Vu! The Big Short, d’Adam McKay.

8 mai 2016

Vu! The Big Short, d’Adam McKay.

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Michael Burry (Christian Bale) est un excentrique à tendance Asperger affublé d’un œil de verre. Ancien neurochirurgien devenu analyste financier, il arpente, pieds nus et métal à fond, son bureau à la recherche de failles dans le système financier. Avant tout le monde, il découvre que les subprimes, ces prêts très accessibles avec des taux d’apparences très faibles, sont en réalité des bombes à retardement. Tout le monde pense le système infaillible mais lui décide de miser contre la banque, persuadé que ce n’est qu’une question de temps avant que tout s’effondre et qu’il n’empoche le pactole. Sûrs d’eux, les banques acceptent avec joie de prendre son argent. Jared Vennett (Ryan Gosling) a vent de cette affaire et décide d’enquêter à son tour. En s’apercevant que Burry a raison, il contacte Mark Baum (Steve Carell), à la tête d’un fond spéculatif propre et indépendant, pour le mettre dans la combine. Plus encore que de faire de l’argent sur le dos du système, Mark Baum espère dénoncer la fraude massive qui régit l’économie américaine et punir les responsables. Charlie Geller (John Magaro) et Jamie Shipley (Finn Wittrock), deux jeunes investisseurs partis de rien, entendent parler par hasard des arguments de Jared Vennett et entrent à leur tour dans la danse, épaulés par Ben Rickert (Brad Pitt), un ancien trader repenti. Tous n’attendent plus qu’une chose : l’effondrement du système.

Voyez ce résumé ? Ça vous donne une petite idée de la complexité de ce film. Et encore, vous pouvez vous estimer heureux que je n’ai pas parlé des MBS, CDS, CDO ou autres termes financiers qui pullulent dans ce film. Je laisse le soin de le faire à Margot Robbie depuis son bain, ou à Selena Gomez depuis sa table de blackjack.

Réalisé par Adam McKay, à qui l’on doit le diptyque sur Ron Burgundy, Ricky Bobby, Frangins Malgré Eux ou encore Very Bad Cops, The Big Short n’a rien de la comédie potache. Il y a bien des répliques qui font mouches, des attitudes qui prêtent à sourire, mais l’escroquerie dénoncée est tellement affligeante que ça ne donne pas envie de rire.

Même si j’ai eu un peu de mal à suivre tous les détails (n’est pas analyste financier qui veut), j’ai compris l’essentiel : les banques nous ont menés par le bout du nez pour s’enrichir sur notre dos. Rien de neuf, vous me direz. Certes, mais ça n’en est pas moins révoltant. La seule chose qui l’est encore plus, c’est que tout le monde le sache (on en fait même un film avec Brad Pitt!) mais que les choses continuent encore, aujourd’hui, sous un autre nom.

Mais ceci n’est pas (contrairement aux apparences) un pamphlet engagé. Revenons donc au film. Adapté du livre du même nom, de Michael Lewis (qui avait déjà écrit deux autres livres ayant donné lieu à des adaptations cinématographiques, les très bons Moneyball et The Blind Side), The Big Short est un mélange entre un reportage à la Michael Moore, destiné à dénoncer des malversations criminelles et un thriller financier peuplé de personnages atypiques, le tout entrecoupé d’images extraites de l’actualité de l’époque.

Christian Bale est époustouflant dans son rôle, complètement habité par son personnage. Tout comme Steve Carell, dont la palette d’acteur ne cesse de s’élargir de film en film. Ryan Gosling est tout aussi bon en trader agressif et Brad Pitt en repenti. En fait, c’est simple, au-delà des quatre stars affichées sur la jaquette, tout le casting est au top niveau. John Margaro, Finn Wittrock, Marisa Tomei, Rafe Spall, Hamish Linklater, Jeremy Strong, Melissa Leo, Tracy Lets, Karen Gillan, Max Greenfield, Margot Robbie, Selena Gomez et les autres. Qu’ils aient des rôles importants, secondaires ou de simples apparitions, ils semblent tous concernés par le message que ce film cherche à faire passer.

Et le message est plutôt simple : notre argent est géré par des criminels qui ne cherchent qu’à faire du profit. Pardon, j’avais dit que ce n’était pas un pamphlet (d’ailleurs, je ne parlerai même pas de la fin, malheureusement connue de tous, et des bonus extraordinaires octroyés aux responsables de la crise avec l’argent des contribuables). The Big Short est un film intelligent, un du genre de ceux dont on se demande comment il a pu être produit, aussi peu de temps après les faits (réels). Un film qui n’a pas seule vocation de divertir mais aussi d’éduquer. Un film qui marque autant par les prestations de ses acteurs que par les malversations qu’il dénonce.

Un film à voir absolument.

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