Lu! Sa vie dans les yeux d’une poupée, d’Ingrid Desjours.
Romans / 6 février 2019

Barbara décroche son diplôme d’esthéticienne puis, rapidement, un boulot dans un salon. Un boulot qui lui permet de prendre une certaine indépendance par rapport à une mère dominatrice et castratrice ; qui lui permet de reprendre le dessus après un viol ; qui lui permet d’envisager un avenir grâce à Sweet Doriane, la poupée qu’elle s’offre avec sa première paie et qui lui redonne espoir et confiance en elle. Marc reprend son poste de capitaine de police après un long arrêt maladie suite à un accident qui lui a coûté une jambe, de nombreuses cicatrices et qui a pris la vie de sa femme. Provocateur et misogyne, il joue chaque semaine sa vie à la roulette russe. Jusqu’à ce qu’une mystérieuse prostituée à moustache se mette à énucléer ses clients et que Marc se charge de l’affaire. Ingrid Desjours faisait partie des auteur(e)s dont j’avais entendu du bien et dont je souhaitais découvrir la plume depuis un certain temps. J’ai donc pris, lors de mon dernier passage de 2018 chez mon dealer de livres, l’un de ses romans. Pourquoi ai-je opté pour celui-là plutôt qu’Écho, Potens, Les Fauves ou un autre de ses titres ? Aucune idée. Mais une chose…

Lu! Les Démoniaques, de Mattias Köping.
Romans / 1 février 2019

Kimy est la fille de l’Ours. Pour ses quinze ans, son cadeau est d’être offerte à son père, son oncle et leurs amis en tant qu’objet sexuel. Quelques années plus tard, après une dernière passe, elle décide qu’elle ne fera plus la pute. Elle continuera à dealer pour son père, certes, mais plus un homme ne la touchera si elle ne l’a pas elle-même décidé. Lorsque sa route la met sur le chemin d’Henri, un professeur en pleine dépression, elle découvre une facette inédite des rapports humains. Et une opportunité d’enfin pouvoir se venger. Les Démoniaques, j’en avais entendu parlé au moment de sa sortie, fin 2016. Une claque, une bombe, une tuerie. Les superlatifs ne manquaient pas pour qualifier ce roman, le premier, de Mattias Köping. Je l’avais donc noté sur ma liste. Mais, je dois bien l’admettre, avec un léger scepticisme. Les bouquins encensés, en général, ça ne me réussit pas trop. Il y a toujours des exceptions, c’est vrai, mais elles ne sont généralement là que pour confirmer la règle. Puis, il y a quelques semaines, Le Manufacturier, le deuxième roman de Mattias Köping, est sorti. Accompagné par les mêmes superlatifs que le premier. Je me suis…

Lu! La Disparition, de Georges Perec.
Romans / 29 janvier 2019

Anton Voyl est frappé d’insomnies. Depuis plusieurs mois. Malgré tous les traitements tentés, rien n’y fait. Et moins il dort, plus Anton Voyl hallucine. Il voit Moby Dick, un sphinx qui somnole dans le désert, un fils perdu qui épouse sa propre mère. De jour en jour, sa santé s’aggrave. Jusqu’au jour où Anton Voyl disparaît sans laisser de trace. Son ami, Amaury Conson, met alors tout en œuvre pour retrouver son ami. J’avais entendu parler de ce roman il y a déjà de nombreuses années. pour cause, La Disparition, écrite en 1968, a été publiée en 1969. Mais je ne l’avais jamais lu. Pas encore. Pire, je n’y croyais pas vraiment. Pour moi, ce roman ressemblait à un mythe. Quelque chose que je devais lire pour croire. Car La Disparition n’est pas un roman comme les autres. C’est un lipogramme. Et pas un lipogramme d’enfant. Non, non, non. C’est LE lipogramme. imaginez un peu, s’interdire d’employer la lettre « e », la lettre la plus utilisée de la langue française pour écrire non pas une phrase ou deux (c’est déjà un challenge) mais bien une histoire entière. La Disparition, de Georges Perec, c’est 300 pages environ, sans un seul « e ». J’avais…

Lu! Six Fourmis Blanches, de Sandrine Collette.
Romans / 4 janvier 2019

Sandrine Collette. Voilà un nom que je voyais passer sur différents groupes de lecture depuis un certain temps. Et ça faisait un certain temps que je me disais qu’il fallait que je lise un de ses romans. Sandrine Collette. Voilà un nom qui sonne inoffensif, le genre de nom qu’on imagine facilement sur la couverture d’une romance à l’eau de rose ou d’un de ses romans feel good qui pullulent depuis quelques temps, comme de la mauvaise herbe littéraire (ne vous méprenez pas, je suis seulement jaloux car je suis incapable d’écrire des histoires feel good, ou alors seulement du feel good pour psychopathes…). On ne pourrait pas être plus loin de la vérité. Mais je l’ignorais encore. Je me suis laissé entraîner dans cette histoire sans rien en avoir vu d’autre que sa couverture. Je n’ai même pas retourner le bouquin pour lire la quatrième de couv’. À quoi bon, puisque j’avais déjà décidé de lire ce livre ? Autant que possible, j’aime les histoires dont je ne sais rien, qui m’emportent et me surprennent. Bon, je savais quand même que ça se passait en montagne. Et la montagne, qu’on se le dise, j’y connais rien. Enfin, presque rien….

Abandonné! Le Cri, de Nicolas Beuglet.
Romans / 26 octobre 2018

Abandonné! Le Cri, de Nicolas Beuglet. Après le suicide d’un patient dans l’hôpital psychiatrique de Gaustad, pas loin d’Oslo, l’inspectrice Sarah Geringën est appelée sur place. immédiatement, elle comprend qu’il se passe quelque chose d’étrange et qu’on ne lui dit pas tout sur le patient 488, mort avec un cri d’effroi figé sur les lèvres. Déterminée à découvrir la vérité, elle va mener l’enquête. Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins. J’ai abandonné ma lecture du Cri (le titre de l’article vous avait sans doute mis sur la voie). J’en avais pourtant entendu beaucoup de bien et l’univers psychiatrique norvégien aurait tout à fait pu m’intéresser. Peut-être que je n’aurais pas dû lire ce roman en période de correction. Car toutes les faiblesses du style faussement pompeux de l’auteur m’ont sauté aux yeux. Les phrases surchargées, le forçage des informations, les personnages incohérents et les dialogues artificiels au possible. En fait, j’ai eu l’impression de lire le premier jet d’un roman écrit par un auteur qui se libérait de son carcan de scénariste. Peut-être que l’histoire est bonne, je ne le saurai jamais. J’avais lu des commentaires disant qu’on pouvait lire Le Cri les yeux fermés, c’est…

Lu! Contretemps, de Charles Marie.
Romans / 22 mai 2018

Lu! Contretemps, de Charles Marie. Melvin Epineuse se voit confier, par une société secrète, la mission de retrouver Bruno Bar, dont l’une des occupations favorites consiste à baptiser, contre leur gré, les militants anticléricaux. Pour ce faire, Melvin décide d’opérer de la même manière que lorsqu’il perd ses clefs, et donc de ne pas le chercher. Puisqu’il tombait souvent sur Bruno par hasard, il allait donc laisser le hasard mettre Bruno sur sa route. Plus tard, ceci dit, car pour l’instant il se sentait fatigué de faire des projets. Oui, plus tard il partirait pour Florence, car il avait envie d’Églises. Si vous me suivez un peu, vous savez sans doute que j’apprécie tout particulièrement les romans publiés par les éditions Aux Forges de Vulcain. Chaque année, lors de la grande messe parisienne des éditeurs, je repars avec un nouveau sésame. Cette année, c’était Contretemps, de Charles Marie. J’ai été attiré par la quatrième de couverture loufoque présentant une histoire décalée tout en excentricité. Lorsque je me suis plongé dans ma lecture, je me suis dit qu’avec moins de deux cent pages, ce roman serait avalé en un rien de temps. Ça ne s’est pas tout à fait passé comme…

Lu! L’Arménien, de Carl Pineau.
Romans / 4 mai 2018

Lu! L’Arménien, de Carl Pineau. Le 22 décembre 1989, le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé dans la forêt de Touffou, près de Nantes. À première vue, le cadavre en partie calciné, largement mutilé et ponctué de deux balles suggère une exécution. Ce qui colle avec la réputation sulfureuse du jeune homme, habitué des nuits nantaises et trafiquant d’herbe. Mais pour Bertrand, meilleur ami et mentor du jeune homme, et Françoise de Juignain, la psychiatre qui le suivait depuis son adolescence, rien n’est aussi sûr. L’inspecteur Greg Brandt, en charge de l’enquête, subit la pression de ses supérieurs pour boucler l’affaire, mais il devine quelque chose de louche et décide de retrouver le ou les assassins. J’ai rencontré Carl Pineau lors de la dernière édition du Salon du Livre de Paris, sur le stand de Librinova. Le courant est bien passé et après avoir discuter de choses et d’autres pendant une partie de la journée, nous avons décidé d’échanger un de nos ouvrages pour découvrir l’univers de l’autre. Comme à chaque fois que je décide de lire l’histoire de quelqu’un que j’apprécie, j’ai une certaine appréhension. Plus je lis et plus je suis exigeant, et les romans auto-édités mériteraient souvent d’être…

Lu! Rien ne s’oppose à la nuit, de Delphine de Vigan.
Romans / 14 mars 2018

Lu! Rien ne s’oppose à la nuit, de Delphine de Vigan. À la suite du suicide de Lucile, sa mère, Delphine de Vigan décide d’écrire sur sa vie. Sur son enfance dans une fatrie nombreuse, sur sa vie d’adulte, ses amours, ses enfants, ses faiblesses, sa maladie. Sur sa famille aussi, sur les joies, les peines, les drames, les secrets. Sur l’écriture également, la mise en place d’un tel projet et tout ce que cela implique, personnellement. J’ai découvert la plume de Delphine de Vigan avec son roman Les Heures Souterraines, qui m’a immédiatement séduit, même si ce n’est pas mon genre de prédilection. J’ai aimé l’histoire, j’ai adoré la façon de la raconter. Lorsque D’Après une Histoire Vraie est sorti, je l’ai acheté sans hésité et l’ai dévoré avec plaisir, même si j’avais percé le mystère rapidement. J’ai aimé parce qu’au-delà de l’histoire, très personnelle, je retrouvais cette plume qui m’avait tant séduit. Mais j’ai rencontré Delphine de Vigan pour la première fois au moment où tout le monde parlait d’elle, après la sortie et le succès du roman autobiographique consacré à sa mère, Rien ne s’oppose à la nuit. J’ai été marqué par la couverture sobre, cette belle…

Lu! Entre Deux Mondes, d’Olivier Norek.
Romans / 25 novembre 2017

Lu! Entre Deux Mondes, d’Olivier Norek. Adam est un flic syrien infiltré dans la police militaire pour le compte des rebelles. Redoutant d’avoir été démasqué, il organise le départ de sa femme et sa fille pour l’Europe. Il promet de les rejoindre au plus vite mais craint d’être exécuté avant d’avoir l’opportunité de partir. Finalement, une fenêtre s’ouvre et il traverse la méditerranée puis l’Italie et la France pour arriver à Calais, dans la Jungle, où il doit retrouver sa famille. Bastien est un policier français, récemment muté à Calais pour rapprocher sa femme de sa famille après le décès de son père. De sa rencontre avec Adam va naître une collaboration entre deux flics issus de deux mondes différents autour d’un meurtre dont personne à part eux ne se soucie. Olivier Norek, on ne le présente plus. Lieutenant de police judiciaire, il s’est fait connaître grâce aux aventures du capitaine Victor Coste. Si vous n’avez pas encore lu Code 93 et ses deux suites, Territoires et Surtensions, je vous encourage grandement à vous ruer sur cette trilogie captivante et implacable. Est-ce nécessaire de préciser le coup de cœur que j’ai eu pour ces trois romans ? Alors quand j’ai…

Lu! Mato Grosso, de Ian Manook.
Romans / 22 novembre 2017

Lu! Mato Grosso, de Ian Manook. Trente ans après avoir quitté le Brésil, Jacques Haret, écrivain bourlingueur, y revient pour être honoré après le succès de son roman en partie autobiographique se déroulant dans le Mato Grosso. Mais, à son arrivée à Pétropolis, dans la maison où Stefan Zweig a mis fin à ses jours, il se retrouve face à face avec son passé et comprend qu’il est tombé dans un piège. Il n’a pas été invité ici pour être honoré mais pour rendre des comptes. Débute alors un duel à mort entre un narrateur manipulateur et un personnage revanchard. Je me rendais chez mon dealer de livres habituel pour récupérer mon exemplaire du Bourbon Kid. Et puis je suis tombé (entre autres) sur cette couverture. J’ai beaucoup aimé la trilogie mongole de Ian Manook et son inspecteur au nom imprononçable, Yeruldelgger. Tellement qu’il était évident que j’allai lire ce nouveau roman. Pour avoir eu l’occasion de discuter avec le fort sympathique Ian Manook, je sais que le Brésil est un pays qui lui tient à cœur. Je ne suis donc pas surpris que sa nouvelle histoire s’y déroule. Par contre, j’ai été surpris par le changement de style. Exit…