Vu! Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du Monde, de Stéphane Kazandjian.

4 mai 2016

Vu! Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du Monde, de Stéphane Kazandjian.

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Joseph Klein (Laurent Lafitte) est un journaliste-investigateur-documentariste engagé-gauchiste. Depuis son bureau, pendu au téléphone, il nous présente son dernier film, sur la star du CAC 40, Michel Ganiant (François-Xavier Demaison). Alors qu’il a jusque-là refusé les demandes d’interviews, le golden boy accepte, par soucis de transparence, d’être suivi par les caméras, aussi bien dans sa vie professionnelle que privée, tandis qu’il s’apprête à réaliser le coup de sa carrière en rachetant l’entreprise de son plus grand concurrent.

Comme pour ses films précédents, Sexy Boys et Modern Love, Stéphane Kazandjian s’inspire une nouvelle fois du cinéma américain. Cette fois-ci, ce sont les films-documentaires engagés de Michael Moore qui servent de base à ce mockumentary à la française, sur fond de capitalisme et de lutte des classes. On retrouve d’ailleurs, comme dans Bowling for Columbine, la chanson What a Wonderful World deux fois dans le film. D’abord la version de Louis Armstrong, puis celle de Joey Ramone, pendant le générique de fin.

Les rôles sont clairement définis d’entrée. À gauche, on a un journaliste au look de playboy moderne, avec un sourire de star de cinéma, mais dont le banquier lui refuse un prêt, et qui est bien déterminé à dénoncer les agissements de son sujet. À droite, on a le patron d’un grand groupe, qui a pris la place de son père (sans ménagement) et enchaîne les réussites avec une arrogance affichée et décomplexée.

Librement inspiré de Jean-Marie Messier, ce Michel Ganiant habite une immense maison, avec piscines, un jardin aux allures de parc national, un garage rempli de voitures de luxe, un jet privé et, bien sûr, une batterie d’esclav… pardon, d’employés à son service. Évidemment, il répète à tort et à travers qu’il mène une vie simple, où prédomine son amour pour sa famille. Tout en manigançant des stratagèmes pour extorquer les actions de son rival et le mettre à terre.

Laurent Lafitte en fait beaucoup, peut-être un peu trop par moments, créant un personnage un brin agaçant mais guidé malgré tout par un sens moral inébranlable. François-Xavier Demaison, qui peut parfois être insupportable avec ses mimiques, est ici parfaitement employé, incarnant avec brio ce grand patron bling-bling qu’on adore détester, ponctuant ses tirades humanistes de remarques tellement consternantes qu’elles en deviennent hilarantes (Si Dieu avait voulu que les hommes naissent égaux, pourquoi a-t-il créé les nains?). Laurence Arné (la nympho de WorkinGirls) joue la femme de notre cher Michel G. Tout aussi décomplexée que son mari, elle cumule les activités artistiques, préparant même son album de balades à la guitare (ça doit pas être bien compliqué). Guy Bedos est très bon en conseiller/mentor de Michel G., avec cet humour sec qui a fait sa réputation. Xavier de Guillebon, Alain Doutey et Patrick Bouchitey complètent ce casting homogène, sans oublier les apparitions de Julien Arnaud dans son propre rôle.

Sans être un chef d’œuvre, Moi, Michel G., Milliardaire, Maître du Monde rempli plutôt bien son contrat. Si le film n’est pas exempt de défauts, il a le mérite de ne pas en faire trop. Souvent drôle, même si parfois un tout petit peu lourd, il est également honnête et offre une réflexion assez juste sur le monde des affaires et le rôle des journalistes.

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