Vu! The Expanse, saison 1.

14 juin 2017

Vu! The Expanse, saison 1.

Au vingt-quatrième siècle, l’humanité a colonisé une bonne partie du système solaire. La Terre est gouvernée par l’ONU, tandis que Mars appartient à un consortium militaire et qu’un groupuscule séparatiste prend du poids dans la ceinture d’astéroïdes, où les habitants sont traités comme des humains de seconde zone.

Sur la station spatiale Cérès, le détective Miller est chargé de retrouver Julie Mao, la fille d’un businessman propriétaire d’un conglomérat important, qui s’est entichée des rebelles de l’OPA. Ce qui ressemble à une enquête de routine se transforme en piège pour Miller à mesure qu’il fait des découvertes gênantes. Dans le même temps, James Holden, second sur un cargo convoyeur de glace, répond au signal de détresse d’un vaisseau sur la route du retour à Cérès. Sans savoir qu’il s’apprête à mettre le doigt dans un engrenage qui menace de briser la paix fragile dans tout le système et de déclencher une guerre totale.

J’avais entendu beaucoup de bien de The Expanse au moment où la série produite par Dennis Quaid était sortie sur Syfy. Syfy a pris l’habitude de produire un certain nombre de séries de qualité… euh, disons aléatoire. Aussi, je n’étais pas pressé.

J’ai découvert par la suite que The Expanse, avant d’être une série télévisée, était une série de romans écrits par James S. A. Corey (qui est un pseudo pour un duo d’auteurs composé de Daniel Abraham et Ty Franck (qui est également l’assistant d’un certain George R. R. Martin)). Ni une ni deux, j’ai mis la main sur L’Éveil du Léviathan, le premier tome. Je ne lis pas (ou très peu) de science-fiction et ça me semblait une bonne occasion d’y remédier.

Le roman figure toujours dans ma Pile de livres à Lire.

La série est sortie sur Netflix depuis quelques mois.

Ce qui soulève une question importante, presque existentielle. Par quoi commencer ? Le roman ? Ou la série ?

Vous savez ce que j’ai fini par décider. Puisque les romans seront meilleurs, autant regarder l’adaptation avec le moins d’attentes possibles.

Impossible de se tromper sur l’origine de la série. Syfy, c’est un peu l’équivalent US des séries canadiennes (d’ailleurs la série a été tournée à Toronto). Il y a des idées, mais peu de moyens. Et encore, comparé à Helix, par exemple, The Expanse ne s’en sort pas si mal que ça. Certes, les intérieurs des vaisseaux et des stations spatiales ressemblent à des hangars reconvertis et équipés de vieux ordinateurs aux allures faussement modernes. Mais, en même temps, on s’y fait assez vite et on apprend même à ne pas y faire trop attention à mesure que les épisodes s’enchaînent.

Le casting n’est pas non plus une surprise. Avec l’expérimenté Thomas Jane en tête d’affiche et des seconds rôles habitués aux seconds rôles, on a une jolie brochette de personnages stéréotypés. À commencer par Miller, ce flic désabusé et violent qui se laisse emporter par une enquête qui le dépasse. Ou Holden, joué par Steven Strait, ce rebelle de l’espace aux airs de mannequins. Ou Chrisjen Avasarala, jouée par Shohreh Aghdashloo, cette femme de pouvoir manipulatrice mais bien intentionnée. Je pourrais continuer. Mais j’ai la flemme.

Malgré des personnages assez conventionnels joués par des acteurs assez conventionnels, je dois reconnaître que ça fonctionne plutôt bien. Il y a ce qu’il faut de développement individuel pour que l’on s’investisse dans chacun des différents arcs narratifs.

Reste le scénario. Faut bien que la bât blesse quelque part, non ?

Alors il y a bien des raccourcis de temps en temps, mais j’ai été plutôt surpris par la densité de l’ensemble. Après un pilote qui met l’ambiance en place sans faire dans la dentelle (et avec une fin très audacieuse), chaque épisode apporte son lot de réponses et ses nouvelles questions. Si les ficelles sont plus ou moins visibles et si l’intrigue n’est pas strictement originale, ça ne m’a pas empêché de vouloir m’immerger dans cet univers à la fois simple et complexe.

En tout cas, je suis heureux de voir une série de science-fiction qui se déroule dans un espace à taille humaine. Pas de voyages dans différents systèmes, pas de visiteurs humanoïdes aux couleurs des Teletubbies. Juste des humains qui colonisent tout ce qu’ils peuvent, s’exploitent mutuellement et se retournent les uns contre les autres.

Les luttes sociales font parties des aspects les plus intéressants de The Expanse, en ça qu’elles permettent de dépeindre un monde (où plutôt trois mondes) à travers lequel on peut soulever des questions et émettre des critiques envers notre propre société, avec une certaine distance.

L’un dans l’autre, The Expanse est une réussite, surtout quand on prend en compte le catalogue de la chaîne qui l’a produite. Ce n’est pas la série parfaite et elle n’est pas aussi épique qu’elle aurait probablement mérité de l’être, mais c’est une série de science-fiction de qualité. Avec un potentiel certain pour les prochaines saisons.

Une chose est sûre, c’est qu’après avoir visionné cette première saison (que je recommande aux amateurs du genre), je vais me jeter sur les romans sans tarder.

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