Vu! Pelé : Naissance d’une Légende, de Jeff et Michael Zimbalist.

9 septembre 2017

Vu! Pelé : Naissance d’une Légende, de Jeff et Michael Zimbalist.

Pelé : Naissance d'une Légende

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En 1958, l’équipe de football du Brésil débarque en Suède pour la Coupe du Monde, avec comme objectif de laisser derrière elle les humiliations de 1950 et 1954, et devenir la première nation étrangère à s’imposer en terres européennes. Leur arme fatale, un enfant des favelas de 17 ans, Edson Arantes do Nascimento, surnommé Pelé. Grâce à son style de football tout en dribbles et vitesse, grâce à son envie et sa détermination, il va réinventer le football brésilien, unifié une nation divisée et marquer son sport à tout jamais.

Pelé est un de ces noms qui transcendent le temps et les frontières. Il n’y a pas besoin d’être fan de football pour connaître l’histoire du Roi du football ou, au moins, avoir entendu parler de lui.

J’ai mis ce film sur ma liste de films à voir au moment de sa sortie, désireux de le regarder pour des raisons personnelles, mais aussi pour découvrir un peu mieux l’histoire de celui qu’on ne présente plus mais dont la légende n’est pas forcément bien documentée.

Et légende, le mot n’est pas usurpé. Ce qu’a accompli cet enfant est ni plus ni moins qu’exceptionnel. Petit-fils d’esclave issu des favelas de Rio, Pelé s’est fait découvrir par Waldemar de Brito, ancienne gloire brésilienne, qui l’a fait signer dans le club de Santos. Le reste, comme on dit, est historique.

Sauf qu’historique, ce film consacré aux jeunes années de Pelé ne l’est pas vraiment.

Déjà parce que Pelé n’a pas grandi dans les favelas de Rio, mais à São Paulo. Parce que son surnom ne lui a pas été donné par des jeunes blancs bourgeois moqueurs mais lors d’un entraînement de l’époque où son père jouait encore au foot (il est déjà blessé dans le film).

En plus des libertés prisent avec une histoire qui n’en avait pas besoin, il y a cet outrage de faire parler tout le monde en anglais. Je suis très attaché aux langues originales et, pour moi, c’est un coup dur que de voir ces gamins des favelas se lancer des « come on » et autres invectives si peu naturelles. Pourtant le film est bien tourné au Brésil, avec un casting principalement brésilien.

Et que dire des scènes de match ? On se croirait presque dans un épisode d’Olive et Tom, avec des effets absolument irréalistes, comme ces 360 autour de Pelé dès qu’il touche le ballon, avant de se lancer dans ses séries de dribbles qui semblent parfois sorties tout droit de Shaolin Soccer.

C’est d’autant plus dommage que l’histoire de Pelé se suffisait à elle-même et n’avait pas besoin d’être embellie pour être captivante. Elle avait besoin d’être réaliste. Là, tout s’enchaîne un peu trop facilement, des obstacles artificiels sont ajoutés sans que ce soit nécessaire, comme si la vraie vie de Pelé n’était pas assez extraordinaire.

On en oublierait presque les moments forts du film, la perte d’un de ses amis d’enfance, la situation difficile des anciennes familles d’esclaves dans le Brésil des années 50 (et ensuite), l’ambition de cet enfant qui réveille l’espoir de toute une nation. Et les records qu’il fait tomber et qui restent inégalés à ce jour.

On peut féliciter les jeunes Leonardo Lima Carvalho et Kevin de Paula, qui incarnent Pelé à 9 et 17 ans, Seu Jorge, qui prête ses traits à Dondinho et sublime la relation entre le père et son fils, Mariana Nunes, touchante en mère du prodige ou Vincent D’Onofrio étonnamment crédible en Feola, le sélectionneur de l’équipe nationale brésilienne.

On peut ajouter au casting les apparitions, plus ou moins remarquées, de Diego Boneta ou Colm Meaney.

Pelé : Naissance d’une Légende veut se donner des airs de grand film, mais la réalité c’est que ce n’est qu’un biopic au rabais, qui, s’il a quelques qualités, pêche par son envie d’en faire trop. L’histoire est grandiose, le film n’est clairement pas à la hauteur.

À réserver aux fans de football qui souhaiteraient en savoir plus sur la jeunesse, sauvagement romancée, de l’homme qui a fait, à lui seul ou presque, du Brésil le plus grand pays de football du monde.

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