Lu! Une journée particulière, d’Anne-Dauphine Julliand.

14 décembre 2014

Lu! Une journée particulière, d’Anne-Dauphine Julliand.

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J’avais lu Deux petits pas sur le sable mouillé l’année dernière et j’avais été touché par l’histoire de la petite Thaïs, âgée d’un peu plus de deux ans et dont la vie était d’ores et déjà condamnée par une maladie incurable, la leucodystrophie métachromatique. Tout ce que la petite fille avait appris au cours de ses deux premières années de vie, elle allait le désapprendre. Le témoignage de cette mère de famille racontant le parcours de vie de sa famille se concluait par la mort annoncée de Thaïs et la nouvelle de la présence de la maladie génétique chez sa petite sœur Azylis.
Ce nouveau livre, cette « suite » se déroule plusieurs années plus tard, le jour (qui donne son titre au livre) de l’anniversaire de Thaïs, qui aurait eu huit ans. Azylis est toujours malade, malgré la greffe qu’elle a subi dans ses tous premiers mois. Les deux autres garçons de la famille se portent comme des charmes. Le couple des parents a traversé quelques difficultés bien naturelles, mais s’est relevé. Malgré tout, la famille Julliand est heureuse, comme ça nous est répété tout au long de ce petit livre de poche. Car c’est bien ça qui ressort, qui transpire, qui dégueule de ce témoignage écrit comme un roman, c’est que malgré les bas (à peine mentionnés), ils ont décidé d’être heureux. Ils répondent à la souffrance par l’amour et garde non pas espoir mais espérance. Le message est magnifique, l’histoire émouvante, mais l’écriture rapidement imbuvable (en tout cas en ce qui me concerne). Je ne veux absolument pas attaquer le parcours de cette mère de famille ni des siens, je ne peux même pas imaginer ce qu’ils ont vécu et ne peux que les respecter pour continuer d’avancer malgré tout. Mais cette écriture… Pas un paragraphe, pas une page sans que je n’ai eu envie de poser le livre de côté. On risque l’overdose de niaiserie tout au long du livre, on attend presque une révélation choc à la Chuck Palahniuk (ils seraient en fait des Bisounours !), le seul point positif c’est que ça se lit très vite, si tant est qu’on ait la volonté d’aller jusqu’au bout. Je félicite donc grandement le choix de J’ai Lu de publier ce livre avec une police 18. Le livre se finit de la même façon qu’il débute, plat comme la poitrine de Jane Birkin. Autant le premier livre racontait l’évolution de la maladie de Thaïs, les risques pris en concevant sa petite sœur et le « suspens » de savoir si elle serait elle-même atteinte du mal qui a rongé sa grande sœur. Ici, nous n’avons presque que Anne-Dauphine, superstar de la gentillesse, parfaitement représentée par la couverture de l’ouvrage, qui dispense amour et conseils à tout-va, qui lit des dialogues dignes de Plus belle la vie dans les yeux de ses enfants parfaits, pendant que son mari parfait semble flotter autour d’eux, jamais vraiment absent, pas souvent présent.
Autant dire que lorsque sortira l’inévitable troisième tome de cette trilogie annoncée, je garderai mes distances avec soin, comme si le style d’Anne-Dauphine Julliand était toxique.
Pour ceux qui risqueraient de me trouver dur ou horrible, je précise une nouvelle fois que je ne critique pas la vie, les épreuves et la façon de gérer de cette femme et cette famille. Bien au contraire. Si leur vie réelle est à l’image de ce qui est dépeint dans ce livre, félicitations à eux d’avoir le courage, la force ou je ne sais quoi de surmonter les épreuves qu’ils ont traversées et qui se profilent encore au-devant d’eux.

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