Lu! Vindicta, de Cédric Sire.
Romans / 13 août 2019

Leur plan est solide, sans risque. Il leur suffit de rentrer et de prendre l’argent. Après ce casse, leur vie va changer du tout au tout. Lui, il se retrouve au placard pour avoir fait preuve de trop de largesse avec les scellés. Il ne s’attendait certainement pas à se retrouver au centre d’une telle affaire. Et elle, elle perd tout, du jour au lendemain. J’avais entendu beaucoup de bien sur ce nouveau roman de l’ancien Sire Cédric. Pour son arrivée chez Metropolis, la très prometteuse maison d’édition 100% polar, celui que beaucoup surnomment le Stephen King français fait une entorse à son genre habituel et s’éloigne du fantastique pour signer un roman sombre et brutal. Jusque-là, je n’avais lu qu’un seul de ses romans, Avec Tes Yeux, que j’avais bien aimé. J’avais envie d’en lire un autre de lui depuis quelques temps et comme celui-ci sortait et que j’ai un goût particulier pour les Histoires de Vengeances (pun intended) je me suis laissé tenter. Et je ne regrette pas. Vindicta est un pavé, avec ses près de 600 pages, mais le rythme est soutenu, les chapitres courts et dynamiques. J’ai globalement apprécié la plume sans fioritures de l’auteur. Même…

Lu! Dans la Brume Écarlate, de Nicolas Lebel.
Romans / 22 mai 2019

Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne.. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais… Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie. Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie… J’aime beaucoup Nicolas Lebel. Par conséquent, j’aime beaucoup le capitaine Mehrlicht, ce flic au nom germanique, au vocabulaire fleuri et imagé, au caractère bien trempé et, surtout, à la face de grenouille. Depuis notre rencontre durant L’Heure des Fous, j’ai craqué pour ce petit homme…

Lu! Né d’Aucune Femme, de Franck Bouysse.
Romans / 16 avril 2019

Le Père Gabriel reçoit à confesse une infirmière de l’ancien couvent reconverti en asile pour femmes seules. Elle lui apprend qu’il va être convoqué pour bénir le corps d’une femme. Que c’est là qu’elle a caché les cahiers de Rose. À son attention, pour garder une trace de son histoire. J’ai découvert la plume de Franck Bouysse avec son polar du terroir Plateau, qui s’était révélé être une superbe découverte. Une histoire simple, efficace, portée par une écriture à la fois brute et maîtrisée qui rendait les personnages très humains, authentiquement imparfaits. J’avais réitéré l’expérience avec Grossier le Ciel, son roman précédent, mais j’avais été un peu déçu. Surtout parce que j’avais trouvé l’histoire trop similaire, comme une version archaïque de Plateau. Pour ce nouveau roman, Franck Bouysse reste dans la campagne profonde, loin de l’agitation des grandes villes, où les hommes sont pris au piège entre le temps qui passe autrement et la nature, aussi bien celle qui leur offre de quoi survivre que la leur propre, qui alourdit les âmes. Le temps est un thème récurrent chez l’auteur. Le temps qui passe, à la fois vivant et immuable, son emprise sur l’existence. L’histoire se situe dans un passé…

Lu! Inexorable, de Claire Favan.
Romans / 1 mars 2019

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer. Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père. Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils. Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable. Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage… Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants. J’ai beaucoup entendu parler de Claire Favan. Elle faisait partie de ma liste d’auteur(e)s à lire. Le Tueur Intime, puis Le Tueur de l’Ombre, Dompteur d’Anges, et j’en passe. Je voyais passer et repasser certains titres. J’ai pourtant décidé de découvrir sa plume avec sa dernière sortie, Inexorable, qui recevait tous les éloges. Malheureusement, j’ai rapidement compris que quelque chose allait clocher entre Claire et moi. Au niveau de l’écriture, surtout. Des petits détails, dans le choix des mots, parfois, dans la structure des phrases, aussi, dans les dialogues, surtout. La façon dont les informations sont fournies qui alourdit une lecture autrement plutôt fluide. Par exemple : « Avec un mouvement de recul explicite, Jean Flamand*, le benjamin de la bande, doté d’un physique potelé et de cheveux blonds, tirant sur le roux, coupés en brosse, s’étonne. »*Ce qui me fait penser qu’il y…

Lu! État de Nature, de Jean-Baptiste de Froment.
Romans / 20 février 2019

Éternel célibataire, Claude ne vit que pour le pouvoir, qu’il exerce dans l’ombre d’une présidente vieillissante. Jusqu’à ce que ses conseillers le convainquent de prend la tête du pays. Dans le même temps, dans la Douvre, Barbara, une jeune préfète charismatique, devient l’incarnation des envies de révolution des français. Je voyais ce titre passer à droite et à gauche. Ce premier roman écrit par un ancien conseiller de l’Élysée sur les coulisses du pouvoir. Normalement, la politique, c’est pas trop mon truc. Je préfère garder mes distances avec ce sport étrange, sinon ça me file de l’urticaire. Mais État de Nature récoltaient de bonnes critiques, et j’aime beaucoup les éditions Aux Forges de Vulcain, alors je me suis laissé tenter. Dès les premières pages, j’ai trouvé une écriture travaillée. Pas toujours très fluide (forcément, avec des phrases à rallonge, dans la grande tradition, même si ce n’est peut-être pas la meilleure, de la littérature française, si tant est qu’on puisse résumer la littérature française à des phrases à rallonge, truffées de virgules), mais travaillée. L’histoire oscille entre tragédie et grand guignol, avec ces jeux de manipulation pour savoir qui aura le pouvoir. Malheureusement, j’ai eu du mal à me passionner…

Lu! Sa vie dans les yeux d’une poupée, d’Ingrid Desjours.
Romans / 6 février 2019

Barbara décroche son diplôme d’esthéticienne puis, rapidement, un boulot dans un salon. Un boulot qui lui permet de prendre une certaine indépendance par rapport à une mère dominatrice et castratrice ; qui lui permet de reprendre le dessus après un viol ; qui lui permet d’envisager un avenir grâce à Sweet Doriane, la poupée qu’elle s’offre avec sa première paie et qui lui redonne espoir et confiance en elle. Marc reprend son poste de capitaine de police après un long arrêt maladie suite à un accident qui lui a coûté une jambe, de nombreuses cicatrices et qui a pris la vie de sa femme. Provocateur et misogyne, il joue chaque semaine sa vie à la roulette russe. Jusqu’à ce qu’une mystérieuse prostituée à moustache se mette à énucléer ses clients et que Marc se charge de l’affaire. Ingrid Desjours faisait partie des auteur(e)s dont j’avais entendu du bien et dont je souhaitais découvrir la plume depuis un certain temps. J’ai donc pris, lors de mon dernier passage de 2018 chez mon dealer de livres, l’un de ses romans. Pourquoi ai-je opté pour celui-là plutôt qu’Écho, Potens, Les Fauves ou un autre de ses titres ? Aucune idée. Mais une chose…

Lu! Les Démoniaques, de Mattias Köping.
Romans / 1 février 2019

Kimy est la fille de l’Ours. Pour ses quinze ans, son cadeau est d’être offerte à son père, son oncle et leurs amis en tant qu’objet sexuel. Quelques années plus tard, après une dernière passe, elle décide qu’elle ne fera plus la pute. Elle continuera à dealer pour son père, certes, mais plus un homme ne la touchera si elle ne l’a pas elle-même décidé. Lorsque sa route la met sur le chemin d’Henri, un professeur en pleine dépression, elle découvre une facette inédite des rapports humains. Et une opportunité d’enfin pouvoir se venger. Les Démoniaques, j’en avais entendu parlé au moment de sa sortie, fin 2016. Une claque, une bombe, une tuerie. Les superlatifs ne manquaient pas pour qualifier ce roman, le premier, de Mattias Köping. Je l’avais donc noté sur ma liste. Mais, je dois bien l’admettre, avec un léger scepticisme. Les bouquins encensés, en général, ça ne me réussit pas trop. Il y a toujours des exceptions, c’est vrai, mais elles ne sont généralement là que pour confirmer la règle. Puis, il y a quelques semaines, Le Manufacturier, le deuxième roman de Mattias Köping, est sorti. Accompagné par les mêmes superlatifs que le premier. Je me suis…

Lu! La Disparition, de Georges Perec.
Romans / 29 janvier 2019

Anton Voyl est frappé d’insomnies. Depuis plusieurs mois. Malgré tous les traitements tentés, rien n’y fait. Et moins il dort, plus Anton Voyl hallucine. Il voit Moby Dick, un sphinx qui somnole dans le désert, un fils perdu qui épouse sa propre mère. De jour en jour, sa santé s’aggrave. Jusqu’au jour où Anton Voyl disparaît sans laisser de trace. Son ami, Amaury Conson, met alors tout en œuvre pour retrouver son ami. J’avais entendu parler de ce roman il y a déjà de nombreuses années. pour cause, La Disparition, écrite en 1968, a été publiée en 1969. Mais je ne l’avais jamais lu. Pas encore. Pire, je n’y croyais pas vraiment. Pour moi, ce roman ressemblait à un mythe. Quelque chose que je devais lire pour croire. Car La Disparition n’est pas un roman comme les autres. C’est un lipogramme. Et pas un lipogramme d’enfant. Non, non, non. C’est LE lipogramme. imaginez un peu, s’interdire d’employer la lettre « e », la lettre la plus utilisée de la langue française pour écrire non pas une phrase ou deux (c’est déjà un challenge) mais bien une histoire entière. La Disparition, de Georges Perec, c’est 300 pages environ, sans un seul « e ». J’avais…

Lu! Six Fourmis Blanches, de Sandrine Collette.
Romans / 4 janvier 2019

Sandrine Collette. Voilà un nom que je voyais passer sur différents groupes de lecture depuis un certain temps. Et ça faisait un certain temps que je me disais qu’il fallait que je lise un de ses romans. Sandrine Collette. Voilà un nom qui sonne inoffensif, le genre de nom qu’on imagine facilement sur la couverture d’une romance à l’eau de rose ou d’un de ses romans feel good qui pullulent depuis quelques temps, comme de la mauvaise herbe littéraire (ne vous méprenez pas, je suis seulement jaloux car je suis incapable d’écrire des histoires feel good, ou alors seulement du feel good pour psychopathes…). On ne pourrait pas être plus loin de la vérité. Mais je l’ignorais encore. Je me suis laissé entraîner dans cette histoire sans rien en avoir vu d’autre que sa couverture. Je n’ai même pas retourner le bouquin pour lire la quatrième de couv’. À quoi bon, puisque j’avais déjà décidé de lire ce livre ? Autant que possible, j’aime les histoires dont je ne sais rien, qui m’emportent et me surprennent. Bon, je savais quand même que ça se passait en montagne. Et la montagne, qu’on se le dise, j’y connais rien. Enfin, presque rien….

Abandonné! Le Cri, de Nicolas Beuglet.
Romans / 26 octobre 2018

Abandonné! Le Cri, de Nicolas Beuglet. Après le suicide d’un patient dans l’hôpital psychiatrique de Gaustad, pas loin d’Oslo, l’inspectrice Sarah Geringën est appelée sur place. immédiatement, elle comprend qu’il se passe quelque chose d’étrange et qu’on ne lui dit pas tout sur le patient 488, mort avec un cri d’effroi figé sur les lèvres. Déterminée à découvrir la vérité, elle va mener l’enquête. Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins. J’ai abandonné ma lecture du Cri (le titre de l’article vous avait sans doute mis sur la voie). J’en avais pourtant entendu beaucoup de bien et l’univers psychiatrique norvégien aurait tout à fait pu m’intéresser. Peut-être que je n’aurais pas dû lire ce roman en période de correction. Car toutes les faiblesses du style faussement pompeux de l’auteur m’ont sauté aux yeux. Les phrases surchargées, le forçage des informations, les personnages incohérents et les dialogues artificiels au possible. En fait, j’ai eu l’impression de lire le premier jet d’un roman écrit par un auteur qui se libérait de son carcan de scénariste. Peut-être que l’histoire est bonne, je ne le saurai jamais. J’avais lu des commentaires disant qu’on pouvait lire Le Cri les yeux fermés, c’est…