Vu! Tomb Raider, de Roar Uthaug.

18 août 2018

Vu! Tomb Raider, de Roar Uthaug.

Tomb Raider

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Sept ans après la disparition de son père, le célèbre explorateur Richard Croft, Lara Croft, âgée de 21 ans, peine à se remettre. Elle refuse d’accepter la mort de son père ou de réclamer l’héritage qui l’attend, dont la reprise de l’entreprise familiale. Elle se contente de gagner sa vie comme livreuse à vélo à Londres. Mais lorsqu’elle se fait arrêter à la suite d’une course urbaine pour gagner quelques billets, elle est récupérée par Ana, une associée proche de son père, qui lui rappelle que si elle ne signe pas l’acte de décès de son père, elle pourrait tout perdre pour toujours. Finalement, Lara accepte de signer les papiers. Elle se voit alors remettre un ancien artefact, qui se révèle être une clef. Rapidement, elle découvre les travaux secrets de son père sur la légende d’Himiko et décide de partir sur ses traces pour comprendre ce qui lui est arrivé.

Adolescent, j’ai très peu joué aux jeux Tomb Raider. Je ne suis même pas sûr d’avoir vu les deux premiers films avec Angelina Jolie – probablement pas. Mais, depuis, j’ai joué à Rise of the Tomb Raider, un jeu qui reprend les mêmes mécanismes que la plupart des jeux récents en monde semi-ouvert, et que j’ai bien apprécié.

J’y ai découvert une Lara Croft plus jeune, plus humaine plutôt qu’une bimbo invincible au décolleté pigeonnant.

En apprenant la sortie de ce nouveau film, basé sur les récents jeux, en voyant l’affiche sombre, avec Alicia Vikander dans le rôle-titre, je me suis dis que ça pouvait peut-être m’accrocher.

Malheureusement, Tomb Raider est un blockbuster Schweppes (« what did you expect ? »).

C’est dommage, car j’aime les personnages féminins qui sont à la fois forts et, surtout, crédibles. Et cette Lara Croft avait tout pour être ce personnage féminin-là. Alicia Vikander a ce truc à la Nathalie Portman qui fait qu’elle peut avoir l’air très jeune et innocente et, en même temps, forte et déterminée.

Ici, Lara Croft est combative mais pas infaillible, débrouillarde et courageuse. Même tenace.

J’ai eu du mal avec les flashbacks du début de film, qui sonnaient faux, surtout à cause de la prestation très moyenne de Dominic West dans un rôle pour le moins stéréotypé. Mais je gardais espoir que l’histoire soit, globalement, bien ficelée et que l’action de la deuxième partie nous immerge dans l’univers sombre et violent du survival dont est issue le personnage.

My bad…

Je vous épargne les détails, mais disons que les ficelles se voient, et pas qu’un peu. Raccourcis, facilités, incohérences, dialogues confondants de mièvreries, tout y est et j’en passe.

Mais peut-être que l’action… ?

On retrouve un peu l’ambiance des jeux vidéos, les épreuves physiques, les énigmes, mais c’est globalement bâclé. Sans compter que le chemin qui nous mène à l’action est faussement tortueux et, à part un plan sous-marin magnifique, est réduit à une espèce de surenchère nocive. Pour la résumer sans la spoiler, la deuxième partie du film est une alternance chaotique de séquences spectaculairement pas crédibles et de révélations/résolutions tirées par les cheveux.

Il y a bien une très bonne idée, vers la fin, mais elle est tellement noyée dans la médiocrité que ça ne fait plus aucune différence.

La fin est à l’image du reste du film, morne et sans surprise.

Si le début du film nous présente une héroïne entre Batman et Indiana Jones, le scénario est digne d’un épisode d’Arrow. Je ne sais d’ailleurs même pas surpris d’apprendre que Greg Berlanti est derrière cette adaptation.

Alicia Vikander est décevante. Plus crédible physiquement qu’Angelina Jolie, madame Fassbender n’arrive jamais à donner de la profondeur à son personnage. Elle semble trop souvent niaise, malgré quelques tentatives d’assombrir son personnage. Le reste du casting est globalement très mauvais, même Walton Goggins, que pourtant j’apprécie, ne semble pas concerné.

Seule Kristin Scott Thomas s’en sort à peu près.

Tomb Raider est un blockbuster largement oubliable, une espèce de mauvais Indiana Jones à gros budget. C’est à se demander si ça coûte si cher que ça que de prendre de bons scénaristes, ou alors si le problème est encore ailleurs. Quoi qu’il en soit, je peine à comprendre, avec les sommes investies, qu’on puisse vouloir se contenter d’une production aussi médiocre.

La perspective d’une suite me chagrine d’avance quand ce qu’il faudrait, clairement, c’est un nouveau (et sérieux) reboot.

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