Vu! Mindhunter, saison 2.
Séries TV / 21 août 2019

Suite au comportement de Holden, le directeur assistant du FBI est envoyé à la retraite et remplacé par Ted Gunn, qui récupère également la direction de l’unité des sciences comportementales, en laquelle il croit énormément. Conscient de la fragilité de Holden, il missionne spécifiquement Tench et Carr pour le chaperonner, mais l’une est coincée dans les bureaux pour des analyses tandis que l’autre doit faire face à une crise familiale. Dans le même temps, des enfants noirs disparaissent à Atlanta. La première saison de Mindhunter s’était révélée être un coup de cœur. Cette deuxième saison s’inscrit parfaitement dans cette lignée. En fait, en y regardant bien, Mindhunter, c’est une série HBO diffusée sur Netflix. En même temps, avec un David Fincher omniprésent sur le plateau, comment pourrait-il en être autrement ? Sans doute le réalisateur le plus propre de sa génération, il a le soucis du détail, du plan parfait, de la photographie précise. D’ailleurs, par bien des aspects, Mindhunter ressemble à son Zodiac. L’histoire prend son temps, le rythme est lent par dessein, pour ne pas se précipiter, pour bien prendre en compte tous les éléments. Ce qui n’empêche pas les épisodes d’être prenants, de passer trop vite, de…

Lu! Dans la Brume Écarlate, de Nicolas Lebel.
Romans / 22 mai 2019

Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais… Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie. Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie… J’aime beaucoup Nicolas Lebel. Par conséquent, j’aime beaucoup le capitaine Mehrlicht, ce flic au nom germanique, au vocabulaire fleuri et imagé, au caractère bien trempé et, surtout, à la face de grenouille. Depuis notre rencontre durant L’Heure des Fous, j’ai craqué pour ce petit homme…

Vu! After Life, saison 1.
Séries TV / 8 mai 2019

Lorsque sa femme meurt d’un cancer, Tony est dévasté. Il tente de se suicider, mais, incapable d’abandonner son chien, il choisit à la place de se laisser dépérir. En parallèle, et puisqu’il n’a plus peur de mourir (puisqu’il aurait même envie que ça arrive), il décide qu’il peut faire et dire tout ce qu’il veut. Ce changement d’attitude a un impact sur son entourage et les gens qu’il rencontre. Qu’à cela ne tienne, il est dorénavant là pour les punir. J’adore Ricky Gervais. Alors quand j’ai vu qu’il sortait une nouvelle série sur Netflix, je me suis jeté dessus. Dire qu’After Life est une création de Ricky Gervais est un euphémisme, puisqu’il y a tout fait ou presque. Il est scénariste, réalisateur, producteur et, évidemment, interprète principal. Son personnage de Tony ressemble un peu à Ricky Gervais lui-même, en tout cas on retrouve des similitudes avec son stand-up Humanity. À l’image des (nombreux) autres personnages de sa création, Tony est profondément humain. Je veux dire sous le sarcasme et cette envie de mettre les gens face à leur vérité. Quitte à être cash et à les blesser. After Life est une série très différente de Derek (également disponible sur Netflix),…

Lu! Né d’Aucune Femme, de Franck Bouysse.
Romans / 16 avril 2019

Le Père Gabriel reçoit à confesse une infirmière de l’ancien couvent reconverti en asile pour femmes seules. Elle lui apprend qu’il va être convoqué pour bénir le corps d’une femme. Que c’est là qu’elle a caché les cahiers de Rose. À son attention, pour garder une trace de son histoire. J’ai découvert la plume de Franck Bouysse avec son polar du terroir Plateau, qui s’était révélé être une superbe découverte. Une histoire simple, efficace, portée par une écriture à la fois brute et maîtrisée qui rendait les personnages très humains, authentiquement imparfaits. J’avais réitéré l’expérience avec Grossier le Ciel, son roman précédent, mais j’avais été un peu déçu. Surtout parce que j’avais trouvé l’histoire trop similaire, comme une version archaïque de Plateau. Pour ce nouveau roman, Franck Bouysse reste dans la campagne profonde, loin de l’agitation des grandes villes, où les hommes sont pris au piège entre le temps qui passe autrement et la nature, aussi bien celle qui leur offre de quoi survivre que la leur propre, qui alourdit les âmes. Le temps est un thème récurrent chez l’auteur. Le temps qui passe, à la fois vivant et immuable, son emprise sur l’existence. L’histoire se situe dans un passé…

Vu! Kingdom, saison 1.
Séries TV / 13 février 2019

Dans la Corée médiévale, alors que des rumeurs annoncent la mort du Roi, le prince hériter Yi-Chang est tenu à l’écart par le Ministre Cho Hak-jo et la garde royale, menée par son fils, Cho Beom-il. Seule la reine, la fille du Ministre, qui est sur le point d’accoucher du véritable héritier au trône, a accès aux appartements du Roi. Yi-Chang brave l’ordre de la reine et rend visite à son père, mais, avant de le voir, il aperçoit une silhouette monstrueuse. Il décide alors, accompagné par Mu-yeong, son fidèle garde, de quitter Hanyang pour rejoindre Jiyulheon et trouver le médecin qui s’est occupé de son père pour comprendre ce qui se passe au palais. Kingdom, est une série coréenne adaptée d’un web-comic. J’en avais entendu de bonnes critiques dès sa sortie, fin janvier, et je me suis lancé dans le visionnage sans tarder. Grand bien m’en a pris. Les Coréens (ceux du Sud en tout cas) qu’on se le dise, sont capables de produire des histoires originales et ont un goût prononcé pour mélanger horreur et politique. De tête, comme ça, j’ai envie de citer The Host et, plus récemment Dernier Train pour Busan. Il y en d’autres, évidemment,…

Lu! Les Démoniaques, de Mattias Köping.
Romans / 1 février 2019

Kimy est la fille de l’Ours. Pour ses quinze ans, son cadeau est d’être offerte à son père, son oncle et leurs amis en tant qu’objet sexuel. Quelques années plus tard, après une dernière passe, elle décide qu’elle ne fera plus la pute. Elle continuera à dealer pour son père, certes, mais plus un homme ne la touchera si elle ne l’a pas elle-même décidé. Lorsque sa route la met sur le chemin d’Henri, un professeur en pleine dépression, elle découvre une facette inédite des rapports humains. Et une opportunité d’enfin pouvoir se venger. Les Démoniaques, j’en avais entendu parlé au moment de sa sortie, fin 2016. Une claque, une bombe, une tuerie. Les superlatifs ne manquaient pas pour qualifier ce roman, le premier, de Mattias Köping. Je l’avais donc noté sur ma liste. Mais, je dois bien l’admettre, avec un léger scepticisme. Les bouquins encensés, en général, ça ne me réussit pas trop. Il y a toujours des exceptions, c’est vrai, mais elles ne sont généralement là que pour confirmer la règle. Puis, il y a quelques semaines, Le Manufacturier, le deuxième roman de Mattias Köping, est sorti. Accompagné par les mêmes superlatifs que le premier. Je me suis…

Lu! Évasion, de Benjamin Whitmer.
Romans / 18 janvier 2019

Benjamin Whitmer, je l’ai croisé, par hasard, voilà maintenant quelques années, dans les rayonnages de mon dealer de livres. J’ai vu la couverture noire ultra-sobre, de Cry Father, et j’ai laissé sa chance à cet auteur que je connaissais pas et dont je n’avais jamais entendu parler avant (et, par la même, aux Éditions Gallmeister, que je ne connaissais pas et dont je n’avais jamais entendu parler avant). C’est marrant, le hasard. J’aurais pu choisir un autre livre, ne pas voir celui-là. Mais je l’ai vu et, pour raison obscure qui restera à jamais un mystère, je l’ai choisi. Puis je l’ai lu. Et là, je suis tombé littérairement amoureux de la plume délicieusement noire de Benjamin Whitmer. J’ai dévoré Cry Father, puis je me suis rué sur Pike, son premier roman, avec autant d’excitation que d’appréhension. Est-ce que ça allait être aussi bien ? Mieux ? Décevant ? J’ai retrouvé ce que j’avais adoré dans l’un, dans l’autre. Alors quand j’ai vu cette nouvelle sortie, j’ai su que ça serait ma prochaine lecture. Bon, d’abord j’ai versé une larme pour en la mémoire des couvertures uniformément noires qui caractérisaient les publications des Éditions Gallmeister (ceci dit, la couverture d’Évasion…

Vu! La Tortue Rouge, de Michael Dudok de Wit.
Films / 8 janvier 2019

Un navigateur solitaire, pris en pleine tempête, échoue sur une île déserte. Il utilise les ressources à sa disposition pour survivre mais profite également d’une forêt de bambous pour se construire un radeau et tenter de quitter l’île. Des coups sous son embarcation disloquent son radeau et forcent le naufragé à revenir sur l’île. Après plusieurs tentatives avortées, il découvre qu’une tortue rouge s’en prend à son radeau dès qu’il essaie de fuir. Alors, quand l’occasion se présente, le naufragé attaque la tortue rouge et la retourne sur le sable pour la laisser mourir. J’avais entendu parler de ce film d’animation lors d’un des rares numéros du Cercle que j’avais regardé sur Canal (et heureusement que je n’en ai pas vu plus, sinon ça m’aurait coûté la peau des fesses), le même numéro que celui dans lequel j’avais entendu parler de Toni Erdmann et d’une comédie dramatique roumaine dont j’ai depuis oublié le titre. Cette histoire de tortue rouge était unanimement encensée par les différents journalistes pour sa simplicité, sa beauté et l’émotion qu’elle véhiculait. Je l’ai donc gardée dans un coin de ma tête, cette tortue rouge, jusqu’à ce que je la croise dans les rayonnages d’un revendeur de…

Vu! The Haunting of Hill House.
Séries TV / 17 novembre 2018

Vu! The Haunting of Hill House. Pendant les vacances de l’été 1992, les Crain installent leur famille dans un ancien manoir en forêt, pour restaurer la demeure avant de la revendre. Mais, très rapidement, plusieurs événements étranges viennent perturber leurs plans et un accident tragique pousse le père à quitter précipitamment la maison avec ses cinq enfants. Plus de vingt ans après les faits, la famille est éclatée et reste profondément marquée par ce qui s’est passé à Hill House. Chacun doit vivre en combattant ses propres démons, et il faut une nouvelle tragédie pour réunir la famille à nouveau. Pas de suspense, sur ce coup-ci : The Haunting of Hill House est un gros coup de cœur, sans doute la meilleure série que j’ai vue cette année. En tout cas, je suis heureux d’avoir écrit et publié La Maison avant de regarder The Haunting of Hill House. Et de n’avoir jamais lu le roman éponyme de Shirley Jackson dont est tiré la série (même si maintenant, j’ai très envie de le lire). Certes, mon roman diffère de la série sur de nombreux points, mais ils sont également très proches sur d’autres. Outre la maison de « rêve » à l’écart de…

Vu ! Blanche Gardin – Je parle toute seule.
Spectacle / 20 octobre 2018

Vu ! Blanche Gardin – Je parle toute seule. J’aime bien Blanche Gardin. Enfin, moi je l’appelle Blanche. Mais on s’en fout. Contrairement à beaucoup, je ne l’ai pas découverte dans le Jamel Comedy Club, même si je l’ai vue dans quelques bouts d’épisodes d’Inside Jamel Comedy Club. C’est la série Working Girls qui l’a vraiment révélée à mes yeux (tout comme Laurence Arné ou Alice Belaïdi). Au début, elle me faisait penser à une version moins fouillis d’un personnage de Marina Foïs dans les Robins des Bois. Et comme j’aimais beaucoup Marina Foïs dans les Robins des Bois, j’ai naturellement aimé Blanche et ce personnage entre angoisse, introversion et franchise. J’ai beaucoup aimé son intervention aux Molières de l’humour, tout en humour noir et en charme. Dans « Je parle toute seule », un spectacle datant de 2017 et récemment ajouté à la liste grandissante des one (wo)man shows disponibles sur Netflix, je l’ai découverte dans toute sa maturité humoristique. Et elle me fait toujours penser à Marina Foïs (dans cela aussi que plus le temps passe et plus son charme s’impose). Elle reprend naturellement le personnage qui a fait son succès, celui de la fille dépressive. Mais en moins caricatural. Ses répliques,…