Vu! Transparent, saison 1.

6 mai 2017

Vu! Transparent, saison 1.

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Professeur de science politique à la retraite, Morton Pfefferman décide qu’il est temps d’arrêter de mentir aux siens et au monde. Alors qu’il s’ennuie dans sa grande maison des Palissades, cet homme à femmes va assumer le secret qu’il garde depuis des années : son besoin d’être une femme. Il se révèle comme il peut à ses trois enfants et quitte sa maison pour emménager dans une résidence pour transgenres à Los Angeles. Au-delà des réactions différentes de ses enfants, l’annonce va avoir un effet domino sur toute l’ensemble de la famille Pfefferman.

Créée par Jill Soloway (qui a notamment participé à des séries comme Six Feet Under ou United States of Tara), Transparent est une des séries phares de la plate-forme de streaming d’Amazon. J’en avais entendu parler lors de sa sortie en 2014, mais, à l’époque, Amazon Prime n’était pas disponible en France. Depuis l’arrivée du service, j’ai essayé de me rattraper en regardant plusieurs des séries proposées dans le catalogue, et Transparent en faisait évidemment partie.

Un peu à la manière de Mozart in the Jungle, Transparent n’est pas le genre de série à laquelle nous sommes habitués. Elle nous plonge dans le quotidien d’une famille juive où la tradition est au moins aussi importante que peu respectée. Chacun des trois enfants a une vie très différente et les parents entretiennent une bonne relation malgré leur séparation.

Le casting est absolument formidable. Déjà, ils ressemblent tous à des êtres humains normaux, du genre qu’on peut croiser dans la vraie vie et qui n’existent pas seulement sur les plateaux de tournage d’Hollywood.

Il y a bien sûr Mort, joué par l’excellent Jeffrey Tambor, à l’opposé des rôles comiques pour lesquels il est connu (cf Arrested Development). Mort en a marre de se faire passer pour cet homme qu’il ne se sent plus être depuis si longtemps. Il profite de sa retraite pour devenir Maura, la femme qui sommeil en lui depuis plus de vingt ans et la révélation partagée avec son ami Mark (joué par Bradley Whitford).

Amy Landecker joue Sarah, l’aînée de la fratrie. Elle est celle qui semble avoir la vie la plus stable, avec son mari et ses enfants. C’est elle qui découvre la nouvelle identité de son père en premier, ce qui agit comme un déclencheur et la pousse à remettre ses choix de vie en question. Si elle semble de prime abord presque hautaine, ses failles apparaissent rapidement et la rendent au final très humaine.

Jay Duplass joue Josh, le cadet. Éternel adolescent, il travaille pour un label de musique mais sa vie tourne surtout autour de ses conquêtes féminines. C’est celui qui a le plus de mal à accepter le changement d’identité de Maura.

Gaby Hoffmann joue Ali, la benjamine de fratrie. C’est sans doute le personnage qui m’a le plus captivé et que j’aime le moins en même temps. C’est une enfant gâtée qui se place souvent comme une rebelle voire une donneuse de leçons. Très humaine et en même temps très égoïste, elle ne va jamais au bout des choses et est perpétuellement en train de se chercher elle-même. Son physique est très particulier, avec un visage très masculin qui contraste avec un corps très féminin.

Judith Light, excellente en mère juive décomplexée ; Carrie Brownstein, très naturelle en meilleure amie d’Ali ; Kathryn Hahn, tout à fait charmante en rabbin en quête d’amour ; Alexandra Billings, parfaite en guide transsexuelle pour Maura ; Lawrence Pressman, touchant en beau-père en fin de vie ; Rob Huebel, très bon en mari abandonné ; et Melora Hardin, méconnaissable en lesbienne obsédée par la décoration, complètent le casting principal.

Un mot également sur la musique d’intro de la série, composée par Dustin O’Halloran, qui est un petit bijou d’émotions. Moi qui zappe en générale systématiquement les génériques des séries qui durent plus de 6 secondes, j’ai laissé celui-là à chaque épisode rien que pour écouter ces quelques notes de piano.

Avec ses faux-airs de film indépendant américain, Transparent est une excellente série, touchante et prenante. Elle aborde le thème de la sexualité et de l’identité de genre (entre autres) avec un regard différent, plein de tendresse et de tolérance. Sans tomber dans les stéréotypes ou la caricature, sans porter de jugements.

J’ai pris un vrai plaisir à voir les relations entre chacun se mettre en place pour laisser ensuite une dynamique naturelle prendre le relais. Cette première saison de 10 épisodes se construit graduellement, ajoutant à chaque épisodes de nouvelles pièces à l’ensemble jusqu’à un finale formidable et plein de rebondissements, sorte de feu d’artifice. Il va sans dire que je compte regarder les saisons suivantes très prochainement.

Si vous n’avez jamais regardé cette série mais que vous aimez les séries humaines, portées par des personnages humains et attachants, je vous conseille fortement de jeter un coup d’œil à celle-ci !

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