Vu! The Boyfriend, de John Hamburg.

20 juin 2017

Vu! The Boyfriend, de John Hamburg.

The Boyfriend

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Lors de la fête organisée pour son cinquante-cinquième anniversaire, Ned Fleming reçoit un appel vidéo de Stephanie, sa fille, qui fait ses études en Californie. Pendant la communication, Laird, le petit-copain de Stephanie, arrive dans sa chambre d’étudiante et commence à se déshabiller. Ned, dont l’entreprise d’imprimerie est dans une mauvaise passe, décide d’emmener sa femme et son fils passer Noël avec Stephanie et faire officiellement connaissance avec son étrange petit-copain. Derrière ses airs d’éternel adolescent, Laird est en fait multi-millionnaire après le succès de son jeu vidéo pour mobile. Lorsque Laird fait part à Ned de ses intentions de demander Stephanie en mariage, le père inquiet met tout en œuvre pour faire capoter leur relation.

Bon, qu’on se le dise tout de suite, j’ai lancé The Boyfriend (Pourquoi Lui ?) avec des attentes très mitigées. D’un côté j’aime beaucoup James Franco et Bryan Cranston, mais de l’autre je me méfie énormément de ces comédies construites selon des formules ultra-stéréotypées.

Autant le dire de but en blanc, je n’ai pas aimé ce film. La principale raison est, évidemment, qu’il est construit selon une formule ultra-stéréotypée.

Que voici : père coincé rencontre gendre déluré. Père coincé déteste gendre déluré. Gendre déluré veut séduire père coincé. Père coincé résiste. Situation atteint point de non retour. Puis, finalement, tout s’arrange et tout le monde est content.

Bien sûr, ce n’est que la base. Il faut ensuite ajouter des ingrédients, comme une fille indépendante, jolie et intelligente, un fils impressionnable en admiration devant le gendre déluré, une belle-mère charmée. Avant de saupoudrer le tout d’agents de texture comme des fuck et autres grossièretés injustifiées à gogo, des gags visant sous la ceinture (et, si possible, impliquant les attributs sexuels d’un animal mort) et d’une pincée de morale bien-pensante.

The Boyfriend réuni toutes ces conditions (avec une bonne dose d’urine en prime) et c’est pourquoi c’est un échec.

James Franco et Bryan Cranston connaissent leur partition et la récitent avec métier. À leurs côtés, Megan Mullally, avec ses airs de Tina Fey light, joue une mère un coup coincée un coup cool ; Zoey Deutch s’en sort plutôt bien dans le rôle de la fille indépendante, jolie et intelligente ; Griffin Gluck joue lui un fils en admiration devant le gendre déluré standard.

Keegan-Michael Key interprète un majordome décalé assez réussi tandis que Kaley Cuoco prête sa voix à une intelligence artificielle qui se veut originale mais sonne faux. Cedric The Entertainer, Casey Wilson, Andrew Rannells, Adam DeVine et Steve Bannos complètent le casting. Steve Aoki, Richard Blais, Elon Musk, Paul Stanley et Gene Simmons font des apparitions dans leur propre rôle.

Le casting n’est pas une collection de noms ronflants, mais il y avait de quoi faire, avec plusieurs acteurs talentueux. Malheureusement, John Hamburg signe un scénario aussi vide que sa réalisation est conventionnelle. En plus d’une trame principale sans aucune surprise, l’humour n’est pas au rendez-vous. À moins que vous ne soyez des adeptes des blagues sexuello-trash.

The Boyfriend s’inscrit dans une lignée peu glorieuse de productions américaines médiocre. Quand on pense que le film a joui d’un budget de 38 millions de dollar, c’est à se poser des questions. Certes, on a le droit à un duo (pathétique) des membres fondateurs de KISS à la fin, juste après une scène avec un hélicoptère parfaitement inutile, mais ça ne peut pas tout justifier.

Non, vraiment, je suis déçu.

Comment je suis censé choisir mes comédies, moi ? S’il ne suffit plus d’avoir une équipe de production de spécialistes (Shawn Levy, Ben Stiller et Jonah Hill pour ne citer qu’eux) et des acteurs de qualités pour passer un bon moment de détente et espérer quelques rires, que faut-il ?

The Boyfriend est du gâchis. Trop occupé à faire semblant de dépasser les limites tout en lissant bien les bords, le film se noie dans un genre qui a désespérément besoin de se renouveler. Et de grandir.

À éviter.

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