Vu! Transparent, saison 2.

2 mai 2018

Vu! Transparent, saison 2.

Les Pfefferman sont réunis à Hawaï pour le mariage de Sarah et Tammy. Le cadre est idyllique mais l’ambiance n’est pas au beau fixe. Sarah est prise d’une crise d’angoisse après la cérémonie, Ali et Maura doivent gérer la présence de la sœur de Maura, qui refuse son changement, et lorsque Shelly apprend que Raquel est enceinte de Josh, plus rien d’autre ne compte. Josh et Raquel doivent gérer la grossesse, mais également la présence de Colton, le fils qu’il a eu avec Rita, sa baby-sitter quand il était ado ; Sarah se laisse prendre dans une spirale nébuleuse, tandis qu’Ali explore une nouvelle facette de sa sexualité et que Maura cherche à s’émanciper de nouveau de Shelly.

Saluée par la critique après sa première saison, Transparent a beaucoup fait parler d’elle car la série met en scène Jeffrey Tambor, un acteur réputé pour son talent comique (il suffit de le voir dans Arrested Development) dans une comédie dramatique où il interprète un professeur d’université qui révèle sa transsexualité à sa famille après avoir pris sa retraite.

Mais Transparent est en réalité plus que la simple histoire d’un père qui veut devenir une femme. C’est l’histoire d’une famille juive moderne et névrosée, que cette transformation bouleverse et remet en question. Les trois enfants, tous adultes, se cherchent et tâtonnent en quête d’un bonheur qu’ils peinent à trouver et d’une stabilité qui leur échappe.

J’avais aimé la première saison pour son originalité. Cette deuxième saison confirme que Transparent est une série à part, aux antipodes des productions habituelles.

Résolument féministe, la création de Jill Soloway n’hésite pas à aborder des thèmes classiques comme la religion et la famille sous des angles nouveaux, à travers le prisme des Pfefferman.

Les acteurs sont tous très bons et n’hésitent pas à donner d’eux-mêmes pour faire vivre leurs personnages.

À commencer par Jeffrey Tambor, qui est époustouflant en homme mûr qui décide enfin d’assumer la femme qu’il se sent être au fond de lui-même. Sa prestation tout en sobriété est à la fois juste et touchante. Dommage qu’il ait récemment été mis en cause (lui aussi, j’ai envie de dire) dans une affaire de harcèlement sexuel.

Amy Landecker joue avec brio Sarah, qui est sans doute mon personnage préféré. Complètement paumée, dans sa sexualité et dans sa vie, l’aînée des Pfefferman peine à remonter la pente dans cette seconde saison.

Jay Duplass joue un Josh un tantinet agaçant par moments mais très réaliste, et qui sait devenir attachant. À l’image de la première saison, c’est Gaby Hoffman et son personnage d’Ali que j’ai beaucoup de mal à supporter, principalement pour des raisons physiques. C’est, paradoxalement, ce qui en fait également un personnage très crédible, loin des stéréotypes hollywoodiens.

Judith Light est brillamment insupportable en mère névrosée, manipulatrice sur les bords, qui reporte ses angoisses sur ses enfants.

Le reste du casting se compose d’acteurs reconnus et renommé comme la très talentueuse Kathryn Hahn, capable de tout jouer, Melora Hardin, Rob Huebel, Cherry Jones, Anjelica Huston, Michael Stuhlbarg ou le génial Jason Mantzoukas ; des moins connus, comme Carrie Brownstein ou Alison Sudol ; des actrices transgenre, comme Alexandra Billings, Trace Lysette ou Hari Nef ; mais aussi des acteurs qui jouent différents rôles dans la série, comme Michaela Watkins, Bradley Whitford ou Emily Robinson.

Si vous aimez les séries originales, qui n’hésitent pas à explorer des univers différents et de confronter les tabous, qui n’ont pas peur de s’éloigner des codes habituels pour raconter une histoire personnelle et même intime, et que vous avez un abonnement Amazon Prime Videos (ça fait, c’est vrai, un certain nombre de conditions), je vous recommande de donner sa chance à Transgenre.

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