Vu! The Keepers, saison 1.

3 juin 2017

Vu! The Keepers, saison 1.

Le 7 novembre 1969, Sœur Cathy Cesnik sort faire quelques courses dans la ville de Baltimore. Elle encaisse un chèque dans le but d’acheter un cadeau pour les fiançailles de sa petite sœur. Puis elle disparaît. Sa voiture est retrouvée maculée de boue le lendemain matin, garée illégalement devant l’appartement qu’elle partageait avec une amie également nonne. Son corps sera découvert, abandonné près d’une décharge à l’écart de la ville, quelques mois plus tard. Quatre jours après Cathy, une autre jeune femme, Joyce Malecki, disparaît à son tour. Son corps est retrouvé au bout de deux jours dans une réserve fédérale.

Près de cinquante années plus tard, d’anciennes élèves de Cathy, des proches des victimes, des journalistes et d’autres victimes continuent de témoigner et de collecter les preuves pour découvrir qui sont les coupables des meurtres, mais aussi pour faire le jour sur une grave affaire de pédophilie remontée depuis à la surface.

Après Making a Murderer, Netflix nous livre une nouvelle série documentaire captivante sur un faits divers sordide aux multiples ramifications. Une nouvelle fois, l’enquête est passionnante, mêlant témoignages, reconstitutions et rebondissements. Une nouvelle fois, la réalité dépasse la fiction.

Je ne connaissais rien de cette histoire avant de lancer le premier des sept épisodes. Immédiatement, j’ai été captivé par ce meurtre suspect et les femmes qui, un demi-siècle plus tard, ne désespéraient toujours pas de trouver le coupable.

Puis, très vite, j’ai compris que le meurtre de Cathy Cesnik n’était que l’arbre qui cachait la forêt. La jeune nonne de 26 ans enseignait l’anglais et le théâtre dans une école publique de Baltimore. Avant ça, elle enseignait dans un lycée catholique privé pour filles, à Keough, sous la direction du Père Maskell.

Également aumônier de la police de Baltimore, où officiait un de ses frères, le jeune Père Maskell a de très bon rapports avec le gratin de Baltimore. Avec ses faux-airs de Kiefer Sutherland, il inspire la confiance et de nombreuses personnes qui l’ont côtoyé s’accordent sur sa grande intelligence. Mais derrière l’habit et la bible, le Père Maskell cache un autre visage.

Accusé de sévices sexuelles par un grand nombre de témoins, dont des douzaines d’anciennes élèves de Keough, il n’est pourtant jamais jugé et échappe donc à toute condamnation, malgré plusieurs plaintes et un procès avorté avant même d’être présenté devant un jury.

Contrairement à l’affaire relativement isolée de Making a Murderer, celle de The Keepers s’apparente à la mise à jour d’une vaste conspiration qui gangrenait la ville du Maryland. Difficile de croire que les actes décrits par les victimes et les témoins aient pu rester impunis. Si les faits paraissent clairs, les interrogations demeurent.

Impossible de ne pas penser à Spotlight en découvrant les témoignages et les irrégularités de l’affaire. En voyant la résistance de l’Archidiocèse de l’Église Catholique de Baltimore et le manque de transparence de la police en charge de l’affaire.

Impossible de ne pas être ému par les témoignages des victimes, de ne pas être atterré par les découvertes des journalistes et des enquêteurs qui continuent de creuser l’affaire, ou par les arguments avancés par les avocats de l’église ou des forces de police.

Malgré une narration pas toujours parfaite et une chronologie parfois un peu brouillon, il est impossible de rester indifférent tandis que Ryan White suit le chemin de croix de Gemma Hoskin et Abbie Schaub, deux anciennes élèves de Cathy, et des autres intervenants en quête de vérité et de paix.

Avec sa musique de film et sa construction digne d’un très bon thriller policier, The Keepers est presque aussi difficile à regarder qu’addictif. Si les investigations de faits divers vous intéressent et que vous avez été intrigué par Making a Murderer, The Keepers devrait vous passionner en même temps que vous révolter.

 

FacebooktwitterFacebooktwitter

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *