Vu! Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence, de Roy Andersson.
Films / 10 février 2016

Vu! Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence, de Roy Andersson. Tout commence par la rencontre avec la mort. Un homme essaie d’ouvrir une bouteille de vin pendant que sa femme s’affaire en cuisine. L’effort lui déclenche une crise cardiaque et il s’effondre sur le parquet. Madame continue de s’affairer en cuisine. Puis on retrouve une fratrie au chevet de leur mère mourante, à l’hôpital ; un cours de claquettes où la prof essaie désespérément de tripoter un de ses élèves ; un duo de vendeurs de farces et attrapes dépressifs ; et d’autres. Troisième volet d’une trilogie (après « Chansons du deuxième étage » et « Nous, les vivants »), « Un pigeon perché… » est un film suédois très (très) particulier.  Au travers de près de 40 sketchs, Roy Andersson nous dépeint sa vision de l’humain. D’ailleurs, le sous-titre du film est celui-ci « Comment être un être  humain? » Le réalisateur entend nous donner sa vision du sujet à travers ces plans fixes, souvent répétitifs et très vite lassants. Je me suis laissé tenté par la promesse de voir un film différent. Je connais peu le cinéma suédois, mais j’ai pensé que s’il est aussi drôle et décalé que sa littérature, je pouvais avoir une…

Vu! Ladykillers de Joel et Ethan Coen.
Films / 14 octobre 2015

Vu! Ladykillers de Joel et Ethan Coen. Le professeur Goldthwaite H. Dorr (Tom Hanks) loue une chambre dans la maison de Madame Munson (Irma P. Hall), une veuve d’un certain âge. Sous prétexte d’un concert de musique renaissance, il investit la cave avec ses musiciens. En réalité, la fine équipe s’apprête à commettre un casse dans le casino voisin. Onzième film des Frères Coen, Ladykillers est un remake du film britannique du même nom, sorti en 1955. Avec ses personnages hauts en couleurs, le duo de talentueux réalisateurs avaient l’opportunité de faire un grand film comique. Sauf qu’en ce qui me concerne, la sauce n’a pas prise. Certes, il y a un contraste de personnages intéressant (celui de Marlon Wayans et celui de J. K. Simmons par exemple) et des répliques bien senties. Mais Tom Hanks m’a profondément ennuyé dans son rôle de professeur excentrique et le comique de répétition de Tzi Ma avec sa cigarette ou l’air benêt de Ryan Hurst n’ont pas suffi à compenser. Pourtant Ladykillers n’est pas un mauvais film et les fans des frères Coen devraient s’y retrouver puisque la patte des deux frères est omniprésente, avec notamment leur humour noir. D’habitude, j’apprécie le travail du…

(re)Vu! « Very Bad Things » de Peter Berg.
Films / 7 avril 2015

(re)Vu! « Very Bad Things » de Peter Berg. Alors que la date de son mariage avec Laura (Cameron Diaz) approche, Kyle (Jon Favreau) part célébrer son enterrement de vie de garçon à Las Vegas avec ses meilleurs amis. Mais tout ne se passe pas comme prévu et les personnalités des uns et des autres se révèlent face à la tragédie. Pour son premier long-métrage, Peter Berg (qui a depuis réalisé « Le Royaume », « Hancock » ou encore « Battleship »), s’est vu offert un sacré casting pour l’époque. Aux côtés d’une Cameron Diaz en pleine ascension (et qui tournait la même année dans « Mary à Tout Prix ») et du futur réalisateur d’Iron Man, on retrouve Christian Slater, Daniel Stern, Leland Orser, Jeremy Piven d’Entourage ou encore Jeanne Tripplehorn. Le film n’a pas vieilli, on le retrouve avec plaisir, même en sachant où il nous mène. Une fois lancée cette course contre l’inévitable, les évènements s’enchaînent en rythme, entre trash et drôle, avec les préparatifs du mariage en toile de fond et la cérémonie comme une apothéose. C’est horrible, mais on ne peut s’empêcher de rire des malheurs des personnages. Chef d’oeuvre de la comédie noire de la fin du siècle dernier, Very Bad Things pose…

Lu! Damnés, de Chuck Palahniuk.
Romans / 11 mars 2015

Lu! Damnés, de Chuck Palahniuk. Madison a 13 ans, c’est la fille d’une célèbre actrice de cinéma et d’un père producteur. Elle est grassouillette et érudit. Mais surtout, elle est morte. Arrivée en Enfer, elle rencontre des jeunes de son âge, avec qui elle parcourt le royaume des morts. Ce voyage initiatique post-life, va lui permettre de comprendre. Comprendre la vie, comprendre la mort, mais encore et surtout, se comprendre elle-même. Avec sa plume si particulière, Chuck « Fight Club » Palahniuk nous entraîne dans un Enfer déjanté, à coup de références culturelles, de touches d’humour noir décapant et de culture démoniaque indéniable. Les images sont parlantes, les situations rocambolesques et violentes. Et que dire de la morale? Avec ses personnages d’apparence stéréotypés, l’auteur nous offre un Breakfast Club infernal, premier roman d’une trilogie annoncée. En 2014, j’ai lu Snuff et Berceuse, du même auteur. J’ai apprécié les histoires, j’ai apprécié son style minimaliste et même sa façon d’être si précis sur certains éléments (qui me fait irrémédiablement penser à la descritpion de l’appartement du narrateur dans le film Fight Club). J’ai adoré Damnés, pris un véritable plaisir à le lire. J’ai ri devant ce qu’il tourne en ridicule et j’ai grincé…

Lu! Il est de retour, de Timur Vermes.
Romans / 31 décembre 2014

Lu! Il est de retour, de Timur Vermes. Roman audacieux que celui proposé par ce journaliste allemand d’origine hongroise, puisqu’il met en scène un Adolf Hitler se réveillant dans un square berlinois de nos jours. Consterné de voir l’état dans lequel se trouve son Allemagne, il cherche désespérément à reprendre son pouvoir, mais se voit cantonné à une émission comique à la télévision. Rien qu’à voir la couverture, très originale et provocatrice, j’étais sous le charme. La lecture du pitch n’a fait que confirmer cette première impression. Je me suis rapidement plongé dans cette histoire loufoque et j’ai pris beaucoup de plaisir à vivre les aventures rocambolesques du Führer. Décalé et extrêmement léger malgré son personnage principal, ce roman est un petit bijou d’humour noir.

Lu! Mon Holocauste de Tova Reich.
Romans / 5 novembre 2014

Lu! Mon Holocauste de Tova Reich. L’histoire de fond importe relativement peu. Maurice Messer est président du musée de l’Holocauste à Washington, quand son fils, Norman, dirige leur entreprise Holocauste Inc. Ils amènent des potentiels investisseurs à Auschwitz pour leur soutirer quelques billets. Ce livre tient sa force et sa portée dans sa galerie de personnages, tous hauts en couleur. On a des riches millionnaires froids et cyniques, des Palestiniens, des Israéliens, des américains, des survivants, des fils de survivants, des petit-fils de survivants et d’autres encore. Ils ont tous un point commun, leur absence de langue de bois. Tova Reich va loin dans sa satire (ce qui n’est pas si étonnant avec un nom comme Reich, déjà satirique en soi!), n’hésitant pas à tourner en ridicule la marchandisation du souvenir de l’Holocauste juif au détriment de tous les autres génocides jalonnant notre histoire. C’est sans surprise que d’autres communautés viennent demander leur part du gâteau, des Noirs aux Palestiniens en passant par les Indiens d’Amérique, les gays et d’autres encore, le tout avec une plume acerbe, incisive, qui n’a pas peur d’égratigner tout le monde au passage. Mon Holocauste n’est pas un livre à mettre entre toutes les mains, mais…