Lu! Six Fourmis Blanches, de Sandrine Collette.

4 janvier 2019
Six Fourmis Blanches
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Sandrine Collette. Voilà un nom que je voyais passer sur différents groupes de lecture depuis un certain temps. Et ça faisait un certain temps que je me disais qu’il fallait que je lise un de ses romans.

Sandrine Collette. Voilà un nom qui sonne inoffensif, le genre de nom qu’on imagine facilement sur la couverture d’une romance à l’eau de rose ou d’un de ses romans feel good qui pullulent depuis quelques temps, comme de la mauvaise herbe littéraire (ne vous méprenez pas, je suis seulement jaloux car je suis incapable d’écrire des histoires feel good, ou alors seulement du feel good pour psychopathes…). On ne pourrait pas être plus loin de la vérité.

Mais je l’ignorais encore.

Je me suis laissé entraîner dans cette histoire sans rien en avoir vu d’autre que sa couverture. Je n’ai même pas retourner le bouquin pour lire la quatrième de couv’. À quoi bon, puisque j’avais déjà décidé de lire ce livre ? Autant que possible, j’aime les histoires dont je ne sais rien, qui m’emportent et me surprennent.

Bon, je savais quand même que ça se passait en montagne. Et la montagne, qu’on se le dise, j’y connais rien. Enfin, presque rien. Je connais des gens qui y sont allé, j’ai vu une poignée de films sur le sujet (Everest, par exemple) et quelques documentaires, mais ça s’arrête là.

Donc, si j’imagine à peu près comment ça peut fonctionner, la montagne, ça reste extrêmement théorique, et encore, la majeure partie des détails vitaux m’échappent.

Pourtant, je m’y suis vraiment senti, dans ces montagnes albanaises de Sandrine Collette, auprès de ces touristes tirés au sort pour inaugurer un nouveau trek et de ce sacrificateur de chèvres taciturne.

Dans l’effort et le froid, perdu au milieu de nulle part, loin de tout et pourtant bien ici, dans le moment présent, celui où tout peut basculer à tout instant.

Pendant les deux tiers du texte, j’ai suivi parallèlement ces deux histoires. Celle de Lou, qui crapahute dans la neige avec Elias, son amoureux, avec Arielle, Étienne, Marc et Lucas, leurs compagnons d’infortune, des touristes, comme eux, qui ne se fréquenteraient pas en temps normal mais qui vont tout partager pendant quelques jours, avec Vigan aussi, leur guide désabusé de devoir se trimbaler une bande de bras cassés. Et celle de Matthias, héritier du don de son grand-père dans une vallée aussi superstitieuse que capricieuse.

Je voyais un peu, dans ces deux histoires parallèles, un clin d’œil aux Heures Souterraines de Delphine de Vigan (comme le guide) et je me demandais si Lou et Matthias allaient finir par se croiser.

J’ai quelques menues réserves à ce sujet, d’ailleurs, des choses que j’aurais aimé voir mieux justifiées, des choses qui m’ont fait remettre le texte en question à certains endroits. Des détails qui n’en sont pas et qui m’empêchent de faire de ce roman un coup de cœur.

C’est d’autant plus dommage que, par ailleurs (à part le fait que j’ai entamé ma lecture en pleines fêtes de fin d’année) j’ai adoré cette balade en montagne, cette histoire aussi noire qu’humaine, ces personnages à la psychologie fouillée avec soin.

Pour une première immersion dans l’univers de Sandrine Collette, je ne regrette pas. Mieux, j’y reviendrai. Peut-être pas en montagne, par contre, parce que j’aurais peur qu’elle m’abandonne dans la neige, mais ailleurs, où j’ai un peu de réseau, avec plaisir !

Si vous ne connaissez pas la plume de Sandrine Collette et que vous aimez les romans noirs, je vous recommande chaleureusement (c’est le cas de le dire) de lire Six Fourmis Blanches !

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