Vu! Hunger, de Steve McQueen.
Films / 7 décembre 2016

Vu! Hunger, de Steve McQueen. The Maze (le Labyrinthe) est une prison militaire d’Irlande du Nord où les membres de l’IRA purgent leur peine. Les prisonniers, considérés comme de simples criminels, demandent depuis des années que soit reconnu leur statut de prisonniers politiques. Statut qui leur est systématiquement refusé par Margaret Thatcher et le gouvernement britannique. Après plusieurs tentatives pour essayer de faire bouger l’opinion publique, plusieurs membres de l’IRA, Bobby Sand en tête, décident d’entamer une grève de la faim. Steve McQueen s’est fait connaître dans les années 60 et 70 avec des rôles d’anti-héros qui ont marqué l’Histoire du cinéma. Sauf qu’évidemment, on ne doit pas Hunger au King of Cool, mais à un artiste plastique britannique Noir répondant au même nom. J’avais déjà vu, et adoré les deux autres films du talentueux réalisateur, Shame et Twelve Years a Slave. Hunger, son premier long-métrage, traînait dans ma filmothèque depuis un certain temps et je l’ai enfin visionné. Les premières minutes sont dures, l’image est crue, froide, à l’image de cette prison où sont enfermés les membres de l’IRA. On passe du point de vue d’un des gardien à celui d’un nouveau prisonnier, Davey Gillen. Comme les autres, Davey refuse…

Vu! L’Orphelinat, de Juan Antonio Bayona.
Films / 11 octobre 2016

Vu! L’Orphelinat, de Juan Antonio Bayona. Laura a passé son enfance dans un orphelinat isolé en bord de mer. Adulte, elle rachète l’endroit avec son mari et leur fils adoptif pour y ouvrir un centre s’occupant d’enfants handicapés. Simon, leur enfant, se lie rapidement avec des amis invisibles qui lui organisent des jeux de piste. Tandis que les futurs pensionnaires et leurs parents viennent découvrir les lieux, une grosse dispute éclate entre Simon et Laura. Elle le laisse bouder dans son coin, mais quand elle retourne le voir, il a disparu. L’Orphelinat avait fait beaucoup de bruit lors de sa sortie, fin 2007 (début 2008 pour la France), remportant de nombreux prix dans différents festivals. Pourtant, même s’il me tentait déjà à l’époque, je l’ai laissé de côté tout ce temps. Jusqu’à aujourd’hui. Je m’attendais à un film d’horreur avec une ambiance insidieuse, comme c’est souvent le cas quand des enfants sont impliqués. Mais dès le début, c’est l’histoire familiale qui prend le dessus. Cette mère, brillamment interprétée par Belén Rueda ; cet enfant, joué par Roger Princep ; et ce père, un peu en retrait, Carlos, joué lui par Fernando Cayo. Puis il y a ces amis invisibles, d’abord inoffensifs, mais qui font naître, petit à…

Vu! Sense8, saison 1.
Séries TV / 7 octobre 2016

Vu! Sense8, saison 1. Lorsqu’une femme se donne la mort dans une église en ruines, huit personnes se retrouvent mystérieusement liées les unes aux autres. Éparpillées aux quatre coins du monde, elles vont devoir s’entraider pour surmonter les divers épreuves qu’elles affrontent. Tandis qu’une organisation secrète les recherche. Cette production originale Netflix est due, entre autres, aux sœurs Wachowski. On sent immédiatement leur imagination débordante dans le postulat de base, avec ces huit personnages qui sont liés et peuvent intervenir dans la vie les uns des autres. Le problème, c’est que dès les premières minutes, ça sent la série télé moyenne. Et ça se confirme tout au long d’une saison très inégale. Car il y a de bons moments, de très bons moments, même, disséminés au gré des épisodes. Mais il y a aussi et surtout des longueurs, des incohérences et une progression plutôt molle. Les huit personnages, déjà, sont très déséquilibrés. Il y a ceux auxquels on s’intéresse, ceux qui nous touchent, ceux qui nous agacent et ceux qui frisent l’absurde. Riley (Tuppence Middleton, qui est très bien) a fui son Islande natale et son passé pour devenir DJ à Londres. Elle prend de l’importance au fil des épisodes…

Vu! Bates Motel, saison 2.
Séries TV / 3 septembre 2016

Vu! Bates Motel, saison 2. Norman est très affecté par le meurtre de sa professeure, Blair Watson. Obsédé par l’enquête, il n’hésite pas à fournir des pistes au shérif Romero. Il passe le reste de son temps à pratiquer la taxidermie dans la cave. L’hôtel est plein, mais ça pourrait ne pas durer avec la nouvelle rocade. Norma va tout faire pour empêcher les travaux de démarrer et peut compter sur l’aide de Christine Heldens, un membre influent de la communauté de White Pine Bay, ainsi que sur Nick Ford. Après l’assassinat de son patron, Dylan se retrouve au milieu d’une lutte de pouvoir entre les différentes familles qui s’occupent du trafic de cannabis local. Bates Motel, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le prequel, en série, du film Psycho, d’Alfred Hitchcock. Norman Bates est encore un adolescent et Norma Bates est encore en vie. Les deux personnages principaux sont le centre de Bates Motel. Leur relation est scrutée avec attention, ainsi que leurs rapports aux autres et la manière dont ils utilisent leur environnement pour se manipuler mutuellement. Bien sûr, il y a tout un tas d’autres trucs à la con, pour remplir les épisodes et instaurer un…

Vu! Rampart, de Oren Moverman.
Films / 29 juin 2016

Vu! Rampart, de Oren Moverman. Nous sommes à Los Angeles, en 1999. Dave Brown est l’archétype du flic old school. Surnommé Date Rape en raison du meurtre d’un violeur en série que la légende lui prête, il est agressif et violent, n’hésite pas à sortir sa matraque ni à tremper dans des affaires douteuses. Quand un automobiliste percute sa voiture de fonction pendant sa ronde journalière, puis essaie de s’enfuir, Dave le rattrape et le passe à tabac. La scène est filmée par un passant et relance le débat omniprésent de la violence policière, largement médiatisée dans l’affaire Rampart. Sur la sellette, Dave Brown fait ce qu’il peut pour s’en sortir. Réalisé par Oren Moverman d’après une histoire signée James Ellroy, Rampart est inspiré en partie par le scandale Rampart, qui a secoué une partie de la police anti-gang de Los Angeles au début des années 2000. Mais contrairement à Training Day, Crash ou The Shield, le film ne s’inspire pas de faits précis mais plutôt d’une ambiance générale. Woody Harrelson campe le personnage principal et apparaît dans toutes les scènes. Comme souvent (pour ne pas dire toujours), il capture l’attention avec une interprétation bluffante. Il alterne avec brio les émotions, passant…

Vu! 187 Code Meurtre, de Kevin Reynolds.
Films / 21 mai 2016

Vu! 187 Code Meurtre, de Kevin Reynolds. Trevor Garfield (Samuel L. Jackson) est professeur de biologie dans un lycée mal famé de Brooklyn. Menacé par l’un de ses élèves, il n’est pas pris au sérieux pas son administration. L’élève en question le poignarde dans le couloir du lycée peu après. Plus d’un an plus tard, Garfield est devenu professeur remplaçant en Californie. Il accepte un poste dans un lycée difficile, prêt cette fois-ci à faire face aux caïds. 187 Code Meurtre fait partie de ces (trop nombreux) films que l’on m’a conseillé il y a des années et que je n’avais pas encore pris le temps de regarder. Autant le dire tout de suite, cette réalisation de Kevin Reynolds, sortie en 1997, n’a pas très bien vieilli. Le film est assez inégal, le scénario pas toujours très cohérent et les acteurs inconstants. Sorti deux ans après Dangerous Minds, il ressemble beaucoup à son petit frère rebelle, sans être tout à fait au niveau. Sur fond de gangs, de pauvreté et de minorités ethniques, 187 Code Meurtre est bourré de clichés et flirte dangereusement avec les limites du politiquement correct si prisé à Hollywood. À part Garfield, les profs sont blancs…

Vu! Queen of Earth, d’Alex Ross Perry.
Films / 11 mai 2016

Vu! Queen of Earth, d’Alex Ross Perry. En l’espace de quelques mois, Catherine (Elisabeth Moss) a perdu son père et s’est faite larguée par son petit-ami. Le temps qu’il déménage, elle décide de partir s’isoler près d’un lac, dans la maison des parents de Virginia (Katherine Waterston), sa meilleure amie. Je n’ai pas vu Listen Up Philip, le film précédent d’Alex Ross Perry, jeune cinéaste américain. Je ne sais même pas trop pourquoi j’ai choisi ce film. Peut-être simplement son affiche intrigante ou juste mon attrait pour le cinéma indépendant américain. Car nous sommes bien ici dans un film indépendant, pas de doute. Une première scène avec le personnage de Catherine filmé de face, le visage dégoulinant de maquillage tandis qu’elle s’engueule et rompt avec son petit-ami. La rupture consommée, elle est rattrapée par Virginia, alors qu’elle déambulait mollement sur la route de la maison d’été où les deux amies se sont déjà retrouvées l’année précédente. Le film, découpé en chapitres représentant les jours de la semaine, joue sur l’effet de miroir entre les deux femmes, diamétralement opposées, et entre les deux séjours espacés d’un an, où les rôles s’inversent. Leur amitié est le thème central et est explorée comme…

Lu! L’Intérêt de l’Enfant, de Ian McEwan.
Romans / 19 avril 2016

Lu! L’Intérêt de l’Enfant, de Ian McEwan. À 59 ans, Fiona Maye est juge aux affaires familiales à la Haute Cour de Londres. Épanouie et accomplie professionnellement, elle doit sa brillante carrière à son investissement. Elle doit statuer d’urgence sur une affaire particulière, celle d’un jeune homme de 17 ans passés, atteint d’une leucémie. Sa vie est en danger, mais il refuse une transfusion sanguine qui pourrait le sauver, pour des raisons religieuses. Fiona va devoir décider s’il faut respecter sa volonté ou le sauver malgré ses convictions. Dans le même temps, Jack, son mari, se sent délaissé et lui annonce qu’il souhaite avoir une maîtresse. Ian McEwan est un écrivain reconnu, mais c’est le premier roman de lui que je lis. J’ai été attiré par le thème abordé, jusqu’où la Justice doit-elle aller pour protéger l’intérêt d’une personne ? Contre l’avis et les convictions de la personne elle-même ? Et qu’en est-il de la personne chargée de prendre cette décision ? Le sujet est très bien traité, du point de vue de la juge qui s’efforce de prendre une décision sans prendre en considération ses opinions et, surtout, sans laisser sa vie personnelle affecter son jugement. Quoi qu’elle fasse, il y…

Vu! Dans la Vallée d’Elah, de Paul Haggis.
Films / 5 avril 2016

Vu! Dans la Vallée d’Elah, de Paul Haggis. Lorsque son fils est porté déserteur, Hank Deerfeld (Tommy Lee Jones), un ancien de la police militaire, décide de mener l’enquête pour retrouver son fils. Il attire l’attention d’une officier de la police locale, Emily Sanders (Charlize Theron), qui l’aide à découvrir la vérité. Sur fond de guerre en Irak et de difficulté de réadaptation, le film explore les traumatismes de la guerre, leurs conséquences sur les soldats et leur famille. Mais également le côté politique de l’armée américaine et sa façon de se protéger des éventuels scandales qui pourraient la toucher. Quand on sait que le scénario a été inspiré par une histoire vraie (celle de Richard T. Davis), ça installe une ambiance toute particulière. Pour son second film en tant que réalisateur après Collision, le scénariste de Million Dollar Baby, de Casino Royale et plein d’autres, nous livre un film réussit, entre le policier classique et l’enquête politique. Cette réussite est cimentée par le formidable duo d’acteurs principaux formé par Tommy Lee Jones et Charlize Theron. Le premier est formidable en père déterminé, tout en retenue, mais la seconde n’est pas en reste, toujours juste dans son jeu. Dans les…

Vu! Sicario, de Denis Villeneuve.
Films / 30 mars 2016

Vu! Sicario, de Denis Villeneuve. Kate Marcer (Emily Blunt) est une jeune agent du FBI qui ne vit que pour son métier. Spécialisée dans les libérations d’otages en Arizona, elle est habituée à la violence. Après une opération qui tourne mal, elle est recrutée pour faire partie d’une équipe spéciale pour s’en prendre au chef du Cartel de Juarez. De l’autre côté de la frontière, elle va devoir remettre en question sa vision du monde et de la morale pour survivre. Nouveau film et nouvelle grande réussite pour Denis Villeneuve. Après Incendies, Prisoners et Enemy, le réalisateur canadien s’est imposé comme une valeur sûre du cinéma, avec des films aussi puissants que différents. Mais qu’importe l’histoire qu’il raconte ou le genre qu’il explore, il y a toujours cette tension latente, presque palpable. L’ambiance, c’est le point fort de Denis Villeneuve, sa capacité à plonger le spectateur dans l’action ainsi que dans la psychologie de personnages. Sicario n’est pas un jugement, une prise de parti, c’est une histoire solide racontée comme elle est, avec ses différents points de vue. La jeune agent dévouée et idéaliste, le supérieur paternel, le brutal chef d’équipe ou le mystérieux Colombien. Chacun va se révéler au fil…