Lu! Tu Tueras le Père, de Sandrone Dazieri.

12 août 2017

Lu! Tu Tueras le Père, de Sandrone Dazieri.

Tu Tueras le Père

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Aux abords de Rome, un homme paniqué tente d’arrêter le trafic. Sa femme et son fils de huit ans ont disparu pendant qu’il faisait un sieste après un pique-nique familial dans un parc. Lorsque le corps de la femme est retrouvé décapité dans une clairière alentour, le procureur fait inculper le père pour meurtre. Mais le commissaire Rovere, persuadé que l’affaire est bien plus complexe qu’elle n’y paraît, demande à sa fidèle lieutenant, Colomba Caselli, d’explorer une toute autre piste, celle de l’enlèvement de l’enfant. Colomba, à l’arrêt après le Désastre, enquête à contre-cœur, avec l’aide de Dante Torre, un expert en disparition d’enfants au passé torturé. Très vite, Dante est persuadé que l’homme derrière le kidnapping n’est autre que le Père, l’homme qui l’a séquestré pendant plus de dix ans quand Dante était enfant.

Je lis pas mal de policiers. Pas énormément, mais pas mal. La structure est toujours plus ou moins similaire, avec un meurtre plus ou moins complexe, la traque plus ou moins compliquée du coupable, avec un suspense plus ou moins bien mené jusqu’à une révélation plus ou moins efficace.

Côté personnages, on retrouve régulièrement un flic torturé, un méchant intelligent et une hiérarchie peu coopérative.

Colomba remplit son rôle à merveille. Une jeune femme forte mais traumatisée par un événement majeur, événement évoqué dès les premières pages puis habilement décrit par bribes. Malgré toutes ses réticences et ses faiblesses, elle se laisse aspirer par l’affaire et nous avec elle.

Dante Torre est un personnage plus atypique. Torturé, plein de tocs et de phobies, il n’en est pas moins intelligent et hyper-sensible. Les séquelles de son passé l’handicapent fortement, tout en le rendant immédiatement attachant. Mais quand il passe en mode génie, il ne suppose pas, il déduit, et quand il est sûr de lui, il a raison.

C’est un peu ce qui me chiffonne, avec les policiers, c’est cette facilité que peuvent avoir les auteurs à transformer une supposition en fait avéré. Ici, c’est largement atténué par l’expertise établie de Dante, exploitée avec finesse.

Un bon policier, c’est aussi un bon méchant. Et le Père en est un très bon, de méchant. Un homme capable de kidnapper des enfants pour les séquestrer pendant des années en les privant de tout. Capable aussi de tuer, quand il juge cela nécessaire. Mais surtout, le Père est une chimère, une ombre, une légende à laquelle personne n’accorde de crédit. Une espèce de diable, en somme.

J’aurais presque aimé qu’on ne soit pas assuré de son existence dès le début, qu’on se demande si ce Père existe vraiment ou s’il n’est pas qu’une élucubration de l’esprit malade de Dante. Ce n’est pas la direction prise par l’auteur. Qui, au lieu de ça, se concentre sur la traque de l’homme insaisissable.

La dernière chose qui distingue un policier de la masse de ses congénères, c’est l’ambiance. Et, une nouvelle fois, c’est très réussi. Les décors sont parfaitement situés, de façon très visuelle. Pas étonnant que Sandrone Dazieri soit également scénariste pour la télévision et le cinéma. L’atmosphère est toujours très bien établie et sert parfaitement l’action.

Tu Tueras le Père est un bon policier, voire un très bon. Il est épais, avec un peu plus de sept cent pages, mais je ne me suis jamais ennuyé pendant ma lecture et j’avais toujours envie de lire le chapitre suivant. L’écriture fluide et maîtrisée n’y est sans doute pas pour rien.

Je mettrais un très léger bémol sur certaines révélations secondaires et une toute petite poignée de scènes d’actions qui m’ont semblé un peu légères. J’ai également été un peu surpris par certains passages très condensés (et pas des moins intéressants), qui contrastent avec la majeure partie du texte, plus développée.

Mais ça n’aura pas suffi à gâcher mon plaisir. J’avais entendu énormément de bien de Tu Tueras le Père, et j’appréhendais évidemment d’être déçu. Ce n’est pas le cas. J’ai même beaucoup aimé et je lirai les suites de cette trilogie avec plaisir.

Si vous aimez les romans policiers, Tu Tueras les Père a indubitablement sa place dans votre bibliothèque. S’il ne s’y trouvez pas déjà.

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