Lu! Les Catilinaires d’Amélie Nothomb.
Romans / 24 décembre 2015

Lu! Les Catilinaires d’Amélie Nothomb. Emile, un professeur de grec à la retraite, emménage avec Juliette, sa femme, dans la Maison. Une demeure parfaite, à l’écart d’un village et où ils pourront couler des jours heureux, loin de l’effervescence de la ville. Mais c’est sans compter sur Palamède Bernardin, leur seul voisin, qui s’invite invariablement chez eux, tous les jours de 16 à 18 heures. J’ai du mal à définir ce roman. Plein d’humour (parfois très grinçant, notamment dans la description de Bernadette Bernardin, la femme du voisin, décrite comme un kyste avec des tentacules à la place des bras) et de références philosophiques (comme le suggère le titre) ; léger par moments, plus profonds par d’autres, « Les Catilinaires » nous entraîne dans le quotidien de ce couple fusionnel à la recherche d’une retraite paisible que vient perturber ce voisin imposant. Trouveront-ils le moyen de comprendre la raison de la venue du voisin ? Finiront-ils par s’en débarrasser ? Comment ? L’auteure n’hésite pas à provoquer, à penser au-delà du socialement acceptable et du politiquement correct, le tout dans son style particulier. Les descriptions sont limitées à l’essentiel, les dialogues ont une place omniprésente et le personnage principal doit puiser dans…

Lu! Pike de Benjamin Whitmer.
Romans / 15 décembre 2015

Lu! Pike de Benjamin Whitmer. Douglas Pike travaille dans une ville minière des Appalaches avec Rory, un jeune boxeur. Un jour, une femme vient le trouver pour lui apprendre la mort par overdose de Sarah, sa fille qu’il n’avait pas vu depuis des années, et pour lui confier la garde de Wendy, sa petite-fille de douze ans. Quand un flic corrompu, suspecté du meurtre d’un jeune noir à Cincinnati, démontre un intérêt prononcé pour Wendy, Pike décide de mener l’enquête. J’avais découvert Benjamin Whitmer avec son second roman, Cry Father, dont j’avais adoré la noirceur. C’est donc tout naturellement que j’ai eu envie de lire son premier roman. Et, comme pour Cry Father, j’ai adoré. L’auteur nous décrit un monde noir, sombre, où tout est sale, détruit, sans espoir, où la violence règne sur des personnages abîmés et où même le soleil semble terne. Souvent dur, parfois glauque, toujours noir, Pike est une histoire difficile, sur fond de drogue, de désillusions et de quête de rédemption impossible. À l’opposé du « feel good book », Pike nous entraîne dans ce que l’on pourrait surnommer « l’American Nightmare ». Et si le voyage n’est pas des plus agréables, avec ses paysages dévastés, la plume trempée…

Lu! Le Pape, le Kid et l’Iroquois d’Anonyme.
Romans / 9 décembre 2015

Lu! Le Pape, le Kid et l’Iroquois, d’Anonyme. Lorsque l’Iroquois menace de tuer le Pape, le Bourbon Kid, Rodeo Rex et Elvis sont appelés à la rescousse pour empêcher le massacre. Découvert dans le désormais cultissime « Livre sans nom », le personnage du Bourbon Kid, ce tueur en série impitoyable que le bourbon rend invincible (et qui allume ses clopes sans briquet), nous revient dans cette nouvelle aventure. Ceux qui pensaient qu’après le « Livre sans nom », « L’œil de la lune », « Le cimetière du diable » et « Le livre de la mort », Anonymous s’était lassé de son personnage fétiche s’étaient trompés. Certes, il nous a entraîné loin de Santa Mondega pour la ville de B Movie Hell dans Psycho Killer, et nous a présenté un nouveau tueur psychopathe en la personne de l’Iroquois, un homme en veste de cuir rouge et au masque d’Halloween surmonté d’une crête. Mais c’était pour mieux revenir à son héros charismatique. La preuve avec ce sixième roman, qui réunis les deux univers dans une seule et même histoire. Au menu, les mêmes ingrédients qui ont déjà fait le succès de la saga. Des personnages hauts en couleurs, des références pop, des dialogues percutants et, surtout, des litres d’hémoglobine!…

Lu! Re-vive l’Empereur! de Romain Puértolas.
Romans / 19 novembre 2015

Lu! Re-vive l’Empereur! de Romain Puértolas. Dans la mer du Nord, un chalutier norvégien repêche deux énormes glaçons contenant les corps parfaitement conservés de Napoléon Bonaparte et sa monture Vizir. Dès son retour au pays, l’Empereur des français se met au courant de l’actualité et notamment de l’attentat terroriste perpétré par des djihadistes contre le journal satirique « l’Hebdo des Charlots ». Il n’en faut pas plus pour que Napoléon parte en guerre pour la France. Romain Puértolas est un auteur que j’apprécie beaucoup. Je l’ai découvert avec l’extraordinaire histoire de son fakir voyageur et l’avait retrouvé avec plaisir pour un nouveau voyage extraordinaire avec « La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel ». Cette fois-ci,c’est dans le temps que l’on voyage, avec le retour à la vie de Napoléon près de deux siècles après sa supposée mort. Le pitch m’a fait pensé à « Il est de retour » de Timur Vermes. Le ton est beaucoup plus léger. Presque trop, parfois, en comparaison à des séquences plus sérieuses, distillées au compte-goutte. C’est difficile de parler d’un roman qui traite de faits d’actualités récents dans le contexte actuel. Je ne m’attarderais donc pas sur la mission que s’est donné Napoléon…

Lu! Revival de Stephen King
Romans / 27 octobre 2015

Lu! Revival de Stephen King. En 1962, alors qu’il est âgé de six ans, Jamie Morton fait la rencontre de Charles Jacobs, le nouveau pasteur de la petite ville de Harlow, dans la Maine. Ni l’un ni l’autre n’imagine alors qu’ils resteront liés toute leur vie. Nouveau roman en date de Stephen King, Revival était présenté comme le retour aux sources du maître de l’horreur. Ce n’est pourtant pas cet aspect qui m’a marqué dans ce texte. Il y en a bien quelques pincées, ci et là, mais Revival n’est pas un roman d’horreur. Comme c’est souvent le cas chez Stephen King, les personnages sont très travaillés, notamment le narrateur, Jamie Morton, que l’on voit traverser la vie au fil de son récit. On apprend à connaître ses parents, ses frères, sa soeur, sa première petite amie, ses passions et ses vices. Comme c’est souvent le cas chez Stephen King, les personnages ne sont pas lisses, ils se construisent sur leurs traumatismes et sont abimés par la vie. Les fans apprécieront sans doute les références aux autres oeuvres de l’auteur, en particulier Joyland. L’histoire en elle-même est presque anecdotique. Stephen King est un conteur hors paire, capable de capté l’attention…

Lu! Quand le diable sortit de la salle de bain de Sophie Divry.
Romans / 19 octobre 2015

Lu! Quand le diable sortit de la salle de bain de Sophie Divry. Sophie, trentenaire et chômeuse de longue durée, nous raconte son quotidien. À mesure que son compte en banque fond comme neige au soleil, manger devient un luxe et tous les moyens sont bons pour trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Le tout pendant que son ami Hector cherche à coucher avec sa voisine, quitte a pactiser avec le diable et que sa famille fait de son mieux pour ne pas lui demander comment elle s’en sort. J’étais curieux de découvrir ce roman, mis en avant dans les Talents Cultura de la dernière rentrée littéraire. On m’avait prévenu que l’auteure s’était fait plaisir et avait pris énormément de libertés. Il y a des personnages qui interviennent sans être présents dans les scènes, ceux qui s’immiscent dans le texte contre la volonté de la narratrice. Il y a des listes à rallonges, des digressions, des néologismes et d’autres effets de styles créatifs. Car créatif, ce roman l’est sans aucun doute. Barré, même. Complètement déliré sur certains points. Et pendant un temps, c’est très agréable, très rafraîchissant. Puis ça part dans tous les sens sans vraiment aller…

Lu! Criminal Loft de Armelle Carbonel.
Romans / 12 octobre 2015

Lu! Criminal Loft de Armelle Carbonel. Dans le célèbre sanatorium de Waverly Hills, le lieu réputé le plus hanté des USA, huit condamnés à mort jouent leur vie. Sélectionnés pour participer à une émission de télé-réalité, ils vont évoluer sous l’œil des caméras pour le plus grand plaisir du public. Chaque semaine, un candidat sera éliminé et retournera dans le couloir de la mort, quand le vainqueur remportera sa liberté. Mais avec huit psychopathes enfermés au même endroit, tout ne se passe pas comme prévu. Le postulat de départ est des plus intéressants, une émission de télé-réalité mettant en scène des tueurs et des violeurs. Nul doute que si un producteur avait le cran (et qu’on le laisserait faire), les téléspectateurs seraient au rendez-vous. L’histoire nous est narrée par John T., condamné pour avoir torturé et tué 25 femmes. Ancien psychiatre mais toujours sociopathe, c’est lui qui nous guide dans les couloirs sombres de cet endroit de perdition, où les tuberculeux étaient entassés pour mourir dans la première partie du 20ème siècle. L’auteure nous met dans la peau de ce personnage, auquel on s’attache par moments, avant qu’il ne nous rappelle sa perversion. C’est un trait que j’ai apprécié. J’aime…

Lu! D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan.
Romans / 7 octobre 2015

Lu! D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan. Suite au succès formidable de « Rien ne s’oppose à la nuit », Delphine de Vigan a énormément de mal à se remettre à l’écriture. Elle a bien quelques projets en cours, mais elle est surtout confrontée aux attentes de ses lecteurs et de son entourage, avec la question qui revient sans cesse : qu’est-ce qu’elle peut faire, après ça? Après une longue séance de dédicaces au Salon du Livre de Paris, elle est exténuée et n’aspire qu’à retrouver la quiétude solitaire de son appartement. Une lectrice de dernière minute lui demande de signer son exemplaire, mais elle refuse sèchement. Elle s’en veut d’être cette femme-là et quand son amie Nathalie lui propose d’aller à une fête, elle accepte pour se changer les idées. C’est là qu’elle rencontrera L. Une complicité s’installe immédiatement entre les deux femmes, une amitié exclusive, fusionnelle. L. représente la femme que Delphine aurait aimé être, belle, sophistiquée, sûre d’elle. Et L. est là quand Delphine commence à buter contre la page blanche, que le simple fait de tenir un stylo ou d’allumer son ordinateur devient une torture. Quand l’écrivain qu’elle est se trouve incapable d’écrire quoi que ce…

Lu! La Maladroite d’Alexandre Seurat.
Romans / 1 octobre 2015

Lu! La Maladroite d’Alexandre Seurat. À travers des monologues de ses proches, ce texte nous fait revivre la vie tragique de la petite Diana, victime de maltraitance de la part de ses parents. Largement inspiré d’un fait divers récent (l’affaire Marina), ce roman ne ressemble pas vraiment à un roman. C’est en fait une succession de témoignages de personnes ayant côtoyé la fillette. De sa grand-mère à sa tante, qui ont tiré en premier la sonnette d’alarme, à ses instituteurs et directrices d’école, qui ont lancé la procédure officiel, en passant par les gendarmes qui l’ont entendue. Chacun parle de sa rencontre avec Diana, sa façon d’être effacée en permanence, les marques sur son corps, les rapports avec ses parents, leur comportement manipulateur. À travers cette histoire, « La maladroite » évoque un système social lent et peu efficace, une machine lourde et difficile à mettre en branle. Sans jamais avoir directement la parole, les parents sont omniprésents, toujours propres sur eux, polis et souriants, toujours pleins de bonnes excuses, comme s’ils n’avaient rien à se reprocher. Le texte est très court, un peu plus d’une centaine de pages, à l’image de la vie de cette enfant tuée par ceux qui devaient…

Lu! L’innocence des bourreaux de Barbara Abel.
Romans / 14 septembre 2015

Lu! L’innocence des bourreaux de Barbara Abel. Dans une supérette de quartier, différentes personnes font leurs courses. C’est un jour comme un autre, jusqu’à ce que débarque un homme cagoulé armé d’un revolver. Je ne connaissais pas cette auteure, mais le résumé m’a tenté. J’aime les histoires de personnes ordinaires qui se retrouvent confrontées à l’extraordinaire. Dès les premières pages, j’ai été agréablement surpris par la qualité de l’écriture, que j’ai trouvé très soignée. Dans nombre de thrillers, l’action prédomine, les phrases sont courtes, percutantes. Pas ici. Barbara Abel prend son temps pour décrire chaque personnage, leur donner une identité, dessiner leur caractère. Aucun est lisse. Tous ont un passé, une raison qui les pousse à être là, à agir et réagir comme ils le font. Et, au fil des pages, tous deviennent attachants, du bourreau aux victimes, des victimes aux bourreaux. Je suis facilement entré dans l’histoire, j’ai tourné les pages avec l’envie de mieux comprendre et, surtout, de savoir si qui allait se passer ensuite, comment cette histoire allait finir. Pour une première, je ne suis pas déçu. Il ne fait aucun doute que je lirai d’autres romans de Barbara Abel.