Vu! La Neuvième Vie de Louis Drax, d’Alexandre Aja.

23 juin 2017

Vu! La Neuvième Vie de Louis Drax, d’Alexandre Aja.

La Neuvième Vie de Louis Drax

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Louis Drax a une tendance aux accidents. Os cassés, maladies, intoxications alimentaires, il les enchaîne avec une régularité inquiétante. Le jour de son neuvième anniversaire, alors qu’il pique-nique avec ses parents près d’une falaise, il tombe dans le vide et est prononcé mort à son arrivée à l’hôpital avant de revenir miraculeusement à la vie. Pendant que Louis est dans le coma, que son père est recherché par la police pour l’avoir poussé et que sa mère est perdue, le docteur Allan Pascal, spécialiste du coma, se retrouve mêlé malgré lui à ce drame familial dont il peine à comprendre la portée.

Alexandre Aja est un réalisateur qu’on ne présente plus. Spécialiste français du film d’horreur, il a réussi à s’exporter aux États-Unis après le succès de Haute Tension en réalisant le remake de La Colline à des Yeux, Piranha 3-D ou l’adaptation du superbe roman Cornes, de Joe Hill.

Bon, j’avais beaucoup moins aimé Horns, mais c’est parce que j’avais adoré le roman et que l’adaptation laissait à désirer à mes yeux (très exigeants, mes yeux, d’autant plus quand il est question d’adaptation d’un roman que j’ai adoré).

Horns m’avait déçu, donc, mais ce n’est pas pour ça que j’étais prêt à passer à côté de ce nouveau film. Une nouvelle fois, l’histoire est tirée d’un roman (La Neuvième Vie de Louis Drax, de Liz Jensen), mais comme je ne l’ai pas lu, je ne peux juger de la qualité (moyenne, j’en suis certain) de l’adaptation (faite par Max Minghella, qu’Alexandre Aja faisait jouer dans Horns).

Tout ce que je pouvais espérer, c’est qu’avec un casting intrigant, Alexandre Aja me fasse passer un bon moment.

La mission est à moitié remplie.

La Neuvième Vie de Louis Drax ne ressemble pas vraiment aux films précédents du fils d’Alexandre Arcady. Confirmant un virage entamé avec Horns, Alexandre Aja se détache de l’horreur pour s’orienter vers des films plus grand public, malgré quelques touches de fantastique.

Et encore.

Il y a bien ce monstre avec qui s’entretient l’enfant dans le coma, mais on est plus proche du conte onirique que du film fantastique pur et dur.

Je ne m’attendais pas vraiment à ça, en tout cas. L’affiche laisse présager un film plus axé sur les adultes que l’enfant et je ne connaissais rien de l’histoire (à vrai dire je l’avais confondue avec un autre roman que je n’ai pas lu dans lequel le héros a plusieurs vies). Mais pourquoi pas. J’ai aimé la façon dont les personnages nous manipulent et se jouent des apparences. Par contre j’ai peiné à rentrer vraiment dans l’histoire et à m’investir dans cette quête de vérité.

Tout est assez logique et plutôt cohérent (à l’exception peut-être de la séance d’hypnose) mais il m’a manqué de la substance et de la profondeur, un petit truc en plus qui m’aurait captivé. Peut-être un enjeu plus fort, ou un payoff plus percutant.

Ne retirons rien à la réalisation qui, sans être follement créative, est plutôt maîtrisée et permet à travers les décors et les couleurs, notamment, à toujours chercher à installer une ambiance.

Côté casting, j’attendais plus de Jamie Dornan. Je garde un excellent souvenir de cet acteur britannique dans The Fall et j’aurais aimé une interprétation plus engagée. Aaron Paul, lui, est très bon. S’il ne s’éloigne pas trop de son registre habituel, il sait jouer sur les nuances pour rendre son personnage crédible et attachant.

Sarah Gadon fait du bon boulot, dans ce rôle de mère fragile. Elle aurait peut-être pu en faire encore plus, histoire d’accentuer les ambiguïtés de son personnage, mais on ne va pas pinailler.

Aiden Longworth s’en sort bien dans le rôle-titre de Louis Drax, sans être non plus exceptionnel (j’ai bien aimé quelques-unes de ses répliques, mais j’ai détesté sa coupe de cheveux). Étrangement, si son personnage est au centre du film, il est presque secondaire dans son traitement. Certes, il narre une partie de l’histoire, revit certains faits marquants de sa vie, mais passe le plus clair de son temps dans le coma.

Un petit mot sur Oliver Platt, qui est un acteur de soutien excellent, capable de s’adapter à tous les genres et d’apporter son expérience dans chaque scène où il apparaît.

La Neuvième Vie de Louis Drax n’est pas un mauvais film. Ce n’est pas non plus une franche réussite. Ça se laisse regarder sans trop surveiller l’horloge mais sans vraiment se laisser emporter ou surprendre non plus.

Autant la plupart du temps je sais si je vous recommande de regarder ou d’éviter un film, autant là, le mieux reste de vous faire votre propre opinion.

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