Vu! Luke Cage, saison 1.

6 janvier 2017

Vu! Luke Cage, saison 1.

luke-cageLuke Cage s’est réfugié à Harlem, dans le salon de coiffure de Pop, lieu de neutralité s’il en est. Il passe le balais et échange avec l’ancien gangster sur la vie. Never backwards, always forward (en gros, jamais en arrière, toujours vers l’avant). Il fait également la vaisselle au Harlem Paradise, un night-club tenu par Cottonmouth, un chef de la pègre et cousin de la femme politique Mariah Dillard, qui veut offrir une Renaissance à Harlem. Luke Cage essaie de rester discret, mais il est incapable de rester sans agir quand il est témoin d’injustices, et va vite se retrouver dans le viseur de Cottonmouth et son clan, ainsi que de la police.

Luke Cage est la troisième série Marvel produite sur Netflix, après les excellentes Daredevil et Jessica Jones. Le personnage de Cage apparaît d’ailleurs déjà dans quelques épisodes de cette dernière.

Dès les premiers instants, on sent la différence d’ambiance. Là où ses prédécesseurs sont noirs et froids, Luke Cage est parfois violente, certes, mais presque chaleureuse. L’influence de la Blaxploitation est évidente, et l’accent est mis sur la culture de ce quartier si particulier. Le Harlem Paradise, s’il est la propriété d’un criminel, est également un lieu populaire, où la musique à la part belle et où les artistes (Raphael Saadiq, Faith Evans, j’en passe) se succèdent pour performer.

L’ambiance est rafraîchissante, agréable ; les personnages rendent hommage à une part importante de la culture américaine sans rentrer dans les clichés ; le héros lui-même incarne un symbole politiquement très fort (un Noir vêtu d’un hoodie et à la peau pare-balles), mais la trame globale est largement un ton en-dessous de ses aînés.

Les méchants ont des surnoms, Cottonmouth ou Shades, mais il leur manque des super-pouvoirs. Il leur faut énormément d’efforts pour seulement titiller Cage et, normalement, c’est le contraire, c’est le héros qui doit trimer pour arrêter les méchants… Bon, pour leur défense, les méchants utilisent d’autres tactiques que la seule force brute, notamment Mariah Dillard.

La série a la chance de reposer sur un casting impeccable. Mike Colter reprendre son rôle avec un charisme maîtrisé, même s’il est un peu agaçant par moment avec son trop-plein d’humilité. On retrouve également Rosario Dawson en Claire, le lien entre les trois séries, dans un rôle un peu moins secondaire que précédemment.

On découvre les excellentes Simone Missick en Misty Knight et Alfre Woodard en Mariah Dillard ; et on redécouvre Theo Rossi en Shades, Mahershala Ali en Cottonmouth et Erik LaRay Harvey en Diamondback.

Luke Cage m’aura moins passionné que Jessica Jones ou Daredevil, c’est indéniable. J’ai trouvé l’intrigue moins profonde et moins sombre, peut-être à cause de l’ambiance très culturelle. Mais ça lui confère également une identité propre, qui change des séries habituelles pleines de clichés. On a ici des personnages Noirs qui s’imposent par leur seul mérite et de très bons acteurs pour les incarner.

Et puis j’ai été moins passionné, mais ça ne veut pas dire que je n’ai pas aimé, ou qu’il n’y ait pas des qualités. Il y a une morale, des positions politiques franches même si discrètes, des clins d’œil et des hommages, des épisodes ou juste des scènes, aussi, qui valent le détour.

Luke Cage, loin d’être un échec, subit la pression de la qualité de ses grandes sœurs. Espérons qu’avec l’arrivée prochaine d’Iron Fist puis des Defenders, ça laissera du temps aux scénaristes pour concocter une deuxième saison (déjà commandée) qui saura s’appuyer sur les qualité de la première en haussant le niveau.

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