Vu! Il est de Retour, de David Wnendt.
Films / 29 avril 2016

Vu! Il est de Retour, de David Wnendt. 70 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Adolf Hitler se réveille dans un parc berlinois situé proche du mémorial de l’Holocauste. Consterné par l’état dans lequel se trouve l’Allemagne, il s’évertue de reprendre les choses en main. Rapidement repéré par un jeune réalisateur qui le prend pour un comique provocateur plus vrai que nature, Adolf Hitler se retrouve propulsé à la télévision. Il est de Retour est l’adaptation du roman éponyme de Timur Vermes, sorti en 2012 (2014 pour la version française). J’avais lu le roman peu après sa sortie en France, et je l’avais beaucoup aimé. Replacer un Hitler plus vrai que nature dans le monde moderne rendait le personnage grotesque. L’homme le plus détesté de l’Histoire en devenait drôle et même touchant, tant il était décalage avec son (nouveau) temps et paraissait même inoffensif. Le film commence comme le livre, avec le réveil d’Hitler de nos jours. Mais le ton m’a très vite frappé comme étant beaucoup moins léger que le roman. Ici, c’est une satire intelligente et pernicieuse. De nombreuses scènes rappellent l’excellent Borat, avec des interactions entre Hitler et les passants dans la rue, ce qui crée plusieurs…

Vu! Thank You For Smoking, de Jason Reitman.
Films / 13 avril 2016

Vu! Thank You For Smoking, de Jason Reitman. Nick Naylor (Aaron Eckhart) est un communiquant talentueux. Porte-parole de Big Tobacco, il représente les plus grandes marques de cigarettes américaines et tente de redorer leur blason auprès du public. De talk-shows aux classes d’élèves, en passant par des interviews ou des entretiens avec des producteurs hollywoodiens, et jusqu’à une convocation devant le Sénat, il n’aura de cesse de trouver les bons arguments pour faire mouche. Mais à toujours être sur le fil du rasoir, on prend le risque de se couper. Premier film de Jason Reitman (qui a depuis réalisé, notamment Juno, In The Air ou Young Adult), Thank You For Smoking rassemble déjà les codes qui deviendront la marque de fabrique du fils d’Ivan Reitman, à savoir un sujet sensible, une approche satirique et des personnages attachants. Car si Nick Naylor représente le Mal en la personne des vendeurs de cigarettes, il n’en est pas moins sympathique et même charmant. Preuve en est la première scène du film. Invité dans le talk-show de Joan Lunden et face à un jeune garçon atteint d’un cancer en phase terminale, il arrive non seulement à éviter d’être lynché mais fini en plus acclamé par le…

Vu! Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence, de Roy Andersson.
Films / 10 février 2016

Vu! Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l’existence, de Roy Andersson. Tout commence par la rencontre avec la mort. Un homme essaie d’ouvrir une bouteille de vin pendant que sa femme s’affaire en cuisine. L’effort lui déclenche une crise cardiaque et il s’effondre sur le parquet. Madame continue de s’affairer en cuisine. Puis on retrouve une fratrie au chevet de leur mère mourante, à l’hôpital ; un cours de claquettes où la prof essaie désespérément de tripoter un de ses élèves ; un duo de vendeurs de farces et attrapes dépressifs ; et d’autres. Troisième volet d’une trilogie (après « Chansons du deuxième étage » et « Nous, les vivants »), « Un pigeon perché… » est un film suédois très (très) particulier.  Au travers de près de 40 sketchs, Roy Andersson nous dépeint sa vision de l’humain. D’ailleurs, le sous-titre du film est celui-ci « Comment être un être  humain? » Le réalisateur entend nous donner sa vision du sujet à travers ces plans fixes, souvent répétitifs et très vite lassants. Je me suis laissé tenté par la promesse de voir un film différent. Je connais peu le cinéma suédois, mais j’ai pensé que s’il est aussi drôle et décalé que sa littérature, je pouvais avoir une…

Lu! Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés, de Arto Paasilinna.
Romans / 12 mai 2015

Lu! Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés, de Arto Paasilinna. Surunen est un professeur de langue dans une université finlandaise. Il est aussi membre d’Amnesty International, et décide, un beau jour, de partir à l’autre bout du monde, dans un petit pays d’Amérique Centrale nommé le Macabraguay, pour y sauver un prisonnier politique qu’il paraine va l’association humanitaire. Ce sera là le début d’aventures rocambolesques qui lui feront parcourir le monde pour combattre la dictature, sous toutes ses formes. J’ai pris ce roman sur un coup de tête après avoir jeté un coup d’oeil à la couverture. J’ai découvert une partie de l’univers du romancier finlandais en même temps que son statut d’écrivain culte. Le roman date de 1986 et fait partie du petit tiers de sa bibliographie qui a été traduite et publiée en France. L’action, logiquement, se situe donc au début des années 80. Autrement dit, à une autre époque. Mais qu’à cela ne tienne. L’écriture est tellement simple et fluide que la période pendant laquelle se déroule l’action importe peu. Et puis, de toute façon, ce n’est pas ici un roman d’espionnage auquel nous avons affaire, mais une farce. Une farce satirique. Et Paasilinna n’y va pas…

Vu! Veep, Saison 1 et 2.
Séries TV / 17 avril 2015

Vu! Veep, Saison 1 et 2. La série créée par Armando Iannucci se déroule au cœur de la Maison Blanche, où l’on suit les aventures politiques de Selina Meyer (Julia Louis-Dreyfus), Vice-Présidente des États-Unis, et de son cabinet. Après avoir perdu les primaires et devant se contenter de ce poste au rabais, la Veep doit composer avec la réalité d’un monde politique impitoyable. Évidemment, la série est une satire, avec un humour décapant, toujours bien trouvé. Julia Louis-Dreyfus incarne à merveille ce personnage qui oscille parfaitement entre cynisme et ridicule. Et l’ancienne Elaine de Seinfeld peut compter sur une équipe de choc pour l’épauler dans sa mission pour nous faire rire. Citons Tony Hale (de l’excellente Arrested Development) ou Anna Chlumsky, parmi un casting formidable qui remplit son rôle à merveille. Veep est une série comique caustique, qui se regarde avec un plaisir jouissif. Les saisons (8 épisodes de 27 minutes pour la première saison puis 10 épisodes dans le même format pour les suivantes) se dévorent littéralement et on en redemande! Pour ceux qui ne connaissent pas encore, Veep est à découvrir de toute urgence!

Lu! Damnés, de Chuck Palahniuk.
Romans / 11 mars 2015

Lu! Damnés, de Chuck Palahniuk. Madison a 13 ans, c’est la fille d’une célèbre actrice de cinéma et d’un père producteur. Elle est grassouillette et érudit. Mais surtout, elle est morte. Arrivée en Enfer, elle rencontre des jeunes de son âge, avec qui elle parcourt le royaume des morts. Ce voyage initiatique post-life, va lui permettre de comprendre. Comprendre la vie, comprendre la mort, mais encore et surtout, se comprendre elle-même. Avec sa plume si particulière, Chuck « Fight Club » Palahniuk nous entraîne dans un Enfer déjanté, à coup de références culturelles, de touches d’humour noir décapant et de culture démoniaque indéniable. Les images sont parlantes, les situations rocambolesques et violentes. Et que dire de la morale? Avec ses personnages d’apparence stéréotypés, l’auteur nous offre un Breakfast Club infernal, premier roman d’une trilogie annoncée. En 2014, j’ai lu Snuff et Berceuse, du même auteur. J’ai apprécié les histoires, j’ai apprécié son style minimaliste et même sa façon d’être si précis sur certains éléments (qui me fait irrémédiablement penser à la descritpion de l’appartement du narrateur dans le film Fight Club). J’ai adoré Damnés, pris un véritable plaisir à le lire. J’ai ri devant ce qu’il tourne en ridicule et j’ai grincé…

Lu! Mon Holocauste de Tova Reich.
Romans / 5 novembre 2014

Lu! Mon Holocauste de Tova Reich. L’histoire de fond importe relativement peu. Maurice Messer est président du musée de l’Holocauste à Washington, quand son fils, Norman, dirige leur entreprise Holocauste Inc. Ils amènent des potentiels investisseurs à Auschwitz pour leur soutirer quelques billets. Ce livre tient sa force et sa portée dans sa galerie de personnages, tous hauts en couleur. On a des riches millionnaires froids et cyniques, des Palestiniens, des Israéliens, des américains, des survivants, des fils de survivants, des petit-fils de survivants et d’autres encore. Ils ont tous un point commun, leur absence de langue de bois. Tova Reich va loin dans sa satire (ce qui n’est pas si étonnant avec un nom comme Reich, déjà satirique en soi!), n’hésitant pas à tourner en ridicule la marchandisation du souvenir de l’Holocauste juif au détriment de tous les autres génocides jalonnant notre histoire. C’est sans surprise que d’autres communautés viennent demander leur part du gâteau, des Noirs aux Palestiniens en passant par les Indiens d’Amérique, les gays et d’autres encore, le tout avec une plume acerbe, incisive, qui n’a pas peur d’égratigner tout le monde au passage. Mon Holocauste n’est pas un livre à mettre entre toutes les mains, mais…