Vu! Strictly Criminal, de Scott Cooper.

1 juin 2016

Vu!  Strictly Criminal, de Scott Cooper.

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Dans les années 70, Jimmy « Whitey » Bulger est l’un des membres fondateurs de Winter Hill, une organisation criminelle liée à la mafia irlandaise opérant dans le quartier de South Boston. Il décide de s’allier avec John Connelly, un ami d’enfance devenu agent du FBI, pour opérer en toute impunité et faire tomber ses rivaux.

Adapté du récit éponyme de Dick Lehr et Gerard O’Neill, le film de Scott Cooper retrace la vie du criminel de Boston. Le tout en commençant par la fin et les témoignages de plusieurs de ses anciens associés. Le film ouvre d’ailleurs sur le visage marqué de Jesse Plemons qui lance l’histoire dans une scène intense.

Les interventions extérieures permettront régulièrement de casser le rythme, de changer d’époque. Comme il est d’usage dans les films du genre, le rythme est plutôt lent et entrecoupé de scènes plus chocs, violentes. Le film s’attache à montrer différentes facettes du criminel, tour à tour chef de gang d’apparence magnanime mais impitoyable, père impliqué, fils chaleureux, voisin bienveillant, brute pure.

L’histoire, on la connait déjà, tant elle a été traité au fil des années par le cinéma américain. Il suffit de changer les noms des personnages, la ville ou son quartier, les années de règne, le cœur du trafic ou la manière de résoudre les conflits. Qu’on le veuille ou non, Strictly Criminal n’est qu’un film de plus sur un gangster transformé en anti-héros par la machine hollywoodienne.

Certes, il y a cette relation avec le FBI (ou plutôt un agent du FBI) qui fait de Bulger presque un 007 du crime, libre d’agir en toute impunité, protégé par son statut de super-témoin. Il y a aussi le fait que son frère, Billy Bulger, soit membre du Sénat puis président du Sénat au Massachusetts pendant les faits. Mais aucun de ses deux éléments ne prennent une réelle part de l’histoire contée. Ils sont presque survolés. On s’attarde bien, par le biais de plusieurs scènes entre John Connelly et son supérieur, à montrer la complicité de l’agent du FBI, qui prend systématiquement le parti de son ami d’enfance et le surprotège, mais ça semble se dérouler dans un monde parallèle. Le personnage de Billy ne sert, quant à lui, que comme contact entre son frère et le monde extérieur, ou lors de scènes familiales.

Non, le film entier repose plus ou moins sur la performance transformiste de Johnny Depp. Grimé à l’extrême, le beau-gosse rebelle d’Hollywood est méconnaissable. Avec sa calvitie, ses traits figés et ses yeux clairs, avec sa diction, sa violence et sa tendresse, il incarne parfaitement un personnage complexe, entre violence et amour. Il peut s’arrêter en voiture pour aider une vieille femme de son quartier à monter ses courses juste avant ou après avoir tabassé ou tué un de ses rivaux ou un allié qui a fauté.

À ses côtés, Joel Edgerton est un agent du FBI sombre et arrogant, qui se cache derrière son indic star avec des airs de maître du monde. Plus le film avance et plus sa relation avec Bulger prend de l’ampleur et plus son personnage ressemble à celui du gangster qu’il aurait aimé être. Benedict Cumberbatch est, comme toujours, juste et calibré dans sa performance. On regrette seulement que son rôle n’ait pas été plus important, car c’est toujours un plaisir que de le voir évoluer à l’écran.

Malgré sa présence éclatante dans les premières minutes du film, Jesse Plemons se contente d’un rôle secondaire, apparaissant ici ou là dans des scènes mineures. C’est malheureusement le cas pour une bonne partie du casting. Des rôles secondaires aux noms ronflants, qui ne servent que ponctuellement l’histoire. On peut citer Kevin Bacon, en supérieur peu convaincant de Connelly ; Rory Cochrane en Steve Flemmi, le bras droit de Bulger ; Dakota Johnson en concubine du criminel, qui disparaît de l’écran après la mort de leur fils ; W. Earl Brown en John Martorano, le tueur attitré du gang ; Adam Scott en agent du FBI en arrière-plan ou David Harbour en soutien de plus en plus fébrile de Connelly ; Peter Sarsgaard en truand qui se retourne contre Bulger ; Corey Stoll en procureur responsable de la chute du gangster et son allié au FBI ; Julianne Nicholson joue la femme de Connelly ; Juno Temple une prostituée liée à Martorano et que Bulger assassine sans complexe pour ne pas risquer qu’elle parle. Bill Camp, Erica McDermott, Jeremy Strong et James Russo font également des apparitions.

Malgré certains aspects négatifs, Strictly Criminal m’a plutôt plu. Je ne me suis pas ennuyé et j’ai pris du plaisir à voir évoluer Johnny Depp à l’écran. Le film n’apporte qu’une pierre de plus à l’édifice déjà bien garni du biopic de gangster et peut-être qu’il ne marquera pas le cinéma de son empreinte, mais je ne regrette pas de l’avoir vu.

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