Vu! The Proposition, de John Hillcoat.

24 mai 2016

Vu! The Proposition, de John Hillcoat.

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Dans l’outback australien de la fin du 19ème siècle, le Capitaine Stanley (Ray Winstone), un ancien de l’armée royale britannique, jure de civiliser ce monde. En guerre contre le gang des frères Burns après l’attaque de la ferme Hopkins, il parvient à attraper deux des trois frères, Charlie (Guy Pearce) et Mikey (Richard Wilson), à la suite d’une fusillade meurtrière. Mikey, le plus jeune, un peu simplet, est emprisonné tandis que Charlie est relâché dans la nature après avoir passé un marché avec Stanley. S’il retrouve et tue Arthur (Danny Huston), son ainé et chef du gang, avant Noël, lui et Mikey seront graciés. Sinon, Mikey sera pendu le matin de Noël. Charlie à neuf jours pour tuer son frère et sauver Mikey.

Sorti en 2005 (2009 pour la France), The Proposition est le troisième long-métrage de John Hillcoat, mais surtout celui qui l’a fait connaître du grand public. Après avoir déjà collaboré avec le réalisateur sur ses deux premiers films (scénario du premier et musique pour les deux), Nick Cave a de nouveau son nom au générique. L’artiste australien signe le scénario (il réitérera pour Des Hommes Sans Loi, toujours avec John Hillcoat à la réalisation) ainsi que, une nouvelle fois, la musique, en collaboration avec Warren Ellis.

Tout comme dans Des Hommes Sans Loi, l’histoire est celle d’un gang de frères et de leur confrontation aux forces de l’ordre. Ici, les frères sont séparés au début du film. Le personnage de Charlie est parti avec son petit frère pour le protéger de la sauvagerie de leur ainé. La réputation du chef de gang n’est plus à faire. Installé dans des grottes dans les montagnes, il est surnommé l’Homme-Chien par les aborigènes. Les hommes de loi refusent d’aller le déloger. Seuls quelques chasseurs de primes s’y risquent, à leurs risques et périls.

Les rôles semblent clairement établis dès les premières minutes, pour ensuite se brouiller peu à peu. Pas de gentils ni de méchants ici, juste des hommes avec des vies différentes, des objectifs plus ou moins concordants et des convictions personnelles propres. Le tout dans un univers violent, un trou profond semblable à l’enfer, comme le décrivent plusieurs personnages. Les décors naturels de l’Australie semblent faits pour le western, avec de longues plaines à perte de vue, des montagnes et des villes construites à la main, qui semblent sorties de terre. Le tout sous la chaleur accablante. Au milieu de la poussière. Et du sang.

Le casting est excellent. Guy Pearce est formidable en homme taciturne, forcé de tuer son grand frère pour sauver son petit frère. On sent le poids qui pèse sur les épaules de son personnage dans son attitude et le peu de dialogues qu’il a. Face à lui, Ray Winstone apparait de prime abord comme un « méchant », avec ses menaces et ses airs supérieurs. Mais, peu à peu, à travers sa relation avec sa femme, on comprend ses motivations ainsi que son sens de l’honneur. Sa femme est interprétée par Emily Watson, une actrice de qualité, toujours juste. Elle campe ici une femme surprotégée et traumatisée par la mort violente de son amie. Danny Huston est Arthur, l’ainé de frère Burns. Son personnage passe le plus clair de son temps assis sur la montagne à regarder le paysage. Instruit, il s’y connait en poésie, notamment, mais quand quelqu’un se dresse sur sa route, il est tout autant attaché à sa famille qu’impitoyable. Une prestation brillante pour un rôle difficile, car charnière dans l’histoire. John Hurt (très bon !), David Wenham (détestable !), David Gulpillil et Tom E. Lewis complètent ce casting.

The Proposition est un film intelligent, lent et violent. Un excellent western dans le contexte particulier de l’Australie reculée d’il y a cent cinquante ans. Le traitement des aborigènes ou les relations entre les blancs locaux et ceux envoyés par l’Angleterre sont des sujets traités par le film, qui se veut au plus proche des conditions de l’époque. Réalisé avec peu de moyens mais une équipe visiblement impliquée, The Proposition marque par son côté brut, aussi bien pour la façon dont il est filmé que par l’histoire qu’il raconte.

Si vous aimez les paysages sauvages et les personnages qui le sont encore plus, vous devriez y trouver votre bonheur !

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