Lu! Territoires, d’Olivier Norek.

5 avril 2017

Lu! Territoires, d’Olivier Norek.

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En moins d’une semaine, les trois caïds les plus importants de la ville de Malceny, dans le 93, sont éliminés tour à tour. Victor Coste fait ce qu’il peut pour refourguer l’affaire, ne souhaitant pas collaborer avec les Stups et espérant rejoindre Léa pour quelques jours au vert, mais les faits les rattrapent rapidement, lui et son équipe. Tandis que la cité s’embrase, ils vont devoir démêler les différents fils et creuser toutes les pistes pour résoudre une affaire bien plus compliquée qu’il n’y paraît. 

J’avais lu Code 93, le premier roman d’Olivier Norek l’an dernier et j’avais beaucoup aimé. Territoires était naturellement venu garnir ma PAL dans la foulée. Je l’ai gardé au chaud quelques temps, sachant pertinemment que j’y viendrai tôt ou tard. 

Dès les premières pages, j’ai retrouvé le style aussi épuré que maîtrisé d’Olivier Norek. Les chapitres s’enchaînent sur un rythme soutenu. Territoires est écrit comme un (très bon) film d’action, et les rares moments de repos servent à développer l’intrigue plus qu’à laisser souffler le lecteur. 

Pas le temps de respirer. Ici, les surveillances se terminent par des assassinats en pleine rue, les négociations se font au péril des chats et les votes s’achètent avec de la cocaïne et du shit tandis que dans l’ombre les intérêts convergent. 

Quand on y regarde bien, Coste et son équipe sont presque des personnages secondaires. Il semblerait que l’auteur a passé plus de temps à dépeindre l’univers très noir du trafic de stupéfiants dans les banlieues que de mettre en avant l’enquête à proprement parlé. Grand bien lui en a pris. Même s’il décrit un monde effrayant, où des enfants sont transformés en soldats pour une cause qui dépasse la simple quête de fortune. 

Manipulations politiques et arrangements inavouables, l’histoire de Territoires ne se cantonne pas au simple cadre du roman policier de base et dévie très franchement du côté du thriller politique à plusieurs moments. Il n’est pas difficile de faire le parallèle avec plusieurs faits réels, dont certains sont même évoqués directement. Tout comme il n’est pas difficile de se dire qu’Olivier Norek, avec son vécu de lieutenant de la SDPJ du 93 et sous ses airs d’écrivain de fiction, nous propose rien de moins qu’une visite guidée de l’envers du décor. 

Territoires aurait facilement pu être un roman moralisateur. Tout s’y prête. Mais il n’est est rien. Au contraire, même, l’absence de jugement n’est pas seulement rafraîchissante, elle ajoute de la densité à l’histoire. 

Territoires est un roman prenant, qu’il est compliqué de reposer une fois qu’on l’a en main. L’écriture est fluide, les dialogues font mouche et les personnages, finement ciselés, remplissent tous parfaitement leur rôle. On sent que le but n’est pas la facilité mais la crédibilité. Et l’objectif est largement atteint.

Après un Code 93 de qualité, Olivier Norek place la barre encore plus haut avec cette nouvelle (més)aventure de l’équipe du capitaine Coste. Il n’y a pas grand chose à dire ou à redire de ce roman. Si vous aimez les romans policiers et que vous ne l’avez pas encore lu, foncez ! Territoires c’est du bon, du très bon même. 

En ce qui me concerne, je vais m’empresser d’ajouter Surtensions à ma PAL.

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