Vu! No Escape, de John Erick Dowdle.

22 juillet 2016

Vu! No Escape, de John Erick Dowdle.

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Jack Dwyer vient de décrocher un emploi comme ingénieur pour une grande compagnie dans un pays d’Asie du Sud-Est. Sa femme et ses deux filles le suivent donc à l’autre bout du monde pour démarrer une nouvelle vie. Ils arrivent dans le plus grand hôtel de la ville mais remarquent immédiatement quelques problèmes. La télévision ne capte aucune chaîne, le téléphone est coupé. Et pour cause, un coup d’état vient d’éclater. Rapidement, Jack se retrouve au milieu d’une foule en délire, déterminée à faire couler le sang des occidentaux. Seul, ou presque, il va devoir tout faire pour sauver les siens.

John Erick Dowdle est un réalisateur spécialisé dans les films d’horreur. Après avoir signé notamment le remake américain de Rec, En Quarantaine, ou Catacombes, dernièrement, il s’attaque ici à un nouveau genre : le thriller d’action. Le pitch est simplissime puisque toute l’action est centrée sur cette famille qui essaie de survivre dans un environnement (très) hostile.

J’ai trouvé Owen Wilson très bon. Lui qui est normalement habitué aux rôles légers dans les comédies plus ou moins potaches, est ici parfait en expatrié perdu dans un pays étranger à feu et à sang. Il manie parfaitement le passage du sérieux au plus léger, en essayant de distraire ses filles avec quelques blagues stressées très bien senties mais aussi en faisant passer beaucoup d’émotion par sa façon caractéristique de presque chuchoter ses répliques.

Lake Bell est très bien aussi en mère de famille déterminée à sauver ses enfants. Déménager au bout du monde ne lui convenait pas plus que ça, mais une fois que la vie des siens est en jeu, elle ne recule plus. Son charme naturel ajoute à la crédibilité de son personnage. Pierce Brosnan complète le trio d’acteurs connus. En expatrié expérimenté, il permet de faire le lien entre la famille Dwyer et ce nouveau monde, et dégage un charisme bien différent de celui qu’on lui connait d’habitude. Même s’il n’apparaît que très peu dans le film, ses contributions sont toujours importantes, voire très à-propos ou même, une fois, à la limite du comme par hasard.

Sterling Jerins (dont la tête vous dira peut-être quelque chose) et Claire Geare interprètent les deux filles du couple, elles sont plutôt convaincantes dans leur rôle. Sahajak Boonthanakit joue un chauffeur de taxi local, entre autres. Et d’innombrables anonymes thaïlandais jouent les tous les autres.

Le rythme est très soutenu, on rentre d’entrée dans le vif du sujet et il n’y a presque aucun temps mort avant une heure de film. Le léger ralentissement de l’action permet d’asseoir le côté émotionnel et de donner quelques explications, avant de se lancer dans le sprint final. Si j’ai été plutôt pris par l’action, j’ai beaucoup moins apprécié la sur-utilisation des ralentis, présents dans presque chaque scène d’action et souvent accompagnés d’une musique lente. C’est dommage, car le reste fonctionne bien, notamment avec de nombreuses scènes filmées caméra à l’épaule pour accentuer le sentiment d’urgence. Bon, il y a aussi quelques trucs un peu gros de-ci de-là (je sais pas s’il suffit d’être derrière un pilier pour survivre au crash et à l’explosion d’un hélicoptère) mais on va passer outre.

Un autre point positif est la variation des points de vue du film. Puisqu’on regarde le film à travers les yeux de la ville, le déchaînement de violence des civils est difficilement compréhensible. Ils sont tous, ou presque, dépeints comme des barbares qui n’ont qu’une envie, tuer le plus d’occidentaux que possible (et ils en tuent pas mal). Mais le réalisateur (qui est aussi le scénariste) a tenu a expliquer cette révolte et le fait très bien, même si c’est très rapide, en permettant de remettre l’histoire de cette famille dans un contexte politico-économique qui les dépasse.

J’ai surtout regardé No Escape parce que j’apprécie beaucoup Owen Wilson et que j’étais curieux de le voir de nouveau à contre-emploi, 15 ans après En Territoire Ennemi. Sans être extraordinaire ou grandiose, voire même en manquant d’audace à certains moments, No Escape fait très bien son boulot de nous tenir en haleine pendant plus d’une heure et demi. Le tout sans qu’on trouve le temps long ou qu’on perde tout intérêt pour la survie de cette famille. C’est déjà bien !

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