Vu! Moonlight, de Barry Jenkins.

28 avril 2018

Vu! Moonlight, de Barry Jenkins.

Moonlight

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Juan, un dealer de Miami, prend sous son aile Chiron, un garçon chétif et introverti d’une dizaine d’années, qui subit les brimades des autres enfants du quartier. Élevé par une mère célibataire accro au crack, Chiron voit en Juan une figure paternelle à travers laquelle il cherche à se construire.

Moonlight a fait parler de lui après avoir raflé l’Oscar du meilleur film en 2017 à la surprise générale. C’est un des rares films (si ce n’est le seul) à évoquer le parcours d’un enfant noir américain homosexuel.

En adaptant la pièce In Moonlight Black Boys Look Blue de Tarell Alvin McCraney, Barry Jenkins livre un film très personnel sur le parcours de ce jeune garçon, Chiron.

L’histoire de décompose en trois actes et s’articulent autour de trois événements fondateurs dans sa vie.

D’abord à 9 ans, puis à 17 et enfin à 25.

Au cours de ces différentes périodes, Chiron tente de se construire dans un environnement hostile où il subit à la fois sa différence et son contexte familial difficile.

Pour raconter cette histoire complexe et très intimiste, Alex R. Hibbert, Ashton Sanders et Trevante Rhodes se succèdent pour interpréter Chiron respectivement à 9, 17 et 25 ans. Chacun apporte une personnalité, une identité, même, au personnage, tout en gardant une essence commune. Même s’ils ne se ressemblent pas forcément physiquement, j’étais tellement dans le film que je n’y ai pas fait attention. Pour moi, ils étaient tous Chiron et ils étaient tous brillants.

L’expérimenté Mahershala Ali prête ses traits à Juan, dans un rôle complexe tout en subtilité. Naomie Harris est excellente en mère célibataire camée, tandis que la chanteuse soul Janelle Monae joue Teresa, la compagne de Juan qui fait office de mère de substitution de Chiron.

Jaden Piner, Jharrel Jerome et André Holland jouent Kevin, le seul qui accepte Chiron comme il est.

J’ai adoré cette histoire à la fois simple et poignante, la réalisation sobre et le jeu des acteurs criant d’authenticité. Les dialogues sont réduits au minimum et même moins que ça, ce qui confère d’autant plus d’impact à chaque échange.

Les sauts entre chaque période auraient pu être perturbants mais ils ne le sont pas, bien au contraire, l’ensemble est habilement construit et très fluide.

Moonlight est un film puissant, plein d’émotion, qui, sans chercher à être larmoyant, se révèle profondément touchant.

L’Oscar du meilleur film n’est pas usurpé, il est même largement mérité, aussi bien pour le thème traité que pour la manière dont il est traité.

Je me méfie toujours un peu des films primés. Mais Moonlight est un grand coup de cœur que je vous recommande sans réserve.

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