Vu! Dans le Noir, de David F. Sandberg.

22 mars 2017

Vu! Dans le Noir, de David F. Sandberg.

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Paul travaille tard, dans son entrepôt de textiles. Sa femme fait une dépression et il essaie de l’aider à traverser cette épreuve difficile. Les lumières vacillent, une silhouette apparaît derrière lui et l’attaque. Un jour, Rebecca reçoit un appel de l’école de son petit frère, Martin, pour qu’elle vienne le chercher. Quand elle lui demande des explications, il dit qu’il ne veut pas rentrer chez leur mère, car elles lui font peur, elle et Diana. Les mauvais souvenirs de l’enfance de Rebecca remontent, mais, même si elle risque de s’attirer la colère de Diana, elle ne peut abandonner son petit frère.

Il y a quelque chose de terriblement frustrant avec les films d’horreurs de ces dernières années. Soit ils se ressemblent trop, soit leur concept original est gâché par un usage malhabile.

Ici, on a un peu des deux.

Le film commence fort, en nous mettant tout de suite dans l’ambiance. Dans le Noir, il y a cette silhouette humanoïde, qui disparaît à chaque fois qu’on rallume la lumière et réapparaît dès qu’elle s’éteint. Le concept est plutôt sympa et permet d’entrée quelques petits jump scares faciles mais assez efficaces.

Le problème, c’est que l’idée est ensuite transposée à chaque personnage et chaque lieu. Autant dire que ça s’essouffle vite, même pour un film de moins d’une heure trente. Peut-être que c’est parce que David F. Sandberg a adapté (comprenez étiré) ici son court-métrage publié sur YouTube en 2013 et que l’idée, qui doit très bien fonctionner en court, n’est pas adapté au long.

Enfin, je dis le problème, mais ce n’est malheureusement pas le seul.

Il semblerait que les gens qui font des films d’horreur (je pense surtout aux producteurs, wink @ James Wan) imaginent que c’est une bonne chose de se passer d’histoire.

On met quelques éléments ici ou là, mais juste le nécessaire, de toute façon les gens s’en foutent, ils veulent avoir peur, et c’est par en leur racontant une histoire cohérente et bien construite qu’on leur fait peur, hein, c’est en leur montrant, encore et encore, autant que possible, une silhouette inquiétante.

Une bonne histoire bien construite ne dessert jamais le propos. Certes, le film sera peut-être moins rythmé, mais il sera probablement plus digeste et même, pourquoi pas, plus efficace.

C’est d’autant plus dommage qu’on pouvait s’appuyer sur un casting de qualité, capable de faire plus que le peu qu’on leur donne. Les expérimentés Maria Bello et Billy Burke sont largement sous-employés. Et la star du film, la jeune actrice australienne Teresa Palmer, c’est encore pire. Pour l’avoir vu dans d’autres films, c’est une très bonne actrice qui peut jouer des rôles différents dans des genres différents et qu’on cantonne ici à un personnage basique.

Le jeune Gabriel Bateman, qui joue Martin, s’en sort plutôt bien, même s’il n’est pas aidé par un scénario maigrichon.

Les personnages sont tout juste esquissés, mais jamais vraiment approfondis. Sauf peut-être le pire de tous, celui de Bret, joué par Alexander DiPersia, sans doute le rocker rebelle le plus niais du cinéma. Le genre de personnage qui… disons que c’est un paillasson. Il sert de plan cul, de chauffeur, et j’en passe à l’héroïne qui le maltraite psychologiquement du début à la fin. Mais il garde son sourire niais parce qu’il…. l’aime !

Ridicule.

Le « monstre » est plutôt bien foutu, quoi que très semblable à celui de Mama, pour ne citer que lui. Les premières apparitions sont relativement efficaces, mais très vite on se lasse. Et si ce n’est une scène ou deux (et encore, je suis sympa), la deuxième partie du film n’est qu’une répétition de la première sans l’effet de surprise.

J’aurais aimé qu’on creuse la psychologie des personnages, de cette mère dépressive, de cette fille qui n’a plus de contacts avec sa famille. J’aurais aimé qu’on me montre l’enterrement du père, ou la vie de maison dans une tension latente, plutôt que d’insister encore et encore avec Diana. Il n’y a pas besoin de montrer le « monstre » dans chaque scène ou presque pour faire peur au spectateur, bien au contraire (cf : Les Autres).

Dans le Noir n’est pas dépourvu d’intérêt sur le papier, mais tout dans sa réalisation tend vers le film d’horreur commercial. Il a d’ailleurs bien marché au Box-Office et une suite est prévue, alors je suppose que ça doit être une réussite. Il faudra me convaincre de la regarder, cette suite, tant ce film me laisse un goût de gâchis.

Je suis toujours à la recherche de ce film d’horreur qui saura me surprendre. Si Dans le Noir procure quelques moments stressants qui devraient faire sursauter les sursauteurs les plus sursautants, il ne dépasse jamais sa fonction et fournit le service minimum, au mieux. C’est d’autant plus une déception qu’il y avait matière à faire beaucoup mieux.

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