Vu! Sense8, saison 1.

7 octobre 2016

Vu! Sense8, saison 1.

sense8Lorsqu’une femme se donne la mort dans une église en ruines, huit personnes se retrouvent mystérieusement liées les unes aux autres. Éparpillées aux quatre coins du monde, elles vont devoir s’entraider pour surmonter les divers épreuves qu’elles affrontent. Tandis qu’une organisation secrète les recherche.

Cette production originale Netflix est due, entre autres, aux sœurs Wachowski. On sent immédiatement leur imagination débordante dans le postulat de base, avec ces huit personnages qui sont liés et peuvent intervenir dans la vie les uns des autres.

Le problème, c’est que dès les premières minutes, ça sent la série télé moyenne. Et ça se confirme tout au long d’une saison très inégale. Car il y a de bons moments, de très bons moments, même, disséminés au gré des épisodes. Mais il y a aussi et surtout des longueurs, des incohérences et une progression plutôt molle.

Les huit personnages, déjà, sont très déséquilibrés. Il y a ceux auxquels on s’intéresse, ceux qui nous touchent, ceux qui nous agacent et ceux qui frisent l’absurde.

Riley (Tuppence Middleton, qui est très bien) a fui son Islande natale et son passé pour devenir DJ à Londres. Elle prend de l’importance au fil des épisodes pour devenir centrale à l’intrigue. Sun Bak (Bae Doona, qui est très bien aussi) vit à Séoul et partage sa vie entre les arts martiaux, qu’elle pratique à haut niveau, et l’entreprise de son père, avec qui elle ne s’entend pas. Pour elle, il sera question d’honneur. Malheureusement elle reste plutôt secondaire. Capheus (Aml Ameen, très bon) conduit un minibus à l’effigie de Van Damme à Nairobi, et va se retrouver empêtré dans des affaires avec des mafieux en voulant trouver des médicaments pour sa mère atteinte du SIDA. Peut-être le personnage le plus sympathique et rafraîchissant de la série.

Will (Brian J. Smith, un peu trop lisse à mon goût) est flic à Chicago. Hanté par une affaire non résolue, il s’est donné comme mission de sauver le monde. Il semblerait qu’il faille systématiquement un de ces héros génériques dans les séries chorales. Wolfgang (Max Riemelt, plutôt bon) vit à Berlin. Il a un lourd passif et ça ne s’arrange pas quand, avec son meilleur ami, il s’en prend à son oncle, un criminel. Personnage complexe, il n’est pas assez mis en avant à mon goût, et c’est dommage car il se révèle captivant dans plusieurs scènes. Kala (Tina Desae, qui s’en sort très bien) est pharmacienne à Mumbai. Elle s’apprête à épouser un homme formidable mais dont elle n’est pas amoureuse. C’est sans doute, malheureusement, le personnage le plus plat de la série. Oui, il y a bien l’ambiance bollywoodienne, une romance un peu mielleuse et une séquence à la MacGyver, mais c’est à peu près tout, et c’est pas grand chose.

Nomi (Jamie Clayton, qui m’a profondément tapé sur les nerfs) est une transsexuelle lesbienne de San Francisco. Hospitalisée après un malaise, elle doit faire face à sa mère, qui n’accepte pas son changement de sexe et veut la faire opérer d’une tumeur au cerveau. C’est sans doute le personnage le plus mis en avant, dommage qu’elle marque plus par la cause qu’elle représente que par sa qualité intrinsèque. Lito (Miguel Angel Silvestre, qui m’a profondément ennuyé) est un acteur de telenovela très populaire à Mexico, qui cache son homosexualité au public. Pour moi, c’est le personnage le plus faible de la série. Rarement drôle, oscillant entre ridicule et pathétique, il m’a surtout donné envie de jouer à Candy Crush.

Et puis il y a Jonas (Naveen Andrews, qui a l’air de s’ennuyer sévère), qui sert de guide aux sensitifs en leur révélant leurs nouvelles capacités et les mettant en garde contre leurs ennemis. Bon, il y a aussi une organisation secrète personnifiée par un méchant (Terrence Mann) tout ce qu’il y a de plus classique.

Ça paraît dense, et parfois ça l’est. Un peu. Mais le plus souvent, c’est juste long. C’est dommage, car il y a, sur le papier, des personnages et une histoire à potentiel. Et puis il y a ce monde, avec tous ces lieux différents, ces décors et ces atmosphères (même si, comme d’habitude, tout le monde parle anglais). Le problème, c’est que l’intrigue n’avance pas et qu’on a l’impression de voir une introduction de 10 heures.

Dans ce sens, Sense8 ressemble un peu à Jupiter Ascending, le dernier film des Wachowski. L’idée est intéressante, mais l’histoire manque d’ambition, enchaîne les facilités et peine à entretenir l’intérêt. D’ailleurs je ne sais même pas si j’aurai le courage de regarder une seconde saison.

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One Comment

  • Aurel 7 décembre 2016 at 14:33

    Malgré une bonne volonté et un fil conducteur bien tenu jusqu’aux épisodes 6-8 la fin de saison n’est pas à la hauteur des attentes.
    Sans manquer de bonne volonté ni même de talent (J’ai adoré les personnages de Capheus, Sun et Riley) le soufflet retombe doucement et part même dans le n’importe quoi sur le final (3 épisodes)

    Une série que ne restera pas gravé dans ma mémoire meme si je suis curieux de voir comment vas débuter la saison si elle existe !!!!

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