Lu! Sukkwan Island de David Vann.
Romans / 2 janvier 2016

Lu! Sukkwan Island de David Vann. Pour se réconcilier avec son fils Roy, Jim, un dentiste divorcé avec des problèmes d’infidélité, achète une cabane sur une petite île d’Alaska. Sukkwan Island. Le but est d’y vivre avec son fils pendant toute une année, de recréer des liens, d’aller de l’avant. Sauf que voilà, tout ne se passe pas comme prévu. Les plans qui fourmillent toute la journée dans l’esprit de Jim ne se déroulent pas comme prévu. Et la nuit, il pleure en ressassant un passé qui le hante et l’obsède. Pour ce premier roman, David Vann signe un huis-clos psychologique entre un père et un fils que tout oppose. Roy a treize ans et il fait de son mieux pour soutenir son père, mais ne se sent pas les épaules pour relever un homme qu’il ne comprend pas et dont il a peur. Avec une écriture simple et efficace, l’auteur nous décrit un quotidien difficile dans un univers impitoyable. Car si l’on se retrouve plongé dans la vie d’un duo père-fils, il est un troisième personnage tout aussi important, voire encore plus. La nature. Époustouflante, implacable, elle représente tout autant une opportunité de nouveau départ qu’un danger permanent. Au-delà…

Lu! Pike de Benjamin Whitmer.
Romans / 15 décembre 2015

Lu! Pike de Benjamin Whitmer. Douglas Pike travaille dans une ville minière des Appalaches avec Rory, un jeune boxeur. Un jour, une femme vient le trouver pour lui apprendre la mort par overdose de Sarah, sa fille qu’il n’avait pas vu depuis des années, et pour lui confier la garde de Wendy, sa petite-fille de douze ans. Quand un flic corrompu, suspecté du meurtre d’un jeune noir à Cincinnati, démontre un intérêt prononcé pour Wendy, Pike décide de mener l’enquête. J’avais découvert Benjamin Whitmer avec son second roman, Cry Father, dont j’avais adoré la noirceur. C’est donc tout naturellement que j’ai eu envie de lire son premier roman. Et, comme pour Cry Father, j’ai adoré. L’auteur nous décrit un monde noir, sombre, où tout est sale, détruit, sans espoir, où la violence règne sur des personnages abîmés et où même le soleil semble terne. Souvent dur, parfois glauque, toujours noir, Pike est une histoire difficile, sur fond de drogue, de désillusions et de quête de rédemption impossible. À l’opposé du « feel good book », Pike nous entraîne dans ce que l’on pourrait surnommer « l’American Nightmare ». Et si le voyage n’est pas des plus agréables, avec ses paysages dévastés, la plume trempée…

Lu! Les loups à leur porte de Jérémy Fel.
Romans / 10 septembre 2015

Lu! Les loups à leur porte de Jérémy Fel. Tout commence par la mort d’un couple dans une ferme incendiée, au cœur d’un Kansas rural. Du fils parricide à un escort-boy en cavale en passant par une étudiante obsédée par son sujet de master, un mari trompé et d’autres, ce recueil de nouvelles nous fait voyager de San Francisco à Annecy à travers les différentes histoires qui le composent. Un personnage principal devient par la suite secondaire, un secondaire principal, le tout avec en toile de fond cette première nouvelle, qui influence toutes les autres et sert de fil rouge. La construction originale et bien pensée m’a donnée envie de lire ce premier roman. J’ai retrouvé la violence qu’on m’avait décrit en me le présentant. Clairement. Très clairement. Presque trop clairement. Une violence exacerbée, parfois justifiée mais trop souvent gratuite, qui sert de substitut à un manque de profondeur. Vous l’avez peut-être déjà compris, j’ai été déçu par « Les loups à leur porte ». Certaines idées sont bonnes, mais l’ensemble manque de travail à mes yeux. J’ai trouvé les tournures de phrases souvent pénibles, encombrées de détails mal amenés ou inutiles. L’écriture m’a semblé tellement brouillonne que je me suis même…

Lu! Cornes de Joe Hill.
Romans / 18 août 2015

Lu! Cornes de Joe Hill. Un lendemain de cuite, Ignatius Perrish se réveille et découvre que des cornes lui ont poussé sur le crâne pendant la nuit. Des cornes qui poussent tous ceux qui croisent son chemin à lui avouer leurs plus sombres secrets. Un an plus tôt, sa fiancée, Merrin, a été violée et assassinée dans les bois. Tout le monde croit Iggy coupable et pense que c’est seulement grâce à sa riche famille et la destruction des preuves matérielles qu’il s’en est sorti. Grâce au pouvoir des cornes, il va pouvoir retrouver le meurtrier de Merrin et faire justice lui-même. Mélangeant présent et passé à travers de nombreux flashbacks, le roman nous permet de reconstruire la vie d’Ig et la tragédie qui a dévastée sa vie et dont il peine à se remettre, la mort de la femme qu’il aimait. Si l’histoire apparaît étant comme assez simple (d’autant plus que personne n’est capable de cacher quoi que ce soit au personnage principal), beaucoup de zones d’ombres subsistent, des zones d’ombres qui ne sont révélées qu’au compte-gouttes et ce jusqu’à la fin du récit. J’avais déjà lu Nosfera2 du même auteur, qui ne m’avait pas complètement convaincu. Mais j’avais…

Lu! Dust de Sonja Delzongle.
Romans / 1 juillet 2015

Lu! Dust de Sonja Delzongle. Le téléphone d’Hanah Baxter sonne en pleine nuit, l’arrachant au sommeil. L’appel provient du Kenya, où le CID, personnifié par son chef, Ty Collins, a besoin de son aide. Depuis deux ans, des meurtres sont commis dans tout le pays sans que l’on ne retrouve de trace des corps. La profileuse française exilée à New-York retourne à Nairobi pour aider à arrêter le massacre. Première fois que je lis Sonja Delzongle. Je ne la connaissais pas jusqu’à ce que je tombe sur « Dust » au détour d’un présentoir de librairie. Attiré par un contexte original, le Kenya, et la promesse de trouver le « mal à l’état pur » entre les pages, j’ai donné sa chance à ce roman. Et je ne suis pas déçu, l’histoire est captivante, liant plusieurs affaires entre elles, les personnages sont attachants et les descriptions prouvent que l’auteur n’a pas choisi le Kenya par hasard. L’auteur est journaliste de formation, ce qui se retrouve dans l’écriture. Les faits sont clairs, concis, documentés. Mais il y a le revers de la médaille. Les dialogues sont parfois un peu forcés et plusieurs passages auraient mérité d’être développés pour clarifier leur apport au texte. À plusieurs…

Lu! Cry Father de Benjamin Whitmer.
Romans / 18 mai 2015

Lu! Cry Father de Benjamin Whitmer. Patterson n’arrive pas à se remettre de la mort de son fils. Il écume les zones sinistrées des États-Unis pour déblayer les décombres et fuir sa propre douleur. À l’écart du monde, dans les hauteurs perdues du Colorado, il cherche une paix élusive. Puis il rencontre Junior, le fils de son seul ami. Ils vont s’attirer, comme deux corps célestes lancés dans une course folle vers l’autodestruction. Dès les premières pages, aucun doute n’est permis, Cry Father est un roman noir. Très noir. Benjamin Whitmer nous décrit une Amérique sale et poussiéreuse, des personnages égarés et violents. Son Patterson Wells est parfaitement sombre. Incapable de se remettre de la mort de son fils. Incapable d’avancer. Il se laisse entraîner presque malgré lui dans la spirale auto-destructrice de Junior, un passeur de drogue accroc à la cocaïne et à la violence. Le tableau est sinistre au possible. La plume de l’auteur est parfaitement affûtée et ses descriptions précises. Si précises qu’on respire la poussière et qu’on a le goût métallique du sang dans la bouche. Benjamin Whitmer nous transforme en témoins d’un accident de la route que nous sommes incapables de quitter des yeux. Cry…

Lu ! Satan était un Ange, de Karine Giebel.
Romans / 16 mars 2015

Lu ! Satan était un Ange, de Karine Giebel. François, avocat à la vie bien en place, décide de tout quitter le jour où il apprend qu’il est atteint d’une tumeur au cerveau inopérable et que son espérance de vie est très réduite. Sur la route, il prend en auto-stop Paul, un jeune homme. Très vite, ils se lient d’amitié. Plus que ça, même, une relation presque filiale. Mais Paul n’est pas un jeune homme comme les autres, il a un passé. Un passé qui se dessine rapidement dans le rétroviseur. Avec ce roman, je découvre Karine Giébel. Le titre m’a attiré, la couverture également. Je n’ai pas lu la quatrième de couverture (comme à mon habitude) et je me suis lancé directement dans la lecture. La première chose qui m’a frappée, c’est l’écriture extrêmement épurée. Très peu de descriptions, de fioritures, tout est fait pour nous transmettre le sentiment d’urgence qui habitent ces deux personnages que tout oppose et que le hasard fait se trouver. Au début, j’ai eu un peu de mal, j’avais presque l’impression qu’Amélie Nothomb avait signé un polar sous un pseudonyme. Mais je me suis rapidement fait au style et me suis laissé porté par…

Lu! Damnés, de Chuck Palahniuk.
Romans / 11 mars 2015

Lu! Damnés, de Chuck Palahniuk. Madison a 13 ans, c’est la fille d’une célèbre actrice de cinéma et d’un père producteur. Elle est grassouillette et érudit. Mais surtout, elle est morte. Arrivée en Enfer, elle rencontre des jeunes de son âge, avec qui elle parcourt le royaume des morts. Ce voyage initiatique post-life, va lui permettre de comprendre. Comprendre la vie, comprendre la mort, mais encore et surtout, se comprendre elle-même. Avec sa plume si particulière, Chuck « Fight Club » Palahniuk nous entraîne dans un Enfer déjanté, à coup de références culturelles, de touches d’humour noir décapant et de culture démoniaque indéniable. Les images sont parlantes, les situations rocambolesques et violentes. Et que dire de la morale? Avec ses personnages d’apparence stéréotypés, l’auteur nous offre un Breakfast Club infernal, premier roman d’une trilogie annoncée. En 2014, j’ai lu Snuff et Berceuse, du même auteur. J’ai apprécié les histoires, j’ai apprécié son style minimaliste et même sa façon d’être si précis sur certains éléments (qui me fait irrémédiablement penser à la descritpion de l’appartement du narrateur dans le film Fight Club). J’ai adoré Damnés, pris un véritable plaisir à le lire. J’ai ri devant ce qu’il tourne en ridicule et j’ai grincé…

Lu! Que ta volonté soit faite, de Maxime Chattam.
Romans / 12 janvier 2015

Lu! Que ta volonté soit faite, de Maxime Chattam. Dans la petite bourgade de Carson Mills, Jon Petersen naît dans le sang. Élevé par une grand-père très sévère, il se construit dans la violence. Gamin, il évacue le stress en détruisant des fourmilières et en grandissant, il conserve cette passion pour la destruction de l’autre et incarne le Mal. J’attendais ce roman pour bien commencer l’année avec un de mes auteurs préférés. Dès les premières pages, on sent le travail d’écriture avec une prose imagée proche de la poésie. C’est noir, c’est dur. Carson Mills ressemble effectivement, comme j’ai pu l’entendre ici ou là, à une ville sortie de l’univers de Stephen King, un endroit à l’écart du temps et du monde. J’ai aussi retrouvé un peu de la pauvreté sociale dépeinte dans « Le diable, tout le temps » de Donald Ray Pollock. Tous les ingrédients étaient donc réunis pour faire de ce livre une grande réussite. Et pourtant je suis déçu. Même s’il y a des choses très bien (comme le choix du personnage principal), je me suis vite lassé des images qui pullulent tout au long au roman et, j’ai trouvé l’enquête du shérif pour le moins bâclée. Arrivé à…