Vu! Shimmer Lake, de Oren Uziel.

30 juin 2017

Vu! Shimmer Lake, de Oren Uziel.

Vendredi, Andy est caché dans la cave de sa maison pendant que sa femme discute avec Zeke, son frère et le shérif de la ville, de sa disparition et de sa possible participation au braquage de la banque locale. Zeke retrouve ensuite Reed, son partenaire, ainsi que deux agents du FBI venus enquêter sur le braquage. Le Juge Dawkins, propriétaire de la banque braquée, est retrouvé mort chez lui. Andy s’en va retrouver Stephanie, la femme d’Ed, son complice, à Shimmer Lake, avec le magot.

Jeudi, Zeke et ses collègues découvrent le cadavre de Chris Morrow, un drogué suspecté d’avoir servi de chauffeur pour le braquage…

Le truc en plus de ce film distribué par Netflix, c’est que l’histoire est racontée à l’envers. À la Memento. De vendredi on passe à jeudi, puis à mercredi et enfin à mardi pour comprendre ce qu’il s’est réellement passé.

Le concept est audacieux, il faut lui reconnaître ça. Pour sa première réalisation, Oren Uziel, le scénariste de 22 Jump Street, ne tombe pas dans la facilité de faire un faux film à l’envers, revenant à la fin (qui est en fait le début) sur le début (qui est en fait la fin) pour une espèce de conclusion pas vraiment nécessaire mais à laquelle on aurait eu le droit quand même si ce film avait été produit pour sortir au cinéma.

Et c’est chouette, des films qui poussent leur concept jusqu’au bout et qui traitent le spectateur comme un individu intelligent, capable de reconstituer lui-même les pièces du puzzle sans qu’on ait besoin de lui mâcher le travail et lui servir la pâtée toute prête.

Bon, ceci dit, le puzzle il est pas super compliqué à résoudre non plus, on va pas se mentir. Mais, quand même, il faut souligner l’effort. Et puis le jeu de piste inversé n’est pas mauvais pour autant. On remonte le fil, de jour en jour, glanant des indices et des réponses tout du long. J’aime notamment comme certaines répliques innocentes prennent plus tard tout leur sens.

L’autre truc de Shimmer Lake, c’est d’employer une bonne partie de son casting à contre-emploi, et avec succès. On retrouve ainsi Rainn Wilson dans le rôle d’Andy, Adam Pally dans celui de Reed, mais aussi Rob Corddry, qui forme un sympathique duo d’agents du FBI avec Ron Livingston, et John Michael Higgins, dans le rôle du Juge Dawnkins. Le format du film permet quand même de laisser de la place à un Benjamin Walker, qui joue un très bon shérif de petite ville, et à Stephanie Sigman qui ne démérite pas dans son rôle de Steph et qui évolue tout au long de l’histoire. Wyatt Russell, Mark Rendall et Angela Vint ont des rôles secondaires.

 

Shimmer Lake se veut un espèce de mélange entre Fargo et Memento. C’est une noble attention, mais ce n’est pas sans risque. Le danger était de sacrifier la crédibilité au profit de la surenchère, ce qui n’est pas le cas ici. Tout n’est pas parfait, l’ambiance aurait plus être plus oppressante et l’humour noir plus travaillé, mais dans l’ensemble, ça se tient et c’est plaisant à suivre.

Si Shimmer Lake n’est pas le film de l’année, ça reste une production tout à fait honnête, différente de ce qu’on a l’habitude de voir. Alors si vous aimez les films d’enquête un peu tordus, jetez-y un œil, il pourrait vous plaire !

FacebooktwitterFacebooktwitter

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *