Vu! L’histoire de Kalief Browder.
Documentaires / 15 décembre 2017

Vu! L’histoire de Kalief Browder. En 2010, dans le Bronx, à New York, la police arrête un jeune afro-américain, accusé d’avoir volé un sac à dos contenant une caméra, un iPod et du liquide. Kalief Browder, seize ans, se défend d’être coupable, mais est emmené néanmoins au commissariat. Selon le policier qui l’arrête, ce n’est qu’une simple formalité. Pourtant Kalief devra attendre plus de trois ans avant de rentrer chez lui. Plus de trois ans passés à Rikers Island, une des prisons les plus violentes des États-Unis, en attendant un procès qui est sans cesse repoussé. Plus de trois ans à subir la violence de ses codétenus et les sévices des gardiens. De ces trois ans, Kalief, toujours en détention provisoire, en passera plus de deux en isolement. Les procureurs lui proposeront de plaider coupable, d’avoir une peine minimale et de pouvoir rentrer chez lui. Mais Kalief refuse. Il est innocent. Netflix n’en est pas à son coup d’essai, question documentaires. Les injustices, les dysfonctionnements du système, rien n’est très nouveau. Sauf que là, on regarde la vie d’un gamin détruite par un système judiciaire aussi impitoyable qu’inhumain, basé sur une énorme injustice, l’argent. Au moment de son arrestation, Kalief…

Vu! The Keepers, saison 1.
Documentaires / 3 juin 2017

Vu! The Keepers, saison 1. Le 7 novembre 1969, Sœur Cathy Cesnik sort faire quelques courses dans la ville de Baltimore. Elle encaisse un chèque dans le but d’acheter un cadeau pour les fiançailles de sa petite sœur. Puis elle disparaît. Sa voiture est retrouvée maculée de boue le lendemain matin, garée illégalement devant l’appartement qu’elle partageait avec une amie également nonne. Son corps sera découvert, abandonné près d’une décharge à l’écart de la ville, quelques mois plus tard. Quatre jours après Cathy, une autre jeune femme, Joyce Malecki, disparaît à son tour. Son corps est retrouvé au bout de deux jours dans une réserve fédérale. Près de cinquante années plus tard, d’anciennes élèves de Cathy, des proches des victimes, des journalistes et d’autres victimes continuent de témoigner et de collecter les preuves pour découvrir qui sont les coupables des meurtres, mais aussi pour faire le jour sur une grave affaire de pédophilie remontée depuis à la surface. Après Making a Murderer, Netflix nous livre une nouvelle série documentaire captivante sur un faits divers sordide aux multiples ramifications. Une nouvelle fois, l’enquête est passionnante, mêlant témoignages, reconstitutions et rebondissements. Une nouvelle fois, la réalité dépasse la fiction. Je ne connaissais rien de cette histoire avant de…

Vu! Truth, de James Vanderbilt.
Films / 23 décembre 2016

Vu! Truth, de James Vanderbilt. En 2004, quelques mois avant l’élection présidentielle, l’équipe de journalistes d’investigation de Mary Mapes, productrice pour l’émission 60 Minutes diffusée sur CBS, enquête sur le passé militaire de George W. Bush et comment il a échappé à la guerre du Viêt Nam grâce à des magouilles politiques. Le sujet est diffusé en urgence et cause une grosse polémique. L’équipe de Mary et le présentateur vedette Dan Rather sont accusés d’avoir présenté des faux et les témoins se rétractent uns à uns alors que la campagne bat son plein. Après un Cinquième Pouvoir un peu décevant, j’avais envie de rester dans le sujet. La presse et le pouvoir, une mine d’or pour les histoires polémiques. J’avais beaucoup aimé Spotlight et je m’attendais à un film dans la même veine avec Truth. Les faits n’ont pas forcément été beaucoup documentés en France, mais ils se révèlent très intéressants. Bon, c’est peut-être parce que j’aime bien quand on dénonce les abus de pouvoir. Et là-dessus, l’adaptation du récit de Mary Mapes n’y va pas par quatre chemins. Sans jamais vraiment l’affirmer, il est évident que ce film est à charge contre l’ancien président américain. Notamment avec cet extrait…

Vu! American Sniper, de Clint Eastwood.
Films / 10 décembre 2016

Vu! American Sniper, de Clint Eastwood. Chris Kyle est élevé depuis son plus jeune âge avec l’idée qu’il ne doit pas se laisser faire. Adulte, après l’attentat de Nairobi visant des ambassades américaines, il décide de s’engager dans l’armée. Il intègre rapidement les Navy Seals en tant que sniper d’élite. Après son entraînement, il épouse Taya juste avant sa première tournée en Irak. Dès son premier séjour sur place, il se fait un nom et entame une certaine rivalité avec un sniper ennemi. Les retours au pays sont difficiles et s’il manque à sa famille, Chris est vraiment lui-même quand il est allongé derrière son fusil. Il gagne rapidement le surnom de la Légende. American Sniper est le plus grand succès (au Box-Office) de Clint Eastwood comme réalisateur. C’est aussi un film hautement polémique. Beaucoup lui reprochent d’être une propagande pour l’armée américaine. Le réalisateur pourrait toujours se ranger derrière le fait que le scénario est tiré de l’autobiographie de Chris Kyle, mais il y a beaucoup de différences entre le livre et le film. Notamment des aspects de l’histoire complètement modifiés ou inventés, tel que le sniper ennemi ou les scènes où Chris Kyle est au téléphone avec sa…

Vu! Spotlight, de Tom McCarthy.
Films / 15 octobre 2016

Vu! Spotlight, de Tom McCarthy. Au début des années 2000, le Boston Globe est en perdition. Les gens se détournent de la presse écrite pour se tourner vers l’info en direct des grandes chaînes spécialisées et d’Internet. L’arrivée de Marty Baron, le nouveau rédacteur en chef, chamboule l’organigramme de l’équipe, précédemment centrée sur des gens du cru. Il décide de recentrer l’équipe de journalistes d’investigation Spotlight sur une affaire de prêtre pédophile, sans savoir qu’ils s’apprêtent à mettre à jour un scandale de grande ampleur. Oscar du meilleur film en 2016, Spotlight se concentre sur l’enquête des journalistes et les pressions qu’ils subissent à mesure qu’ils progressent dans l’affaire. Le sujet est sensible, d’autant plus dans une ville comme Boston, où l’église tient une place importante et où les relations entre les différents pouvoirs sont très étroites. Néanmoins, l’accent n’est pas tant mis sur les pressions que subissent les journalistes, même si elles sont évoquées, que sur leur parcours pour révéler les faits qu’ils découvrent. La réalisation est très sobre, presque secondaire. Les acteurs sont donc l’outil central pour raconter l’histoire. Et de ce côté-là, Tom McCarthy peut compter sur de très bonnes performances de la part de l’ensemble, Mark Ruffalo en…

Lu! La Mésange et l’Ogresse, de Harold Cobert.
Romans / 13 septembre 2016

Lu! La Mésange et l’Ogresse, de Harold Cobert. Fin juin 2003, Michel Fourniret est arrêté en Belgique pour la tentative d’enlèvement d’une jeune fille. S’en suivra un enquête d’un an où les policiers belges chargés de l’enquête vont retracer le parcours et l’histoire d’un violeur récidiviste. Dès le début de l’enquête, les policiers soupçonnent sa femme, Monique Fourniret, d’en savoir plus qu’elle ne le dit. Mais il faudra des heures d’interrogatoires pour la faire parler. La Mésange et l’Ogresse est présenté comme un roman du réel par son auteur, Harold Cobert. L’intrigue colle au mieux aux faits avérés et à la chronologie de l’enquête. À part quelques exceptions, les propos prêtés à Monique Fourniret relèvent, comme le précise l’auteur en préambule, de la pure invention. De même, à part Michel et Monique Fourniret, tous les protagonistes ont été renommés. C’est donc dans une ambiance particulière que ce déroule ce roman. Les chapitres alternent entre les rapports d’interrogatoires de Monique Fourniret, une femme qui apparaît comme très simple et peu sûre d’elle ; le point de vue du policier en charge de l’enquête ; les pensées de Monique Fourniret ; et les enlèvements plus ou moins réussis des victimes. En plein procès Dutroux, les policiers…

Vu! 13 Hours, de Michael Bay.
Films / 2 septembre 2016

Vu! 13 Hours, de Michael Bay. En pleine crise post-Kadhafi, alors que toutes les ambassades ont été évacuées, Christopher Stevens, ambassadeur des États-Unis en Libye, décide de rester à Benghazi, la capitale du pays. Installé dans une villa très jolie quoi que fort peu protégée, il ne compte que sur ses deux gardes du corps personnels pour assurer sa sécurité. Bon, et un peu sur l’antenne secrète de la CIA située à quelques centaines de mètres de là. Le 11 septembre 2012, la villa de l’ambassadeur sera attaquée par une foule armée. Je n’aurais sans doute pas dû regarder ce film. Pas que je n’aime pas les histoires vraies de prise d’ambassade, j’ai adoré Argo. Pas que je n’aime pas John Krasinski, parce que je l’aime beaucoup. Pas que je ne sache pas apprécier un film de Michael Bay de temps en temps (mais pas trop quand même). Mais parce que tout ensemble, ça devient rapidement indigeste. J’étais curieux de voir John Krasinski dans un rôle à contre-emploi. L’ancien Jim Halpert de The Office incarne ici un ancien militaire reconverti en agent de sécurité pour base secrète de la CIA. Quelque chose ne colle pas. Il y a de l’émotion,…

Vu! Strictly Criminal, de Scott Cooper.
Films / 1 juin 2016

Vu!  Strictly Criminal, de Scott Cooper. Dans les années 70, Jimmy « Whitey » Bulger est l’un des membres fondateurs de Winter Hill, une organisation criminelle liée à la mafia irlandaise opérant dans le quartier de South Boston. Il décide de s’allier avec John Connelly, un ami d’enfance devenu agent du FBI, pour opérer en toute impunité et faire tomber ses rivaux. Adapté du récit éponyme de Dick Lehr et Gerard O’Neill, le film de Scott Cooper retrace la vie du criminel de Boston. Le tout en commençant par la fin et les témoignages de plusieurs de ses anciens associés. Le film ouvre d’ailleurs sur le visage marqué de Jesse Plemons qui lance l’histoire dans une scène intense. Les interventions extérieures permettront régulièrement de casser le rythme, de changer d’époque. Comme il est d’usage dans les films du genre, le rythme est plutôt lent et entrecoupé de scènes plus chocs, violentes. Le film s’attache à montrer différentes facettes du criminel, tour à tour chef de gang d’apparence magnanime mais impitoyable, père impliqué, fils chaleureux, voisin bienveillant, brute pure. L’histoire, on la connait déjà, tant elle a été traité au fil des années par le cinéma américain. Il suffit de changer les noms des personnages,…

Vu! Legend, Brian Helgeland.
Films / 27 mai 2016

Vu! Legend, Brian Helgeland. Londres, dans les années 60. Les jumeaux Kray, Reginald et Ronald, sont les princes officieux d’un quartier populaire. Mais l’ambition de Reggie est de dominer toute la ville. Patron d’un club branché, où les célébrités viennent côtoyer les malfrats dans une ambiance feutrée, il utilise cette façade pour couvrir ses trafics en tout genre. Il fait sortir Ron de l’hôpital psychiatrique dans lequel il a été interné pour des faits de violence grave. Associés, les deux frères élargissent leur territoire grâce à l’intimidation et la violence. Dans le même temps, Reggie tombe amoureux de Frances, la sœur de son chauffeur. Les sentiments sont partagés, mais elle a du mal à supporter la vie de gangster et demande à Reggie de se ranger. Le tout alors que la police les surveille de très près, attendant la moindre occasion pour les faire tomber. Brian Helgeland est un réalisateur que j’apprécie, avec à son actif des films comme Payback ou Chevalier. Il est également un scénariste renommé, ayant concocté les scriptes de L.A. Confidential, Complots, Mystic River, Man on Fire, Green Zone, Salt, Robin des Bois, et j’en passe. Tom Hardy est un excellent acteur. Un de ceux capable d’insuffler…

Vu! Everest, de Baltasar Kormakur.
Films / 17 février 2016

Vu! Everest, de Baltasar Kormakur. Au printemps 1996, c’est la course à l’ascension de l’Everest. Différentes compagnies commerciales permettent à de riches clients d’atteindre le plus haut sommet au monde. Mais malgré tous les préparatifs et toutes les précautions, personne n’est à l’abri du danger lorsque les éléments se déchaînent. Tout ce que je savais de ce film, au moment de le regarder, était qu’il racontait l’histoire d’une ascension de l’Everest (le titre est assez limpide en ce sens) et qu’il mettait en scène Jake Gyllenhaal. J’ignorais qu’il était basé sur des faits réels (je l’ai compris assez vite, notamment grâce à la mention « basé sur des faits réels » qui ouvre le film) et donc je ne savais pas à l’avance qui allait survivre et qui allait mourir. Librement inspiré du récit Tragédie à l’Everest (Into Thin Air : a personnal account of the Mt. Everest Disaster) de Jon Krakauer (qui avait également écrit le récit Into the Wild, adapté au cinéma par Sean Penn), publié en 1997, le film se veut au plus proche de la réalité. En préparation, les acteurs ont donc rencontré les personnes dont ils interpréteraient les rôles, ou leurs proches. Guy Cotter, qui était coordinateur…