Lu! Trois Jours et une Vie, de Pierre Lemaitre.

24 avril 2016

Lu! Trois Jours et une Vie, de Pierre Lemaitre.

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Décembre 1999, à Beauval, la fin du siècle est perturbée par la disparition du petit Rémi Desmedt. Toute la communauté entreprend les recherches dans les forêts environnantes, tandis que la tempête approche. Antoine, 12 ans, se retrouve malgré lui au centre de l’affaire. Pour lui, tout a commencé par la mort du chien.

Je garde la phrase d’accroche de la quatrième de couverture (en changeant juste le temps, je déteste le passé simple), qui résume très bien le point de départ de cette histoire. Antoine aimait jouer avec Ulysse, le chien des voisins, il aimait également la compagnie du petit Rémi. Et puis il construisait une cabane dans les bois, pour concurrencer la Playstation du copain et impressionner Émilie, la jolie voisine.

C’est le premier roman de Pierre Lemaitre que je lis. Peut-être parce que son nom s’est alourdi d’un prix Goncourt, Pierre Lemaitre ne me tentait pas plus que ça. J’en ai entendu du bien à droite et à gauche, mais je lui prêtais sans doute une image trop littéraire.

J’ai aimé le sujet (un peu risqué) de ce roman assez court. Un drame qui secoue toute une communauté, vécu du point de vue d’un enfant de douze ans coupable de la mort du disparu. Je passerais sur les circonstances du drame, un peu farfelues à mon goût, pour insister sur ce qui forme le nœud de cette histoire : la culpabilité.

L’auteur retranscrit sérieusement les angoisses de l’enfant. La peur d’être découvert, de devenir un meurtrier aux yeux de toute la ville, mais surtout la peur de causer du tort et de l’embarras à sa mère. Le stress du personnage est évidente et gagne encore en intensité du fait que ce soit celui d’un enfant de douze ans. Car Antoine ressemble à un enfant de douze ans, il est ancré dans le présent et chaque événement, aussi peu important soit-il, suffit à chambouler tous ses efforts de projections.

Comment va-t-il réagir ? Que va-t-il faire ? Les possibilités sont multiples et le suspens présent à chaque page.

Concernant l’écriture, je l’ai trouvée fluide. Les pages se tournent facilement, les chapitres sont calibrés et faciles à lire. On progresse assez rapidement dans le texte, et si l’histoire commence vite, l’auteur prend le temps de la faire évoluer en montrant tous les changements que la disparition de Rémi causent autour d’Antoine.

À part le point de départ, qui est un peu facilement expédié à mon goût (à la lecture, j’avais pensé qu’un « Aïe » aurait suffi…), j’ai été un peu gêné par quelques menus détails (on se refait pas), comme par exemple le fait que la mère d’Antoine soit appelée madame Courtin la majeure partie du temps (appelez-la Blanche, puisque c’est son prénom, diantre !). Je crois que c’est à peu près tout (de menus détails j’ai dit), le reste du roman étant de qualité (en même temps, le type a pas gagné un Goncourt pour rien…).

Parallèlement, j’ai aimé l’approche du point de vue d’Antoine et les conséquences de ses actes sur le reste de sa vie. Avec son écriture agréable, Trois Jours et une Vie est un bon thriller psychologique installé dans le cadre d’un roman policier. C’est en tout cas une histoire que j’ai pris plaisir à lire et qui me donne envie d’en découvrir plus de l’œuvre de Pierre Lemaitre.

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