Vu! La Saga Harry Potter.

14 avril 2018

Vu! La Saga Harry Potter.

**Attention, attention, si vous n’avez pas vu les films et/ou lu les livres, n’allez pas plus loin, car cette review contiendra des spoilers, notamment concernant la conclusion de la saga.**

Harry Potter Saga

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Mais avant d’en venir aux faits, revenons à la base.

Quand j’étais à la fac (c’était durant un autre siècle), j’avais un ami, un peu plus jeune, qui lisait les Harry Potter. Moi, cette histoire d’ado magicien qui s’étalait sur je ne sais combien de tomes, ça ne m’intéressait pas. Je préférais la saga de la Tour Sombre d’un certain Stephen King.

Quand les films consacrés à Harry Potter ont commencé à sortir au cinéma, je n’étais pas spécialement tenté. Je n’avais pas lu les livres et les films sur un ado qui fait de la magie, ça ne m’intéressait pas. Je préférais regarder le premier volet du Seigneur des Anneaux.

Avançons de quelques années. En 2010, quand sort la première partie des Reliques de la Mort, les affiches sont bien plus attrayantes et je me suis dit, hum, ça a l’air assez tentant, finalement. Mais je n’avais pas vu les six premiers films et je ne prend jamais une saga (ou une série) en court de route. C’est un de mes principes.

Il y a cinq ou six ans, une intégrale de Harry Potter est sortie en Blu-Ray, dans un joli coffret représentant une mallette de magicien. Je me suis laissé tenté, me disant que c’était quand même un monument de cinéma et que j’aurais peut-être envie, un jour, de les regarder.

Pourquoi je me suis finalement lancé, mi-janvier ? Aucune idée. Parfois, la motivation vient et elle ne s’explique pas, elle se suit.

Bon, vous vous dîtes « il est mignon, Leo Rutra, mais pour un review sur la saga Harry Potter, il parle beaucoup de choses sauf de la saga Harry Potter » et vous avez raison.

Entrons dans le vif du sujet.

Je savais que les premiers films seraient les plus difficiles à regarder. Il suffit de regarder la pochette pour comprendre que je ne suis pas le public ciblé. Je m’y étais préparé et ça n’a pas loupé, mais j’ai survécu à la réalisation de mauvaise qualité, aux effets spéciaux pathétiques et au jeu d’acteur moyen.

Il y avait des éléments plus sombres, ci et là dans l’intrigue et ça m’a donné un peu d’espoir pour la suite mais, globalement, c’était trop long et trop enfantin pour moi.

Le Prisonnier d’Azkaban, épisode qui revient souvent comme étant le préféré des fans, m’a donné espoir. J’ai trouvé la réalisation excellente, les acteurs très bons et l’ambiance nettement plus sombre.

La meilleure façon de le voir, c’est avec le début chez les Dursley qui est sympathique et pas d’une lourdeur sans nom comme dans les deux premiers films.

Petite parenthèse : je n’arrive toujours pas à comprendre comment Harry a pu être confié à une famille aussi caricaturalement mauvaise. N’y a-t-il rien, dans le comportement des Dursley, dans leur manière de maltraiter Harry, qui soit criminel ? Sans compter que Harry était prédestiné à affronter le plus grand méchant de tous les temps. N’aurait-il pas été préférable de prendre un peu plus soin de lui plutôt que de le renvoyer continuellement chez ces humains pathétiques ?

Passons.

La Coupe de Feu est une déception énorme. Il y a du potentiel, il y a des sujets majeurs, il y a un progrès dans les effets spéciaux (si ce n’est le truc de téléportation qui frise le ridicule). Attentats terroristes, épreuves inter-scolaires dangereuses (mais très mal organisées). tout ce qui est raconté va à l’opposé de ce qui devrait être raconté. La menace de Voldemort devrait s’intensifier et pas être passée sous silence. Je passe sur l’importance incompréhensible (en tout cas pour ceux qui n’ont pas lu les livres et n’ont jamais entendu parler de Cedric Patterson avant ce film) donnée à des personnages secondaires que l’on ne reverra jamais. À côté de ça, il y a le premier face à face entre Harry et Voldemort, qui sauve un peu les meubles, mais pas complètement non plus.

J’en suis à quatre films et je me dis merde, un sur quatre de réussi, c’est pas une super moyenne.

Les films suivants, tous réalisés par David Yates, un illustre inconnu dans le monde du cinéma, relèvent clairement le niveau.

Mais ils doivent néanmoins composer avec l’intrigue originale.

Pour info, j’ai regardé presque tous les films avec à mes côtés un expert de l’univers Harry Potter, qui a lu tous les livres et avait déjà vu les films. Je lui ai d’ailleurs demandé plusieurs fois si les films respectaient les livres (oui, dans l’ensemble). Et aussi si Ron était aussi insupportable dans les lirves. Parce que dans les films, c’est sans doute le pire personnage de la saga. À tel point qu’il est incroyable que Harry reste sont meilleur ami tout du long et qu’Hermione veuille se mettre en couple avec lui.

Bref, pendant toute la première partie de la saga, j’ai trouvé la construction des histoires relativement simpliste, j’ai vu venir les twists à mille lieues et je n’ai pas eu beaucoup de surprise.

À partir du Prince de Sang-Mêlé, j’ai vu venir le gros twist, à savoir la fausse trahison de Snape, d’assez loin. C’était presque grossier, cette façon de nous faire croire qu’il retournait sa veste quand il était évident qu’il jouait à l’agent double (ou triple).

Par contre, ce que je n’avais pas vu venir, c’est la mort de Dumbledore.

Dumbledore, c’est un peu le Gandalf d’Harry Potter. Un de ces éléments empruntés à d’autres sagas comme le font toujours les auteurs (et je n’échappe pas à la règle). D’ailleurs, puisqu’on est sur le sujet, Dobby, c’est le Smeagol d’Harry Potter et j’en ai noté d’autres (mentalement) mais ils m’échappent à cet instant.

Bref, la mort de Dumbledore, je ne l’avais pas vue venir et je me suis dit super, génial, ils prennent un risque et ils tentent un truc.

Ça m’a donné envie de regarder la fin avec l’espoir qu’elle serait audacieuse.

Audacieuse, elle a fait semblant de l’être, la fin, mais j’y reviendrai dans un paragraphe ou deux ou plus.

Avant, un mot sur les incohérences notables qui truffent la saga. J’ai l’impression que J. K. Rowling a découvert des trucs au fur et à mesure de l’écriture, des sorts et des artifices qui auraient été vachement utiles à d’autres moments mais qu’elle n’avait pas encore imaginés. L’espèce de tourbillon-téléporteur apparaît relativement tard dans la saga, mais ensuite tout le monde s’en sert comme si c’était un épisode de Star Trek. Sauf, bien sûr, à des moments où ça serait pratique mais ça flinguerait l’intrigue.

Pareil pour les formules magiques. Des fois, il faut les dire à voix haute, des fois non. Des fois, elles seraient vachement utiles, mais les personnages ne les utilisent pas. C’est un des gros problèmes des univers fantastiques où il y a des règles différentes et des pouvoirs, c’est qu’à un moment ou à un autre, ils se mettent en travers de l’intrigue et imposent l’incohérence. Vous savez, ces moments où on se dit pourquoi ils font pas ça ? Ils l’ont fait tout à l’heure et ça marchait très bien… Ça réglerait leurs problèmes et ça nous ferait gagner du temps.

Par exemple, pourquoi Harry, qui a réuni les trois reliques de la Mort, ne s’en sert pas ? Pourquoi il s’en débarrasse, même ?

Revenons sur la mort de Gandal… euh, pardon, de Dumbledore. Audacieux, de tuer le personnage qui, en quelque sorte représente la figure paternelle, le mentor, le Père Noël. Très audacieux. Pour ne rien vous cacher, je redoutais un astucieux stratagème pour le faire revenir dans les Reliques de la Mort et je ne me suis trompé qu’à moitié. Mais il est resté mort et c’est une des meilleures choses de toute la saga.

Son retour pour une discussion avec Harry dans l’esprit de ce dernier aurait été tout à fait acceptable si Dumbledore ne lui révélait pas des éléments qu’Harry n’aurait pas pu connaître lui-même. Dommage.

Snape, lui, comme prévu, n’était pas vraiment revenu à la solde de Voldemort et s’est sacrifié pour permettre à Harry de triompher. C’était attendu, mais ça a été réalisé plus subtilement que ce à quoi je m’attendais.

Je passe sur la prise de Hogwarts par les Death Eaters et le retour de Harry pour trouver l’avant-dernier ou le dernier Horcrux, je ne sais plus. L’école est débarrassée des méchants en un temps record, tellement rapidement que c’est à se demander pourquoi ils ne l’ont pas fait plus tôt. Pourquoi, également, les parents continuent d’y envoyer leurs enfants ? N’aurait-ce pas été plus cohérent qu’ils refusent d’envoyer leurs enfants dans une école contrôlée par les forces du mal ? Et encore plus puissant de trouver l’école vide de toute vie ? Bon, c’est vrai, ça aurait empêché Harry de pouvoir se reposer sur ses amis.

Alors passons.

Passons sur les incohérences, sur le road trip en amoureux avec Hermione qui n’est pas son amoureuse, qui est l’amoureuse de son meilleur qùai qui, comme dans un film sur deux, au moins, trouve un prétexte stupide pour faire la gueule et se barrer avant de revenir comme une fleur plus tard et allons directement à la fin.

La fin. L’affrontement final. Le climax de la saga. Voldemort versus Harry Potter. Deathmatch. Il ne peut en rester qu’un. Winner take all.

Mais juste avant, la révélation qui va changer tout le film, toute la saga. Pour tuer Voldemort, Harry doit mourir.

Quoi ? Non ? Ils vont pas oser, quand même ?

Bon, j’avais vu quelques jours plus tôt une photo de Harry papa, illustrant l’annonce comme quoi Joss Whedon réaliserait un neuvième film basé sur L’Enfant Maudit, donc je savais que Harry n’allait pas vraiment mourir.

Mais j’imagine ceux qui ont vu le film pour la première fois, ceux qui ont lu le livre pour la première fois et qui arrivent à ce point culminant de l’histoire, quand on apprend que, depuis le début, Dumbledore sait qu’il faudra sacrifier Harry pour vaincre Voldemort. La tension devait être intense, les émotions violentes.

Je vous la fais courte, Harry meurt pour tuer Voldemort, mais choisit de revenir à la vie. Oui, il choisit. Il pourrait rester mort ou Voldemort aurait pu inverser le truc et s’emparer de son âme, nous faisant un twist à la Star Wars. Mais non, Harry anéanti Voldemort une bonne fois pour toute, puis il revient à la vie, épouse Ginny, tandis que Hermione épouse Ron, qu’ils font tous des gamins qui suivent leurs traces et vont faire leurs études à Hogwarts, entamant un nouveau cycle.

Je comprends le côté grand public, je comprends l’envie d’un happy end, le besoin, même, d’un happy end. Mais je pense que c’est une erreur. Une erreur majeure, même.

Harry est un enfant, un orphelin, chargé de venir à bout de la pire menace que le monde des sorciers ait jamais connue, ok ? Il est formé, aidé pour devenir suffisamment fort pour vaincre Voldemort, ok ? Sauf qu’une partie de l’âme de Voldemort réside en Harry, d’où leur connexion. Pour tuer Voldemort, il faut tuer Harry. Brillant, génial, audacieux, noir, cruel, mais crédible et cohérent. Pour éradiquer la pire menace de tous les temps, il faut un sacrifice.

Pas une pirouette. Un sacrifice.

C’est un des concepts les plus importants d’une histoire et si souvent laissé de côté pour faire plaisir au spectateur/lecteur. C’est le sacrifice qui donne toute sa valeur à l’acte. Si tu ne perds rien, tu ne gagnes rien.

Imaginez un peu qu’Harry meurt pour de bon à la fin des Reliques de la Mort, comme Dumbledore est mort à la fin du Prince de Sang-Mêlé. Vous êtes triste, mais, instantanément, Harry devient une légende. Pas un papa aux allures de comptable.

Il y a de très bonnes choses dans Harry Potter, des choses sombres, noires, qui me plaisent tout particulièrement. Par exemple, j’ai adoré comment Voldemort prend une place importante dès le début de la saga, en est un personnage central, en apparaissant que très tardivement, finalement, et relativement peu. J’ai aimé aussi les quelques, rares, choix difficiles, les quelques, trop rares, sacrifices.

Mais globalement, j’ai trouvé la saga sympa, sans plus. Il y a un univers (qui se nourrit d’autres univers), il y a une histoire qui tient plus ou moins la route, mais sur sept films (je compte les Reliques de la Mort comme un seul film), près de la moitié sont oubliables.

J’avais envie de voir Harry Potter pour me faire ma propre opinion sur cette saga majeure du cinéma moderne, c’est fait. Je m’attendais à pire, j’espérais mieux. Au final, j’ai passé de bons moments, d’autres plus… compliqués.

Avec une fin plus noire, j’aurais eu un avis complètement différent et j’aurais été plus enclin à passer sur les faiblesses et les quelques incohérences. Avec une fin plus noire (et cohérente), je serais sans doute devenu fan.

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