Vu! Tu ne Tueras Point, de Mel Gibson.

26 avril 2017

Vu! Tu ne Tueras Point, de Mel Gibson.

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Desmond Doss, fils d’un ancien soldat de la Première Guerre mondiale et adventiste convaincu, décide de s’engager dans l’armée américaine après les événements de Pearl Harbor. Il est prêt à remplir toutes les conditions de l’armée, au détail près qu’il refuse de porter une arme et qu’il compte respecter le premier commandement de Dieu : Tu ne tueras point. Son comportement d’objecteur de conscience lui pose beaucoup de problèmes avec ses supérieurs lors de son camp d’entraînement et il doit batailler pour les convaincre avant qu’ils n’acceptent de l’envoyer au front en tant qu’infirmier de guerre lors de la bataille d’Okinawa.

Bon, par où commencer ?

Je suis fan de Mel Gibson. Je trouve que c’est un acteur charismatique, une icône du cinéma. Je trouve que c’est un réalisateur de talent, qui nous a offert des films forts et engagés.

J’attendais donc beaucoup de ce Tu ne Tueras Point. D’autant plus que j’en avais eu des retours élogieux. Il me faut confesser que le pitch n’était pas trop pour m’emballer, mais ce n’était pas une raison suffisante pour passer à côté. Après tout, si quelqu’un pouvait rendre ce film captivant, c’était bien Mel Gibson, non ?

Il s’avère que la réponse est un énorme : Non !

Le film commence en pleine bataille, avec des coups de feu, des explosions et des corps qui volent dans tous les sens. Et déjà là, j’ai eu du mal. C’est violent, c’est sanglant, mais c’est également bourré de ralentis. Qu’est-ce qu’ils ont, les réalisateurs, avec les ralentis ? À part quelques exceptions, les ralentis c’est la facilité, ça n’apporte rien, ça dénature. Et c’est encore pire quand les gens autour du héros parlent au ralenti.

Bref.

Desmond est blessé et on lui crie (au ralenti) de s’accrocher. Falshback quinze ou seize ans en arrière (je sais plus et on s’en fout), quand le petit Desmond fait la course dans la forêt avec son frère. On revient tour à tour sur les événements qui poussent l’enfant turbulent à se tourner vers Dieu, puis à vouloir s’engager dans l’armée.

Le peu de caractère de ces passages sont noyés par une niaiserie affligeante. J’ai vérifié que je ne m’étais pas trompé de film, car ça ne ressemblais pas, mais alors pas du tout à un film de Mel Gibson. En fait, ça ressemblait plutôt à un film de propagande chrétienne paresseux.

Et plus le film avance, pire ça devient.

La première heure manque cruellement de rythme, d’intérêt et de force. On assiste à un plagiat de Full Metal Jacket frisant le ridicule, avec des méchants soldats qui s’en prennent à un gentil chrétien parce qu’ils sont bêtes, mais pas tout à fait cruel non plus, car il faudra bien justifier que tous deviennent frères d’armes plus tard.

La deuxième heure est un peu plus rythmée, avec beaucoup de scènes d’affrontement entre américains et japonais sur la crête qui donne son titre original au film. On retrouve un peu de la patte de Mel Gibson à travers les nombreux plans gores montrant les corps déchiquetés, mais tout ça semble bien gratuit, une façon d’imposer l’horreur d’une guerre jamais remise en question.

Un de plus, s’il te plait, Dieu. Encore un de plus. Et puis un autre encore.

Ces mots hantent encore mon esprit telle une litanie démoniaque.

Autant dire que quand le film s’est enfin terminé, j’étais plus que soulagé.

Le casting aurait pu sauver les meubles, mais non. Vince Vaughn, que j’apprécie beaucoup, campe un sergent mou qui ne convainc jamais et Teresa Palmer joue une jeune femme ultra-stéréotypée. Sam Worthington s’en sort un peu mieux, tout comme Hugo Weaving et Rachel Griffiths, qui restent dignes dans le déluge. Mais pas assez pour nous donner envie de nous investir.

Et Andrew Garfield, vous me demandez ? Il a à peu près autant de charisme qu’une crevette décortiquée. J’avais qu’une envie, le voir se faire réduire en bouillie par un obus japonais, mais même ça, on me l’a refusé.

Non, vraiment, j’ai pas aimé Tu ne Tueras Point.

Oui, c’est tiré de l’incroyable histoire d’un type que les convictions religieuses ont fait un héros de guerre. Mais Dieu que c’est naïf de croire qu’il suffit d’une jolie histoire bien enrobée de sentimentalisme dégoulinant pour faire un grand film. C’est même plus que naïf, ça devrait être criminel. Il faut vraiment prendre le spectateur pour un imbécile pour lui servir une telle ineptie avec autant de profondeur que l’électroencéphalogramme d’un macchabée et s’attendre à ce qu’il la gobe comme un hostie surgelé.

J’avoue, je me suis laissé avoir, j’ai vu Mel Gibson sur la pochette et j’ai acheté le Blu-ray. Honte à moi.

Tu ne Tueras Point est plus qu’une déception, c’est le genre de film qui me met terriblement en colère et qui, pour le coup, me donne envie de croire en une punition divine pour les abjectes personnes derrière cette absurdité mielleuse.

Si vous comptiez le regarder, je vous conseille plutôt un énième visionnage d’Il Faut Sauver le Soldat Ryan. Si vous êtes vraiment têtus, vous pouvez toujours cliquer ci-dessous. Mais ne venez pas me dire que je ne vous avais pas prévenus.

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