et que Marc se charge de l’affaire.

Ingrid Desjours faisait partie des auteur(e)s dont j’avais entendu du bien et dont je souhaitais découvrir la plume depuis un certain temps.

J’ai donc pris, lors de mon dernier passage de 2018 chez mon dealer de livres, l’un de ses romans.

Pourquoi ai-je opté pour celui-là plutôt qu’Écho, Potens, Les Fauves ou un autre de ses titres ? Aucune idée. Mais une chose est sûre, Sa vie dans les yeux d’une poupée était pour moi une mauvaise pioche.

Pourtant, la bio de la dame laissait présager un thriller psychologique appuyé sur une expérience concrète du terrain.

Mais j’ai vite déchanté.

La faute en grande partie à une écriture que j’ai trouvée maladroite et mal assumée, dont transparaît une naïveté dérangeante (et pas dans le bon sens du terme). Il y a des gros mots et des horreurs glissés ici ou là, mais ils détonnent, ne semblent pas à leur place.

L’ensemble n’est pas indigeste, mais manque cruellement de crédibilité à mon goût. À l’image des dialogues, que j’ai trouvés profondément artificiels et forcés, et qui rendent les personnages superficiels, factices.

C’est encore plus flagrant pour le personnage de Marc, qui aurait pu briller par sa misogynie affirmée et donner lieu à des passages jouissifs. Mais non, il sonne faux, il en fait trop, beaucoup trop pour espérer être authentique.

J’ai trouvé le personnage de Barbara moins mauvais, mais elle reste trop peu fouillée pour moi, trop lisse et il lui manque ce petit quelque chose qui la rendrait humaine.

Quant à l’intrigue, je l’ai trouvée bancale, sans réelle surprise. Même la fin, qui aurait dû mettre une claque, se voit arriver de beaucoup trop loin.

Dès les premiers chapitres (assez courts et plutôt bien rythmés), j’ai compris que la plume d’Ingrid Desjours ne me conviendrait pas. J’ai même failli abandonner ma lecture. Je suis finalement aller au bout, sans que ce soit une véritable corvée, mais sans prendre de plaisir non plus, et sans espoir que la fin me fasse changer d’avis.

Rapidement consommé, aussi vite digéré, déjà oublié, Sa vie dans les yeux d’une poupée ne me marquera pas.

Mais que ça ne vous empêche pas de vous faire votre propre avis !

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