Lu! Surtensions, d’Olivier Norek.

6 septembre 2017

Lu! Surtensions, d’Olivier Norek.

Surtensions

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« C’est une histoire qui a plusieurs commencements… » Voilà comment le capitaine Coste entame sa consultation avec la psy de la police. Il est là parce qu’il a tué deux personnes, même si les conditions sont peu claires. Et puisque c’est la procédure, il raconte les faits. En débutant par un kidnapping. Pendant qu’un braqueur de bijouterie se retrouve en prison. Et que l’équipe du capitaine Coste se lance après des criminels qui possèdent toujours une longueur d’avance.

Olivier Norek, c’était ma découverte surprise de l’été 2016. Je dis surprise, mais ça n’aurait pas vraiment dû l’être. Parce que bien avant de me plonger dans Code 93, j’avais déjà entendu nombre de louanges sur sa série consacrée au capitaine Coste.

Le truc, c’est que j’ai tendance à me méfier de ce que tout le monde encense.

Mais là, force est de constater que tout le monde n’avait pas tort.

J’ai beaucoup aimé Code 93, le style brut de l’auteur et son vécu évident. Je ne vais pas vous refaire la biographie de monsieur Norek, mais les flics et la réalité de la Seine-Saint-Denis, ça le connait.

Bref, j’ai attendu plusieurs mois avant de lire Territoires, parce que j’aime bien espacer un peu, histoire de lire d’autres choses entre-temps et pour éviter une éventuelle indigestion. Et puis j’avais un peu peur aussi que la suite ne soit pas aussi bonne, parce que ça arrive, parfois.

Territoires était encore meilleur que Code 93. De là, il était évident que j’allai lire Surtensions, d’autant que tout le monde s’accordait pour dire qu’il était encore meilleur que les précédents.

Et bien, encore une fois, tout le monde a raison. Bravo, tout le monde !

Mais parlons-en un peu, de ce roman. Ça commence par une scène choc, dans tout le style Norek. Cru, impitoyable, réaliste. Les faits, sans les strasses ni les paillettes. Une immersion en prison avec Nunzio, un braqueur amateur qui s’est fait pincé pour une connerie après un casse réussi et qui se retrouve maintenant à devoir jouer du poignet pour satisfaire son compagnon de cellule.

Mais Nunzio vient d’une famille de mafieux (oui, corses) et sa sœur, qui a organisé le braquage, ne compte pas le laisser croupir en cellule.

Dans le même temps, David Sebag est kidnappé à la sortie d’une boîte de nuit. Son père, Marc, est à la tête d’une entreprise du 9-3 qui fonctionne bien et qui attise les convoitises. Les ravisseurs veulent de l’argent. Coste promet au père inquiet qu’il retrouvera son garçon. Mais un autre service intervient et l’affaire lui échappe.

À partir de là, ça part dans tous les sens.

Un Norek, on s’y plonge facilement, à corps perdu. Et il faut s’accrocher. Pas pour suivre, y’a pas de problème pour ça, mais pour survivre.

C’est cru, impitoyable, réaliste. Je sais, je l’ai déjà dit, mais je le répète.

J’aime les romans qui savent jusqu’où ils doivent aller pour faire passer leur message. Et Olivier Norek, il n’a pas peur d’aller jusqu’au bout. Il n’est pas là pour nous jouer le scénario basique du policier qui mène l’enquête, contre vents et marées et où tout est bien qui finit bien.

Il est là pour nous raconter une histoire crue, impitoyable et réaliste (jamais deux sans trois, on dit). Et il se gêne pas pour nous malmener en chemin.

Surtensions, c’est tout ça et plus encore. Un roman qui nous happe, qui nous entraîne dans la spirale sombre et violente du milieu criminel (et carcérale) et du quotidien des flics qui traquent les méchants. Sauf que chez Norek, les méchants ne le sont pas seulement par principe. Ils le deviennent à cause de leur environnement, et ils peuvent jouer des deux côtés de la ligne jaune. Et ça aussi, c’est bien joué, parce que ça les rend humains, tous, même ceux qu’on aimerait croire qu’ils ne le sont pas.

Surtensions, c’est une belle et grande réussite, un gros coup de cœur, le point culminant d’une trilogie qui monte en puissance pour nous exploser à la tronche. Et qui assoit Olivier Norek comme une valeur sûr du roman policier.

Je ne sais pas si on reverra le capitaine Coste (j’ai envie de penser que oui, mais je lui souhaite presque que non) mais cette trilogie gardera quoi qu’il en soit une saveur particulière. Et j’ai hâte de découvrir le nouveau roman d’Olivier Norek (Entre deux mondes, dont la sortie est prévu pour le mois prochain et dont je ne sais pour l’instant rien), avec cette légère appréhension de ne pas savoir à quoi m’attendre.

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