Vu! Macbeth, de Justin Kurzel.

5 juillet 2016

Vu! Macbeth, de Justin Kurzel.

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XIème siècle, en Écosse. Le pays est déchiré par une guerre civile. Lors d’une bataille capitale, Macbeth, thane de Glamis et général de l’armée du roi Duncan, mène ses troupes à la victoire et repousse les envahisseurs du Nord. Dans la brume, des sorcières lui annoncent qu’il sera d’abord appointé thane de Cawdor, puis roi d’Écosse. Elles annoncent dans le même temps à Banquo, ami de Macbeth et général de l’armée de Duncan, que s’il ne sera lui pas roi, ses fils le deviendront. Comme annoncé, Macbeth est promu thane de Cawdor par le roi Duncan. Sa femme, Lady Macbeth, le pousse alors à forcé son destin et à tuer le roi pour prendre sa place. D’abord pris de doutes, Macbeth se laisse convaincre et commet le régicide. Son couronnement, le pouvoir et la paranoïa vont dès lors l’entraîner dans la folie et une spirale meurtrière.

Macbeth représente sans aucun doute une des pièces majeures attribuée à William Shakespeare. Inspirée par des personnages historiques, elle met en scène la folie engendrée par les ambitions et le pouvoir. Au fil des ans, la pièce a été adapté à de nombreuses reprises, par Orson Welles, Roman Polanski et bien d’autres. Elle a été modernisée, transposée hors d’Écosse et relue.

Avec cette nouvelle adaptation, le réalisateur australien a pris le parti de rester aussi fidèle que possible au texte original. Hormis la première scène, où les époux Macbeth assistent aux funérailles de leur enfant, le film suit le texte jusque dans les monologues et les dialogues, en vieil anglais. Les paysages d’Écosse, avec leurs plaines vierges, leurs montagnes et leurs châteaux reconstitués, sont grandioses, rappelant, toute proportion gardée, ceux du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson. Beaucoup de scènes ressemblent à des tableaux animés, avec une photographie alternant somptueux et cru. Si l’image parait parfois un peu pompeuse, avec ses effets de brume et ses filtres, ça confère au film une ambiance particulière, oppressante, accentuée par une musique omniprésente et lancinante.

Mais la plus grande qualité de cette énième adaptation, ce sont les performances des acteurs. Tous sont très bons, crédibles et poignants. David Thewlis en Duncan, Jack Reynor en Malcolm, Sean Harris en Macduff, Elizabeth Debicki en Lady Macduff ou Paddy Considine en Banquo. Marion Cotillard est brillante en Lady Macbeth, entre manipulation, ambition, remords et folie, elle incarne son personnage avec classe, élégance et conviction.

La palme revient cependant à Michael Fassbender, absolument extraordinaire dans son interprétation de la figure emblématique de l’œuvre de Shakespeare. Il est d’une justesse parfaite à tout instant, que ce soit en tant que chef guerrier, sur le champ de bataille, face au doute ou sombrant dans la folie et la tyrannie. Son talent n’est plus à prouver, quelques soient les genres ou les personnages, il transcende. Sans conteste un des tous meilleurs acteurs de sa génération, il est une raison suffisante à lui seul de voir ce film.

Le Macbeth de Justin Kurzel pourrait presque être qualifié d’œuvre d’art, avec sa réalisation soignée, sa construction fidèle à la pièce originale et son interprétation formidable. Le film ne conviendra sans doute pas à tout le monde, avec son texte difficile et son rythme parfois lent, mais ceux qui seront l’apprécier s’en délecteront sans aucun doute.

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