Lu! Un Fond de Vérité, de Zygmunt Miłoszewski.

5 octobre 2018

Lu! Un Fond de Vérité, de Zygmunt Miłoszewski.

Un Fond de Vérité

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Fraîchement divorcé, Teodore Szacki a quitté Varsovie pour prendre le poste de procureur dans la ville pittoresque de Sandomierz. C’est pour lui un nouveau départ, même s’il déchante rapidement et est vite rattrapé par l’ennui. Lorsque le corps d’une habitante locale, appréciée et respectée, est retrouvé exsangue selon un vieux rituel juif devant l’ancienne synagogue, la population locale renoue avec les vieilles peurs de l’après-guerre et l’antisémitisme. Szacki se sent revivre. il mène l’enquête et replonge dans le passé complexe de la ville en quête de la vérité.

J’avais beaucoup aimé ma première rencontre avec le procureur Szacki dans Les Impliqués. Je le retrouve avec beaucoup de plaisir.

Changement de décor, on quitte la capitale tentaculaire pour une petite ville historique. Le décalage entre Szacki et son environnement n’en est que plus flagrant. Le personnage est sympathique et attachant, grâce notamment à son caractère ronchonno-comique très moderne. Seul reproche, son côté Hank Moody m’a semblé un peu too much par moments.

Les personnages secondaires sont intéressants et attachants, et l’auteur réussit, ce qui n’est pas rien, à nous faire suspecter chacun d’entre eux tour à tour. Tous pourraient avoir un mobile, d’autant plus quand on les scrute du point de vue du nouvel arrivant, de l’étranger qui vient creuser, avec ses méthodes directes et procédurales, dans un passé sensible.

L’intrigue est assez classique, sur la forme d’un whodunnit. Je ne reviens pas dessus, si ce n’est pour dire qu’elle se tient.

Ce qui fait la force de ce roman, c’est l’ambiance, la profondeur du sujet, qui au-delà du meurtre, s’intéresse au rapport de la Pologne avec son Histoire, entre antisémitisme latent et politiquement correct hypocrite. J’ai aimé la façon, assez brute et juste, dont l’auteur traite son sujet. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir mais gris, plus ou moins clair, plus ou moins foncé.

J’ai adoré également, comme dans le premier, le fait que chaque chapitre débute par un résumé des infos de la journée.

À l’image du premier roman, la fin est un peu en-deçà, mais c’est souvent l’effet que me font les romans policiers classiques. Ceci dit, la plume simple et efficace de l’auteur rend la lecture agréable. On sourit, on apprend et on ne compte pas les pages.

La mission est donc accomplie et je lirai avec plaisir La Rage, le troisième volet des aventures du procureur Szacki.

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2 Comments

  • Sandra 2 janvier 2019 at 19 h 35 min

    Merci pour ton retour 😀 même si la fin te donne un effet en demi-teinte, ma foi le reste te convient parfaitement 😉
    Je ne connais pas du tout l’auteur, cependant, je vais me le noter pour plus tard 😀
    Merci 🙂

  • Leo Rutra 2 janvier 2019 at 19 h 44 min

    Avec plaisir, Sandra. Et, malgré mon bémol pour la fin, je recommande l’auteur. Assure-toi de commencer par Les Impliqués, son premier roman mettant en scène le procureur Szacki 😉

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