Vu! The OA, saison 1.

10 mai 2017

Vu! The OA, saison 1.

Une jeune femme tente de se suicider en sautant d’une pont. Son nom est Prairie Johnson. Elle est portée disparue depuis sept ans et sa réapparition est un mystère. Tout comme le fait qu’elle peut voir alors qu’elle était aveugle avant sa disparition. Tout comme l’origine des cicatrices qui lui bardent le dos. Alors que ses parents adoptifs essaient de comprendre ce qui a pu arriver à Prairie, cette dernière se met en quête de cinq personnes pour leur transmettre son histoire et une responsabilité encore plus grande.

The OA est sorti sur Netflix en toute fin d’année dernière, un peu dans l’anonymat. Pas de grosse mise en avant, pas de battage médiatique. Pourtant, la série s’est rapidement fait un nom.

En ce qui me concerne, c’est quand j’ai appris qui étaient les deux personnes derrière cette création que j’ai décidé de la regarder. Car The OA n’est pas juste une série de plus produite par le site de streaming (et un certain Brad Pitt), c’est une histoire développée depuis plusieurs années par le duo Zal Batmanglij/Brit Marling, déjà à l’origine du très bon The East.

Si j’ai mis un certain temps à la regarder, ce n’est en rien dû à la qualité de The OA, mais pour des raisons qui n’ont rien avoir avec la série en elle-même et sur lesquelles je ne m’étendrais pas ici puisqu’elle n’intéressent personne.

Je ne dirais pas que j’attendais beaucoup de The OA. Mais je savais que j’allais regarder quelque chose de spécial.

Brit Marling est une actrice que j’adore depuis l’avoir découverte dans le formidable film indépendant Another Earth. Elle a cette capacité à captiver grâce à son innocence et sa douceur.

Dès les premières minutes, elle donne le ton. Avec tous les mystères et les questions qui l’entourent, Prairie intrigue et interroge. Pour avoir un début de réponses, il faut l’écouter nous raconter sa vie et reconstituer nous-mêmes certaines partie du puzzle.

Le rythme de The OA est lent, posé, distillant les informations petit à petit. Ce n’est pas une surprise, c’est très bien écrit. Tous les personnages sont complexes, ont une origine et une histoire propres, plus ou moins développées durant ces huit premiers épisodes, mais bien réelles.

À côté de Brit Marling, on retrouve des acteurs expérimentés et des inconnus.

Tout le monde reconnaîtra très facilement Scott Wilson, Hershel de The Walking Dead, ici dans un univers bien plus calme et mais pas moins exigeant. Certains reconnaîtront également Phyllis Smith, qui s’est faite connaître dans la cultissime sitcom The Office. On retrouve également Alice Krige, Jason Isaacs, Riz Ahmed, Paz Vega, Hiam Abbass ou Nikolai Nikolaeff.

Emory Cohen, Patrick Gibson, Brendan Meyer, Brandon Perea, Ian Alexander, Will Brill, Sharon Van Etten, pour ne citer qu’eux, sont les inconnus de The OA. Et ils tiennent parfaitement leur rang en interprétant des personnages aussi différents que profondément humains.

La réalisation est maîtrisée. Malgré son manque relatif d’expérience, Zaj Batmanglij livre une copie presque parfaite. L’image est propre et l’esthétique léchée, digne de très bons films.

On pourrait penser que j’ai adoré The OA sans réserve. Le mystère, les références plus ou moins évidentes (la plupart ne le sont pas), le sujet, très intriguant, des expériences de mort imminente (Near Death Experience), les personnages. Ce n’est pourtant pas le cas. J’ai même failli complètement lâcher passé la moitié de cette première saison.

La raison ? J’y viens. Mais, juste avant, une petite mise en garde. Contrairement à mon habitude, je vais spoiler un peu, alors si vous n’avez pas vu la série, sauter le paragraphe qui suit.

J’ai absolument détesté cette histoire de mouvements, ces chorégraphies qui sont censées ouvrir des portails vers d’autres dimensions. Je comprends tout à fait la nécessité d’un acte symbolique, mais je n’ai jamais réussi à prendre ces danses au sérieux.

Mon enthousiasme concernant The OA a commencé à flancher en deuxième partie de saison, pour les raisons citées ci-dessus. J’ai également été dérouté par le changement de format. Après cinq premiers épisodes d’une heure, qui posent l’histoire en prenant son temps, on descend sans raison apparente à 30 minutes pour l’épisode 6, puis 40 minutes pour l’épisode 7 avant un finale de 50 minutes.

Un finale presque parfait, et qui change tout. Quand l’épisode se termine, on ne sait plus ni où on en est, ni comment on en est arrivé là. On n’a qu’une envie, savoir.

Avec une saison deux (potentiellement très ouverte) d’ores et déjà confirmée et un certain nombre de théories qui fleurissent online, The OA aura au moins réussi le pari de faire parler d’elle.

J’aurais aimé adorer, je reste néanmoins suffisamment intrigué pour avoir envie de connaître la suite. Si vous aimez les séries mystérieuses, qui savent jouer sur vos croyances et vos perceptions, The OA pourrait vous retourner le cerveau.

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